jeudi 26 juillet 2007

La Traite - Introduction




En 1756, un trappeur métis élabore le dessein saugrenu d’aller livrer en personne une fourrure légendaire à sa majesté le Grand Fredéric II, roi de Prusse. Il parvient à se rendre au Margraviat de Brandebourg au terme d’un voyage périlleux dans une Europe bouleversée par les guerres silésiennes. Une surprise ahurissante l’attend là-bas. Deux-cent-cinquante ans plus tard, jour pour jour, son descendant refait le même parcours, à vélo, ignorant lui aussi le véritable but de sa quête.

Roman historique ? Parodie de roman historique ? Roman écologique, éloge onirique des vertus de la lenteur, de la motricité biologique ? C’est tout ça et plus encore. C’est aussi une fusion entre l’histoire qui s’écrit et l’histoire qui se vit. Un carnet de voyage bitemporel, avec une jambe au dix-septième siècle et l’autre au vingt-et-unième. Rigoureusement historique, ancré dans les faits documentés et avérés de l’histoire, référencé, balancé, modéré, contre-vérifié, donc pur mensonge. Totalement déjanté, assimiliable à la rodomontade généalogique, inexact, approximatif au point de devenir caricatural, produit d’un délire éthylique poussé à son stade de déblatération homérique, donc limpide et cristalline vérité.

Ce gros nounours peut-il pédaler ? Oui. Contrairement à la rumeur, je suis en pleine forme. Je voyage souvent à vélo sur des centaines de kilomètres. Je possède l’outillage technique et physique nécessaire, qui a fait ses preuves.
Traverser l’Atlantique à vélo ? vraiment ?! Oui. L’hiver, la calotte glaciaire est… Quoi ? Mais non. Si possible, par navire. Sinon, par avion. Pas question de nage, de rames, de ski de fond. Je suis fou, mais pas sportif, quand même. Il y a une marge. Cet Atlantique, de toute façon, n’est pas au cœur des préoccupations du récit.
Ah ? Qu’est-ce donc, en ce cas, qui le taraude au point d’en faire un livre et de se déchirer les cuisses à pouloper d’un coin à l’autre de l’Europe ?


Je suis fasciné par l’histoire, la petite et la grande. Comme mon ancêtre illustre, je suis également témoin d’une époque charnière, impitoyable, grandiose, médiocre et aventureuse, qui verra d’immenses réseaux enchevêtrés entrer en collision et créer pour le meilleur et pour le pire, un monde nouveau.
Je suis également appelé à comparaître au procès du monde moderne, en tant que refusnik de l’automobile. À quarante-trois ans, je n’ai toujours pas passé mon permis. C’est une décision politique, sociale, mais surtout une question de plaisir. J’éprouve une grande jouissance à marcher de mes propres jambes, à me déplacer en sentant l’effet de la distance dans ma chair. Dans les milieux écologistes, on harange souvent la civilisation pétro-routière à partir d’une posture culpabilisante, à la limite, un calque modernisé de la bonne vieille et dégoûtante inquisition judéo-chrétienne. Pour ma part, je ne vois que joie, bien être et rédemption à voyager lentement, sans autre combustion que celle de mon dernier repas. Et je ne vois que du bien à l’idée d’en faire l’apologie de façon constructive, marrante et créatrice.

2 commentaires:

Méthane Alyze a dit...

Moi aussi je n'ai toujours pas mon permis, mais c'est parce que je suis un danger public.
Je me fais frapper à pied... alors...
;-)

jp a dit...

j'en ai marre des conneries.
de sortir de moi comme une épave, toujours inventer des intérêts autres, boire. plus ça avance, plus je me sens largué et bon pour la poubelle, je gache tout. le pire, c'est de revoir ce qu'on a fait le lendemain. quelle honte!
ça fait 20 ans que ça dure comme ça, me sens jamais bien, toujours cassé en deux. je déteste faire du mal et parler comme un con, dire n'importe quoi, casser. plus j'en dis, plus j'en fais quand je suis saoul, plus je me débecte. 20 ans comme ça. toi, t'as trouvé la bonne voie. suis tellement à l'ouest des fois que je regrette même plus mes conneries tellement je suis bas.
bonne route mccomber. j'en ai marre du pire, de la mort, de l'alcool et du suicide. des fois, c'est terrible de voir qu'on a qu'une vie. et d'avoir tout gaché.
pardon pour les insultes, tout le mal que j'ai fait autour de moi.