mercredi 15 août 2007

Épilogue

Dans l’aire d’attente à Orly Est, au lendemain de ton enterrement, je t’ai vue de dos. J’ai bondi de mon fauteuil. Je te vois partout depuis que t’es partie. Pourtant, les vers voraces dévorent tes côtes, se repaissent de tout toi, de tes genoux si doux, des petits ronds rèches sur la cime de tes fesses, ils croquent le le fond de ton nombril, le creux de tes bras, il mangent ton coeur et tes bronches, ils entrent dans tes yeux, entre tes dents, il rongent tes orteils, ton cou, ton nombril et lèchent ta langue, tes doigts et ton sexe, comme nous le faisions, ton mari et moi.

2 commentaires:

i a dit...

c'est vrai? c'est vraiment vrai? alors, c'est fait, alors, ne reste plus rien, pourquoi, vraiment pourquoi avoir fait ça, tout est maintenant si faux que la mort paraît félicité . . . je m'efforcerai de laver l'amertume de l'affront, sachant pourtant déjà que je pleurerai longtemps sur cette vie qui crachait braises et gemmes

Parpaillou a dit...

Il reste tout. Tout est là. Je serai vivant, sur l'horizon, face à la mer, puis dos au couchant, puis je plongerai dans le nombril de la Vieille, je m'enfouirai dans ses champs, ses foins, entre ses larges cuisses, celle qui borde l'Andalouse, et celle ceignant la Frida. Et si toi, contrairement à elle, tu es vivante, bien vivante, avec les joues qui picotent en descendant les côtes, je serai ton compagnon de route. Épaule à épaule. Oui, avec parfois même les doigts qui se cherchent entre les montures d'alu, oui.

Et j'aurai mal aux zigomatiques. Et peut-être même que toi itou, parce que je serai niaiseux, oh ! Tout ce qu'il y a de plus jovial ! Voilà, ce qu'elle me fait comme effet, la vie ! Mais oui ! Que toute cette morbidité me quitte cinq minutes et je rejaillirai de mon terrier, pour danser sous les perséides mon terryfoxtrot d'un pied sur l'autre, jusqu'aux rayons dorés, jusqu'aux petits fils de lumière.

Y a qu'à me sonner. Je suis toujours prêt, moi, pour partir aux champs, guitare au cou, harp en poche, battant la semelle. Je te les traverse, moi, ces tranchées gluantes, ces ensevelissoirs ! Je bondis ! Je tape des mains !

Quelles histoires d'amertumes ?! Quels affronts ?! Les braises et les gemmes sont là ! Elle éruptent ! Elles font de la nuit un plateau magnifique ! Elles nacrent et perlent et lactent miroitantes, arc-en-ciellantes, prunellantes, irisantes ! Les braises ! Les gemmes ! Stie ! J'en ai une mine, là, qui aboutit juste ici entre mes rares meubles. Ça sort tout seul ! Les gemmes, les braises... Si ça crache. C'est arrêter le volcan, qui fait défi. C'est garder la chaudière dans la locomotive, le trouble, Faérie. Ça sera jamais de manquer de pépites.

Jamais.
Sois pas jalouse, voyons.
Rien n'est faux dans la fausseté.
Rien n'est plus vrai que ce tremblement qui fait mousser le sang dans mes veines plus épais qu'un crema de l'Olympico.

Rien de tout cela ne compte.
Ma vie n'est pas un rêve.
Ou un poème.
Peu s'en faut.
Ni un livre.
Ni une toune.
Je fais la différence.
Toi aussi, tu écris, alors tu sais.

Ma vie est tout de suite.
Bienvenue dedans.


Si tu es celle que tu sembles être, ne t'en fais pas avec mon manteau noir. Si tu es celle-là, tout est simple. Tout coule de source. Comme un ruisseau de montagne. Comme des traits de cristal glacé entre les cailloux. Pas même une grenouille pour y jeter ses crottes de yeux. Que dalle. Que du bon.
Pur.

Que je dis.


&.