mercredi 31 octobre 2007

Les Vents de Vendée



Ton papa est idiot, petit, tu le savais ? Même après toutes ces années de vélo, il m’arrive encore souvent de prendre un « raccourci » qui m’économise 4 km, mais me force à grimper un col absurde qui me tue les cuisses pour trois jours. J’y pense simplement pas. Idem pour le vent. Tu vois, petit, à vélo, le vent, c’est parfois bien plus dur que l’inclinaison. Il arrive qu’on n’avance pas du tout dans une descente tellement le vent est fort.

Donc, en planifiant mon étape, la veille, j’avais bien remarqué sur la carte ce petit carré où il était inscrit en italique « Parc d’Éoliennes de la Vendée ». Non seulement j’avais noté la chose, je m’y intéressais même au plus haut point ! Je suis allé sur Internet faire ma petite recherche, ce qui m’a permis d’apprendre qu’il s’agit du plus important parc d’éoliennes de toute la France. Même en lisant ça, j’ai pas allumé. J’ai tracé mon itinéraire pour passer le long du parc, par exprès ! Pour les voir comme il faut ! Et même, tiens, prendre des photos ! Pourquoi pas.

C’est en arrivant, à la fin du trajet, grippé et fatigué, que j’ai compris tout ce qu’y avait de crétin à vouloir longer un parc éolien à vélo. J’ai aperçu de loin les grandes hélices, évidemment. Mais j’ai mis du temps à remarquer leur orientation. Je forçais depuis de longues minutes, je poussais, je souffrais. À un moment j’ai vu arriver un tout petit point vert dans mon oeil gauche. Flp. Le minuscule insecte devait transporter une ceinture d’explosifs ou une caisse de munitions, chais pas, en tout cas, j’ai bien senti son corps rouler sous ma paupière et soudain, une douleur profonde a retenti dans mon orbite. Je me suis dépêché d’appliquer le truc de bonne-sœur de ma mère, pincer les paupières et leur faire faire de petits signes de croix, ce qui doit faire intervenir Jésus, qui — j’imagine — négocie alors la reddition de la bibitte. Cette-fois encore, ça a marché.

Je suis arrivé dans le parc, la petite lumière a finalement fait clic. Le vent. Ils construisent des éoliennes là où il y a le plus de vent !… Bref, j’avais en pleine figure un vent si fort que pendant 5 ou 6 kilomètres j’ai dû traiter cette route plate comme une colline escarpée. Penché au maximum, la casquette rabattue sur les yeux, je trimais, presque immobile… Ah ! Quelle désopilade !



Tout ça pour te raconter, petit, que dans la vie, il y a des moments comme ça, où tout chie. Mais parfois, le lendemain ouvre sa grande gueule hilare, inspire, et éructe le plus beau des chants, la plus mélodieuse des mélopées, la plus suave des rhapsodies framboises. C’est qu’en partant de Beauvoir, mon amour, ce vent, cet horrible bise, qui me giflait la veille… Je l’ai eu de dos. Du début à la fin de la journée. Je peux pas dire que j’ai vraiment donné un coup de pédale. 50 kilomètres en moins de deux heures, en comptant une pause lorsque j’ai fini par voir la mer. Heureusement pour mon degré de difficulté que je me suis perdu (eh !) un peu. Sinon, l’étape aurait été une véritable honte au plan sportif, un peu comme ces matchs de hockey olympique Canada - Japon.



Il y a malgré tout une jouissance à filer droit comme un boulet, sans effort, sans non plus de carburant fossile, sans dureté, sans obstacle. Se fondre dans le paysage ! Sur de longues sections, j’allais à la même vitesse que la circulation automobile. Moyenne de l’étape à 28 km/h. Wow. Une orgie de vitesse, de facilité, de simplicité.

Je me suis paumé dans St-Jean. J’ai tenté de trouver l’Office de tourisme, sans succès. Au moment d’abandonner, j’avais tant tourné dans les ronds-points que je ne savais plus où j’étais. J’ai décidé de me fier à ma boussole et de foncer plein Ouest, après quoi je n’aurais plus qu’à suivre la mer jusqu’à La Rochelle. Au bout d’un long moment, voyant que la mer n’arrivait pas, je me suis arrêté. Je viens de passer un mois à considérer l’Ouest comme mon objectif et ça m’a joué un tour. La terre s’allonge dans cette direction, alors que l’océan coupe vers le Sud-Est. Je suis obligé de faire un effort de réorientation. Ça y est. Mon horizon a désormais changé. C’est le premier grand virage dans ce tour qui en comprendra bien d’autres. Je traverse la route et je repars. J’allais simplement dans la mauvaise direction. J’aurais dû m’en douter. Le vent me pousse, maintenant. Tout baigne. Tout coule.



