dimanche 28 septembre 2008

Je la boucle



Je suis un vieillard de quarante-quatre balais
Mais quand on défonce le lit
Je termine sur le parquet

— Charles Bukowski

lundi 22 septembre 2008

Sévère césure en Cévennes

Je suis réveillé par la drôle de sensation de ne pas être complet.
J'ai oublié hier. Pourtant je n'ai pas bu la moindre goutte. Je me voulais lucide. Je voulais la sentir passer, cette déferlante de galets froids et tranchants. Je voulais garder une marque. Et, chais plus à quelle heure, j'ai… coupé. Je me souviens, maintenant.


Baah. Ça a déjà été pire. Les batteries de mon rasoir étaient à plat, alors je me suis contenté des ciseaux chirurgicaux.

Dans le Mille




À Montpellier l'autre jour. Des femmes hurlent à pierre fendre. Un mec aussi. Bousculade. Je reste interdit, la petite tasse brûlante juste au bord des lèvres. Ça se passe pile devant la terrasse. Ça se poursuit.
— Voleuse !
— Salope !
— Chienne !
— Arrêtez !

Un type apparaît, maillot de l'équipe de France tout déchiré sur le ventre. Il gesticule, prend une des deux furies par les épaules et la tire derrière, l'éloigne de la bagarre. Tout devient calme. Puis elle se dégage en criant derechef. L'autre la bloque.
— Voleuse !
— Tzigane de merde !
— Chienne !
— Arrêtez !

Le fan de foot argumente avec celle qu'on croit être sa femme. Elle tente encore fois de retourner au pancrace et gigote comme un poisson hors de l'eau. Il réussit sans ménagement à la plaquer au mur et l'amène cette fois derrière le coin du bâtiment. Nous respirons tous, mais à peine arrivé derrière la boîte postale, le même type au maillot bleu fonce comme un boulet dans l'attroupement des femmes restées dans la rue. Il s'empare de la poignée d'une poussette dans laquelle une minuscule fillette pleure à chaudes larmes. Il a l'air de vouloir projeter le landau par terre ! Il n'a pas le temps. Un poing a surgi de nulle part, qui atterrit directement au milieu de son visage. Floc. Ni une ni deux, le type fait demi-tour, court vers sa femme et la prend par la main. Dans leur fuite, ils crient encore.
— Voleuse !
— Salope !

Le quidam qui a servi l'uppercut se masse les jointures. Il enlève ses lunettes. Petit, bien propre, il l'air maghrébin, bibliothécaire, prof de maths ou vendeur de filtres à air. Ordinaire, quoi.
— Salope !
— Voleuse !
— On arrête, là ! On arrête !

Je ne saurai jamais ce que cette voleuse voulait voler. Peut-être la quiétude d'une très belle journée d'automne. J'avais qu'à me lever pour demander, si je voulais vraiment savoir. Je regardais le passant à la main enflée en espérant qu'il perçoive toute mon empathie lorsque mes yeux se sont mis à pleurer tout seuls.

dimanche 21 septembre 2008

Constat de stupeur

J'ai retrouvé vingt mille courriels aujourd'hui. J'avais apparemment pris de sages dispositions dans un lointain passé. Un geste intelligent mais oublié dans une vie conne hantée par les souvenirs. Depuis ce matin que ces petites chèvres rentrent au inbox comme autant de larmes connaissant leur chemin. Évidemment que je n'ai pas résisté. Évidemment que j'ai passé la journée étendu sur ta tombe. Affalé au fond de mon cœur grisonnant. Je crois que je me rase la tête, cette nuit. Me faut encore un rituel. Je suis sec et même l'ivresse me débecte.

Je ne comprends jamais rien à rien.
Si c'était à refaire, je me planterais encore.
Dans l'enthousiasme.

Quelles pages nous nous sommes écrites. Je ne connais pas un seul être vif qui se serait extirpé indemne de pareille foison. Quelles fraîches fontaines de fables ont fusé de la caillasse. Je vais dormir sur la dalle froide que tu m'as laissée en guise de corps et j'en mourrai pour la quatre-centième fois.

