lundi 1 octobre 2007

Paname

En sortant de la gare du Nord, il fait beau, puis une goutte me fouette le nez, une autre s'écrase sur ma paupière... j'ai été averti. ensuite, c'est le déluge. Une grosse pluie sale, grise et huileuse, qui dit : « bienvenue blaireau ! ». Pas du tout préparé à ça, avec Ross toujours sans ses pédales, tranformée en charriot de luxe, et puis tous les trucs électroniques dans le petit sac cartable, pas pantoute imperméable. Je cours trouver un abri. Le vent change tandis que j'ai les sacs grands ouverts. C'est la splashade, tout prend l'eau. Je change d'abri. J'ai trouvé l'imper, mais je le jette sur le porte-bagage arrière et... l'ordi. Je prends une belle douche bien thérapeutique. Je me rends pas vraiment compte non plus qu'avec la fatigue et l'angoisse et tout ça, je me suis mis à trembler de partout. Dans un entrebaillement, je sors le plan de Paris, je m'oriente. J'abandonne l'idée de rejoindre un pote ce soir. J'opte pour mon minuscule hôtel bouchée-de-pain. Miraculeusement, c'est tout droit, quelques kilomètres. La pluie diminue. J'y arrive. Je clignote d'incrédulité devant la pancarte Complet. Comme je m'apprête à filer, Mustapha à la caisse me fait « Allo le Québécois ». Je hausse les épaules, en pointant l'écriteau. Il sort dehors et dit : « Mais non, pour toi, il en reste. J'ai deux chambres, laquelle tu veux ? »

Trouvé une boutique géniale, Place République, Cycles Laurent, où on m'a ajusté quelques trucs et posé mes pédales à l'oeil. Pas de chance jusqu'à maintenant pour changer mes quelques dollars et encore moins avec l'éventuel téléphone et/ou connexion sans-fil mobile. Dormi comme une planche mouillée tout l'après-midi. Ensuite, j'ai roulé dans Paris sur le dos de Ross qui se peut plus de se pavaner, surtout depuis qu'elle a été reluquée et tripotée avec respect et affection par de vrais pros du cyclo. Avec les rusés de Garantie, ça lui fait deux fois en une semaine, je crains qu'elle ne devienne narcissique. Pour l'aider à se replacer je la fais dormir avec les bagages de l'hôtel, ce soir.

2 commentaires:

Méthane Alyze a dit...

Paris........sous la pluie.... tant pis, c'est Paris! Est-ce que Rosie monte les boulevards toute seule?

Je vais te lire avec assiduité mon cher, je trouve que l'histoire commence bien.

C'est un truc Irlandais mais j'adore cette bénédiction pour les voyageurs:

May the road rise to meet you,
May the wind be always at your back,
May the sun shine warm upon your face,
May the rains fall soft upon your fields,
And, until we meet again,
May God hold you in the hollow of His hand.

É. a dit...

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