Je roule de plein fouet dans le soleil éclaboussant. Mes narines s’emplissent de sel, d’iode, d’algues… Je longe pendant un bon bout de temps des eucalyptus, puis des conifères, des fleurs de toutes sortes. Les bosquets embaument, parfument ma route de menthe, de sucre, de chocolat, de poivre, d’ail, de safran, de crème… Ça y est, on dirait que je vais bientôt avoir accès à mon bonheur.



Saint-Gilles-Croix-de-Vie est un baume. Une éternité modeste, une sérénité, un calme, enfin... la France, quoi. Une partie de la France que je cherche. Le marché en plein air, les artisans qui présentent leurs crottins de brebis, la dame qui vend des manteaux avec laquelle on peut parler dix minutes sans qu’il ne soit question d’acheter quoi que ce soit. Mon hôtel, aussi, un peu plus cher que mon budget, mais splendide et accommodant. Pour la Xième fois la Wifi plantait, mais on s’est installés et on l’a fait fonctionner. C’est jouissant. Je marche des kilomètres le long de la mer. Je prends des tas de photos. Je suis ému. Mes yeux… embués par la chaleur…

Sans transition, après tant de fermeture, de dureté, de sécheresse… Une violente attaque de douceur. Et Rossinante ronronne sous moi, exulte. La brise relevée, sucrée-salée, nous tape dans le dos, nous dévalons la Vendée, libres. Légers…





Saint-Gilles-Croix-de-Vie










lundi 29 octobre 2007

Simone, oh Simone !

Tous les hôtels de Beauvoir sont complets. Tous sauf un, il lui reste une place. Mais faut que j’arrive avant 17h. Après, le tenancier sera parti… jusqu’au lendemain. C'est dimanche !… Il ne veut pas m’attendre. Je dis qu’en cas de crevaison je téléphonerai, il veut rien savoir. Que j'arrive avant 17h, ou rien !…

Je pars donc tôt. Pas très tôt, parce qu’ici en cette saison, il fait zéro à 7 heures et 16 degrés l’après-midi. C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de me mettre en route plus tard. C’est tout de même plus agréable de pédaler relaxe que les doigts et les pieds gelés. Mais ce matin, avec l'autre qui me pressurise à l'arrivée, je décampe quand même à 9 heures, dans la brume et le vent glacé.

Après les méandres de la veille, l'étape Bouaye - Beauvoir, ça va tout droit. Je m'attarde nulle part, je fais pas de photos. Je suis malade, j’ai cette contrainte de logement, je file un mauvais coton. Le vent de face, évidemment. Les collines, bof. Trop malade pour me plaindre ou réaliser que ça force. Record de roadkills. Un tous les 10 mètres. Une hécatombe. La route longe des points d’eau, des petits canaux, ça explique peut-être. Quoi qu’il en soit, c’est une incroyable autoroute de la mort animale. Pourtant, l’autre côté des fils paissent les chevaux et broutent les vaches. Pourtant, les vignes grimpent et les blés se dandinent. C’est comme ça.

Je prends une très courte pause à Bourgneuf. Jus d'orange, café, verre d'eau. Le café s'appelle le Cheval Blanc. Ah, ça c'est rigolo. Le patron y tient une cyclopéenne collection de briquets. Un petit caf sympathique où les habitués, mordus de foot, se réunissent pour voir les matches.

On passe souvent de drôles d’agglomérations de véhicules récréatifs, réunis en plein champ ou même sur des terrains qui semblent destinés à cet effet. Ce sont apparemment des groupes de Tziganes. Je les salue toujours et il me répondent souvent. Après tout, nous nous ressemblons. Je ne peux en dire autant des cyclistes. La moitié me regardent avec insolence, mais ignorent mes salutations. Plus ils sont jeunes et couverts de spandex, moins ils saluent. C'est ainsi.

De cette journée je vais retenir les lieux-dits aux noms impossibles que je traverse. Le Chemin des Bougons, qui croise la Couilleraie. Mais aussi La Mottonerie, La Baffrie, Le Bois-Flamberge, Saint-Même-le-Tenu, la Jerbretière, la Coche, la Carouère… Je passe mon temps à répéter les noms de patelins que je croise en rigolant. La grande agglomération du coin s’appelle Machecoul, un message important, en cette époque de consommation effrénée et de sexe performance.