Viens me chercher, câlisse…

Heure de roche dans les Cévennes





Ils m'invitent à leur table, c'est l'heure du midi, ils ont remarqué la Gaxuxa, j'ai nourri leur chien. Elle tremble en m'adressant la parole. Son mec sourit béatement. Leur ami a une tête louche de type frustré et inhibé. Des yeux qui font l'effet de télescopes braqués vers les enfers. Je m'assois donc avec eux et ils paient le coup, ce qui est fichtrement exceptionnel. La fille m'offre un endroit pour planter ma tente, je suis enchanté et j'accepte. Puis leur ami Bob insiste pour dire que je serai mieux chez lui. Il va même m'ouvrir un canal de wifi juste pour moi. Il est informaticien. Je saute de joie. Plus qu'à choisir. Finalement c'est chez une copine à elle qu'elle m'invite, un femme dont toute la terrasse parle comme d'une folle à lier habitant une maison bancale construite par des ivrognes, qui menace à tout instant de s'effondrer. Elle n'arrive pas à la rejoindre. Je décide d'aller chez l'autre zigue aux pupilles démentes. C'est là que j'apprends qu'il n'y a pas d'eau chez lui et qu'il ne pourra pas m'offrir de branchement électrique. Je le remercie chaleureusement de son offre, tout en expliquant que je dois travailler, et que j'irai donc plutôt au camping municipal, pas de problème.





Tout ce temps-là, la terrasse est en ébullition. Les hurlements fusent de toutes parts en patois des chantiers, au sujet de telle planche de huit non-conforme ou de tel client exigeant de la seize-vingt-deux alors qu'il faut impérativement de la quatorze-vingt-et-un. Je suis à une terrasse ouvrière et je souris. J'offre des petits havanes à qui en veut bien, tout le monde rigole de mes expressions (je fais exprès) et c'est le bonheur.


Soudain, le petit Bob aux iris de Sauron commence à me traiter de connard. Une fois, deux fois, trois fois. Je suis en pays étranger, on me paie à boire, je suis crevé d'avoir fait la petite bosse et passablement paqueté au gros rouge, donc… M'en fous. Mais on atteint vite la quatrième et il m'apparaît soudain clairement que ce sombre chancre est excité sur la femme de son pote extatique, qu'elle est très gentille avec moi (tripote ma cuisse en parlant), et que une et deux font bing-bing-bing-réveille-toi-ti-gars. Je réalise qu'il ne m'appelle pas connard pour rire, mais pour m'essayer. Le voilà en train de raconter ses exploits en taule. Bon. Et la barre de fer, et la brique sur la tempe, et connard de canadien, et hop, hop, hop. Tout me revient très vite. Je suis à la retraite, mais je n'ai pas oublié grand chose. Je l'enligne droit dans ses petites fentes sans lumière et je dis d'un ton assez fort pour que tout le monde entende :
— Ça fait quatre fois que tu me traite de connard, Bob. C'était gentil de m'inviter dans ton jardin, Bob. Merci, Bob. Tu connais pas les joueurs de hockey ? Je pleure pas à l'arbitre et je sors pas en civière, Bob. La cinquième fois que tu me manqueras de respect, je t'envoie faire dodo. Dans combien de jours tu veux te réveiller ?





Tout le monde éclate de rire. Il rit lui aussi et imite la fille en tremblant de partout, maintenant. Je ne le lâche pas des yeux. Je suis décidé à le coucher d'une seule droite. Feinte à gauche et pof. Ça que j'ai décidé.

Enfin, au bout de trente longues secondes il recule sa chaise, s'effondre dedans, baisse la tête et se met à râler tout seul. Les conversations reprennent, mais j'écoute ce qu'il marmonne. J'en apprends beaucoup. Il m'en veut d'avoir vérifié le numéro de téléphone de Francine en appelant tout de suite après avoir noté. Ça ne se fait pas en France, apparemment. C'est un acte très impoli et vexant. Je ne comprends pas tout de suite en quoi, jusqu'à ce que je pige que les Françaises donnent souvent n'importe quel numéro. Je ris de bon cœur. Aussi, lorsque quelqu'un t'offre la moindre chose, il faut l'accepter. J'ai écœuré tout le monde en refusant d'aller chez la psychotique à la maison en ruines, et je l'ai dégoûté lui en exigeant eau courante et électricité.





