lundi 28 juillet 2008

Gruissan — Narbonne-Plage







Il y aura une Aude.

La plus petite étape de ce voyage. Reçu un gros contrat de traduction. Je décide de trouver un hôtel pas cher dans le coin. À moins de 20km de là, pour le même prix que le camping des fous d'hier, j'ai une terrasse avec vue sur la mer. Je fais mes provisions dans un petit village bouillant et charmant qui a su rester calme face à l'invasion des Parigots que le beau temps amène. Je serai tranquille, ici. Le boulot m'attend.

En voyant la mer devant moi, j'éclate en sanglots. Je pense à toi, Ô ma morte. À toutes mes mortes, récentes et lointaines. Je songe qu'il y a quelques jours je suis parti de la plage du Pyla sur l'Atlantique et me voilà sur celle de Narbonne sur la Méditerranée. Des larmes brûlantes dévalent mes joues craquelées. Je me sens étrangement seul au monde, maintenant que tous les rêves de pistes initiaux sont accomplis. Je continue sans fantômes, je crois. J'ai pris la chambre jusqu'au premier août. Ensuite, pas la moindre crisse d'idée d'où je vais.

C'est par où, le Rubicon ?

8 commentaires:

da Bitch a dit...

l'eau était bonne pour tes pieds?

(Y'a personne de seul au monde. Si je ne le suis pas, tu l'es encore moins bon.)

Gomeux a dit...

La voilà, la bleue.
Je suis ému mon vieux.
T'es là.

Je te verrais en Hollande, va savoir pourquoi.
Les béciks, surement.

Si c'est de ce coté-ci, y a un chandail qui t'attends.
Tu sras Carbo, je srai Chelly.

É. a dit...

La Méditerranée ! C'est complètement fou. Tout ce qui s'est déroulé sur ce petit lac salé ! Dingue.

Hollande, oui… Moi aussi, je le sens. Je n'y suis allé que quelques heures à la fois jusqu'à présent. Puis je veux bien une bière belge…

big mama a dit...

Tu arrives dans mon pays tranquillement.
mon feu père a sûrement arpenté ces routes tout en versant les mêmes larmes. Peut-être que ce grand lac salé comme tu dis, ce sont toutes les larmes des hommes qui cherchent quelque chose, depuis le temps que ses flots ont été brisés par d'autres lames.
It's my birthday, and i'll cry if I want to...

É. a dit...

Oooh joyeux anniversaire, chère amie. Mon ami Marc Provencher avait écrit un bien beau poème il y a longtemps, Figure-toi le Sahara, dans lequel il soutenait que le désert avait été formé par le sel de toutes les larmes… J'aimais beaucoup l'évocation de la figue dans l'accroche. Et par la même occasion, le rappel du visage. Marc, si t'es dans les parages, file-moi le texte et je fais un billet avec.

Ramon a dit...

Ce texte m'intéresse aussi!

É. a dit...

Ah oui ! C'est un thème affleurant de ton billet On verra bien. Et c'est marrant aussi que la devise de ma dernière année ait été « on verra ». Ma morte et moi le disions tout le temps. Puis aussi « qui vivra verra ». Eh ben. Je vois. Justement…

McDoodle a dit...

Ça m'fait ça moi aussi.
Probab parceque la vie a commencé là et que toutes les étapes y sont gravées.

Prends soin