À un moment, je traverse une région appelée Le Désert. C’est pas très désertique, comme désert. C’est pas l’Arizona, ni les Badlands. C’est pas non plus Death Valley. Mais bon, c’est toujours une aventure de traverser un désert, même habité, même foisonnant d’une luxuriante nature. Je ne manque ni d’eau, ni de nourriture, ni de force pour me rendre au bout. Je manque d’… Mais ça… Y en a nulle part.

C’est à un point de fatigue avancé et les deux bouteilles vides que je passe… La Coupelasse. Me voilà à Beauvoir.
Mon hôtel est moche. Un vieux monsieur tente de sauver les apparences, mais on voit immédiatement que ça tombe en ruines. Je suis le seul client. La chambre n’est pas prête. J’arrive trop tôt !

Je vais prendre un sandwich de l’autre côté de la rue, dans mes fringues mouillées par la brume et la sueur. La dame qui sert est hostile et désagréable. Je mange. Je sors. La chambre n’est pas encore prête. Je pars chercher des mouchoirs, de l’eau et du vin. Je ne trouve rien de tout cela. Tout le monde sauf la boulangère est à la limite de la méchanceté. Je finis par retourner au Tabac où j’ai pris mon sandwich. C’est le mari qui me répond. Ses yeux d’un bleu glacé souffrent d’un fort strabisme et soulignent la drôle d’asymétrie de sa grosse sale gueule d’enfoiré. Il n’a jamais entendu parler de ça, des mouchoirs en papier. Des mouchoirs tout court, il n’y en a pas à Beauvoir. De l’eau en bouteille non plus. Il me tourne le dos. Bon. Vraiment, un de ces jours, y aura une petite leçon de savoir-vivre qui va se donner. Pas aujourd’hui. Je puise dans la réserve de bonté que la Ptite G. m’a appris à cultiver et je sors en souriant, en proférant un gros merci d’une gentillesse à couper les jambes au ras des genoux. Kin ! Vlà une dose d’agressivité passive montréalaise ! À mettre dans ton petit cancer, là, juste au fond de ton cul. Crétin. Bon.

Le vieux de l’hôtel ? Il reviendra jamais. Je passe la soirée à geler. J’ai une baignoire, mais que de l’eau tiède. Elle ne se réchauffe jamais, non plus. C’est qu’il a dû tout éteindre en partant. Grippé comme je suis, je gèle toute la nuit et au matin, mes habits de vélo, mon imper, mon petit manteau, mes pantalons de pluie… Tout est encore mouillé. C’est pas un hôtel à rabais non plus ! Un des plus chers que j’ai loué au cours du voyage ! Sans blagues ! Le matin, il augmente même son prix de 40 à 44. Il sait pas, ce qui est affiché sur le site web. Il s’en fout. Je fais de la fièvre, je veux rouler jusqu’à un endroit relaxe. Me réchauffer. Me laver. Dormir. Contre toute logique, je sors le cash et je paie.

Il m’offre un café gratos pour se faire pardonner de m’avoir abandonné toute la nuit. Je regarde la grosse Saeco des années 50. Ouais ! Ça va bien partir, au moins. J’accepte. Il part en cuisine et me ramène une tasse de café filtre tiède.
Vite, me sauver de Beauvoir. Moi qui avais hâte à cette ville comme j’aurais hâte à Hemingway ou à Hamsun. Merdre. Même de Montréal, je consultais les cartes et je trépignais à l'idée de passer une nuit dans les bras de Simone !

Il me regarde boire en m’expliquant ses vues sur Montréal, qu’il connaît très bien pour y avoir travaillé en 1979. Il n'a pas connu mon quartier. Jamais entendu parler du Plateau Mont-Royal. Ni du Mont-Royal, d’ailleurs. Mais il m’enseigne une foule de trucs sur Montréal, tout en doutant de mon affirmation selon laquelle il existe une ville de Québec, qui serait la capitale… du Québec. Il me laisse le bénéfice du doute, tout de même. Magnanime. Il s’est tellement excité dans la controverse, qu’il a créé trois énormes dépôts de glaire entre ses lèvres. Trois ! Il a d'épaisses babines de cuir rougeâtre. Un amas collant à chaque commissure, de la taille d’un gros grain de riz et un autre en plein centre, celui qui, évidemment, se prépare à la propulsion. Au cours de la conversation, il en envoie régulièrement dans ma direction. Le dernier amerrit en plein dans mon café. Je me lève d’un bond. Il a bien essayé de lier conversation, ce bougre. Et je lui en sais gré. Il devient presque sympathique. J’arme Rosie de pied en cap, avec capotes de pluie et tout et tout. Je passe la porte.

Ciao, Beauvoir… et adieu. Après deux kilomètres, il fait soleil.




dimanche 28 octobre 2007

Aux abois à Bouaye

Je me croyais invincible, on dirait. Enfin, à Varades, je suis parti manger sur Rosie en pleine noirceur sans m’informer de la température, sans mes lampes, rien, à 2 km de la chambre. J’ai eu froid, c’est vrai. Mais j’ai rien chopé. Puis, toutes ces quasi-morts, tous ces presque accidents, et cette peine censée me tuer, que je croyais assez forte pour me terrasser cent fois. Et puis non. Je suis encore là.

M'est arrivé un pépin, à Nantes. Petit rappel de la véritable froideur de la race humaine. Ça m'a glacé le sang. Passé la nuit à me tortiller et à tourner dans tous les sens. Réveils horrifiés, angoissés…

Je me suis levé le lendemain matin avec la crève.

Elle me colle au cul depuis. J’ose pas trop m’arrêter, de peur qu’elle ne se saisisse complètement de moi. Je vais de ville en ville, j’ai bien ajouté 150 km au compteur, toussant, éternuant, crachant, dans un flou mental et physique étonnamment confortable. Par moments, je sens que mon corps va lâcher, je deviens apathique, mes genoux refusent de s’abattre, mes pieds n’enfoncent plus les pédales, ma vitesse glisse sous les 10 km/h. Mais reste une seule idée, une seule obsession dans ma culasse, la volonté de poursuivre. Je continue, quelque soit le rythme. Je pleure, je hurle, je chante, je ris, je dégoutte sur la route avant de grelotter à nouveau…

Carpé, en danseuse, bien assis, relevé, d’une main, couché, je ne lâche pas. Ce mouvement de va et de vient… Cette oscillation. Toutes ces cadences, des montées et des descentes, des villages et des champs, du soleil et de l’ombre, des arbres et des pierres… Tout ça m’habite, petit. Cette fresque s'élabore, graduellement, et un coup de pinceau à la fois, efface ma souffrance. Petite charade. Petit mensonge. Petit vilain. Petite fraude. Tu n’es rien. Tu n’es rien sans elle. Et sans moi en elle. Tu est nous. Non. Tu n’est pas nous, tu n’es que le futur de ce nous qui est mort. Il n’y a pas nous. Il n’y a pas toi. Tu n’es que le futur qu’un passé projetait, un passé mort. Enterré. Décomposé.

Je te parle durement, petit. Mais demain je verrai la mer. Tu es mon amour. Je t’aime autant que je t’aimais. Et mon être n’a pas encore trouvé de façon d’envisager l’existence sans la tienne. Tu es l’horizon. Et à ta mort, tout ce qui est resté devant mon guidon était la désolation. Je te parle depuis des semaines. Jour après jour. Heure après heure. Je te donne tout ce que j’ai. Tout ce que je n’ai pas encore perdu, jeté, donné, vendu. Je te donne tout, que tu l’emporte avec toi dans les limbes. Je te leste pour que tu coule au fond. Que tu ne remonte pas. Tu es le véhicule de mes deuils, tu sais. La pirogue funèbre de toutes mes terreurs. Tu n’es rien aujourd’hui que l’écorce du rêve. Pars, petit. Pars. Aussi vrai que je t’aime de tous les protons de tous les atomes de toutes les molécules de chacune de mes cellules, pars. Laisse-moi. Je vis.

La première journée de crève, je me suis arrêté à Bouaye. C’est à 20 km de Nantes, à vol d’oiseau. Mais Rose et moi ce jour-là... On était si perdus et distraits qu’on s’est fait un bon 40 km juste en lacets autour du pot. J’en ai eu marre. J’ai regardé mon petit guide. J’ai téléphoné. Un trois étoiles. Le tout premier du voyage. Bof. C’est propre.





samedi 27 octobre 2007

Rosie en Loire
PALMARÈS DU MATOS

Veut veut pas, une expédition comme celle que je fais repose quand même un peu sur le matériel. C’est un projet de l’âme, oui !… Un voyage initiatique, une tournée intérieure à la recherche du moi perdu, du surmoi surperdu, et du chacra du chancre de la couille éthérée… MAIS : si le matos chie, tout chie. J’ai tous les jours de petites bouffées de reconnaissance pour un morceau ou un autre de mon attirail qui performe au-delà des attentes. Je vais donc en publier ici le palmarès. Comme j’ai une sorte de gros dégoût pour les marques de commerce, l’évaluation de produits et le magasinage, j’ai omis les noms des patentes et leurs fabricants. Pour savoir le nom de la gugusse, vous m’écrivez un petit courriel, et je vous révèle tout ! Même la marque de mes bobettes !


5- Boussole / clochette

C’est une simple clochette qu'on fixe au guidon, munie d’une boussole. Cette pièce d’équipement très low tech est d’un design élégant et simple, permet la rotation complète du bouton de la sonnette, se lit facilement même avec les yeux pleins d’eau (à cause du vent). Sans elle, je serais sans doute encore à Meudon, ou au fond de la Seine.


4- Tribarre

Je ne partirais pas pour plus d’une journée à vélo sans une barre triathlon. Je déconseille d’installer les demi-lunes, qui sont tentantes pour y déposer les mains, ce qui cause des blessures à long terme. J’ai fait monter mon guidon de quelques centimètres et installer des poignées sur les tubes cadres censés supporter les accoudoirs. C’est merveilleux. Je gagne une position de mains rappelant celle du petit vélo de ville pépère, et la poignée remplace la demi-lune comme accoudoir en position carpée.


3- L’Ordinatator

Que dire ? Il ne plante jamais, il endure tout, je le martyrise toute la journée ! Le jour il est ballotté au creux d’une grosse sacoche bien pleine de toutes sortes de machins, le soir il se fait marteler 2000 à 3000 mots sur la gueule. Depuis quelques années, j’ai bien envie d’envoyer chier la compagnie mère, qui s’épivarde tout partout dans les bidules à zizique et les téléphones stéroïdés au lieu de réparer les horribles iniquités de ses derniers OS, mais je suis obligé d'admettre que la petite machine fait la job ! Tiens, si pomme-N créait encore un nouveau dossier, comme ça a été le cas pendant QUINZE ans, je l’aurais mis en première place.


2- Cuissards

[le lecteur continue à ses risques et périls]
J’ai acheté 5 cuissards d’une certaine marque juste avant de partir. Simple question de lessive, je ne voulais juste pas être pris à en porter un sale, on se comprend sans que j’ajoute des détails, n’est-ce pas ? Eh bien, je sais pas ce qu’ils ont, ceux-là… Ils sont parfaits ! Pas plus compliqué que ça. Si je ne porte qu’eux, j'ai aucun bobo. Je peux rouler six heures sans désagrément. Dès que je fais une journée avec une de mes autres paires, ça y est, j'ai mes règles ! Chais pas à quoi c’est dû... Mais certaines parties de mon anatomie, et pas les moins importantes, acclament en chœur.

1- Chargeur

Minuscule, pèse une plume, charge les AA et les AAA. Fonctionne sans problème en 220 (Europe) et en 110 (American Union). Peut même charger une paire de chaque type en même temps. Ne cesse de m’épater. Le truc dont tu ne peux te passer en voyage. Dans mon cas, il recharge les piles de mon appareil-photo (pilivore en esti), mais surtout, celles de mes réflecteurs de nuit, essentiels à ma survie (et au look disco de Gothrosie).

vendredi 26 octobre 2007

Utopies hallucinantes





Il y a une bande de merveilleux dingues, à Nantes.
Z'ont construit un éléphant de bois haut de trois étages à bord duquel il est possible de se balader en ville. Ils fabriquent un arbre immense dont il sera possible d'arpenter les branches à pied. Des hérons voleront au-dessus qui emporteront les visiteurs au ciel. Tu crois que je me fous de ta gueule, petit ? Tu crois que je bois trop de rouge ? Regarde, mon petit, je t'emmène faire un tour chez ces rêveurs. Regarde ! Viens !






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L'éléphant ?! Il est où, l'éléphant ?
Il est parti prendre une marche, mon petit. Écoute. La terre tremble. Tu vois pas, là-bas ? Tu vois pas ? Il arrive !















L'adresse des cinglés (Doodle, ton CV !) :
Les Machines de l'île

Le Spleen de Nantes








Avec son ciel si blanc
qu'on le croirait raciste
Avec ses innombrables grues
au tapin dans les nuages
Nantes
négrière tarie
port torture
en repentir
remonte ses jupons
immaculés
tremble
devant ses propres
lubies frileuses
Nantes
verrouille la vitrine
c'est le frimas
qu'on admirait
pas tes verroteries
Nantes
t'as peur
froid aux pieds
aux yeux
au coeur
Nantes
injolie
intendre
démascaradée
je t'aime
adieu