Il radote en se bavant dessus que lorsqu'un Français va à l'étranger, il n'exige pas que son café soit comme à la maison ou que la nourriture suive ses standards, il s'adapte. Je suis fasciné par le monde de rêves dans lequel vit Bob. Mais bientôt je me lève, monte la Gaxuxa, et en remerciant tout le monde dix fois, je pointe le guidon vers l'office du tourisme.

samedi 20 septembre 2008

Cévennes, hop !






Comme j'ai tremblé devant ce col ! Encore dix minutes avant de partir, je me retenais de ne pas fuir vers la mer en prenant la colline dans l'autre sens ! J'étais vraiment écrabouillé par mes appréhensions. Je me suis réveillé à 5h du mat, terrorisé à l'idée de défaillir, de devoir appeler à l'aide, d'y mettre toute la journée. Et pourtant, ce n'était pas grand chose. J'ai songé tout au long à mes potes Nathaxav et à Julian, tous de sacrés grimpeurs, mais franchement, la Gaxuxa n'est pas basque pour rien. J'ai eu l'impression qu'elle était pour la première fois dans son véritable élément parmi la caillasse et les sapins.

13h. Me voilà dans un petit village au milieu des pierres. Le vin coule à flot et je souris. C'est incroyable, ça ! Comme revirement. Ah ! C'était qu'une toute petite bosse, mais je l'ai faite. La Basque a encore passé un test. Et moi… itou.

vendredi 19 septembre 2008

Voyage avec une Gaxuxa dans les Cévennes



Petit

Primo, je m'ennuie de toi, petit. Toute la journée j'ai eu l'impression que tu étais vivant. Peut-être l'es-tu ? Journée d'épiphanies dans les dénivelés. Au cours d'un de ces eurékas providentiels, j'ai réalisé que comme tu es l'un de mes personnages, et parmi les préférés, en plus, ehh… ben… tu es vivant. Donc, je vais m'adresser à toi comme si de rien n'était, en commençant par te demander pardon pour ma crise de Larochelle et les mots très durs que mon vieux Jarvis a eu envers toi et ta maman. Je crois que l'ancêtre a fait ce qu'il fallait en me disant les bonnes choses au bon moment et, un peu grâce à son aide, je suis aujourd'hui plutôt sorti de tout ça. Du moins, je ne pleure plus quatre heures par jour en pensant à vous deux. Je pleure désormais en pensant à rien, ce qui me semble une amélioration sensible de ma condition.

J'ai arrêté de boire, aujourd'hui. Mais j'ai recommencé vers vingt et une heures. Je me suis fait piquer par une grosse sale bête dans le cou. J'ai une bosse terrible. Justement, petit, c'était une journée de bosses.


Guigne comme au bon vieux temps

J'ai dit au revoir à la sympathique famille qui m'hébergeait depuis une semaine dans un appart de rêve en plein cœur de Montpellier. La dame est poète, chanteuse, architecte, peintre. Le fiston joue du piano fort inspiré, les livres jonchent tous les espaces… On y demeurerait des mois. Je prends la route, tout va bien, je ne suis pas très en jambes, ni très en souffle, mais j'ai une minuscule étape au menu, trente bornes tout au plus, alors ce n'est rien. Au bout de sept ou huit kilomètres, par contre, un de mes super nouveaux pneus éclate. Celui de derrière, bien sûr. Retour au vélociste, à pied, ergo : traversée de la ville d'un bout à l'autre. J'arrive là quelques minutes après leur fermeture du midi… qui dure deux heures. Bon, beeen…


Satori

Je décide de casser la croûte. Petite terrasse. On me sert le meilleur café que j'ai bu depuis l'Héritage à Cognac. Woah. Réconciliation sensorielle avec l'existence. Savoureuse salade. Youpi. J'ai fini de becqueter depuis cinq minutes et je m'emmerde, lorsque je me dis que finalement, j'ai été très très infiniment poche de ne pas jouer de la gratte une seule fois pour ma pitance, depuis mon départ des Charentes. Je l'ai quand même achetée dans cette optique, la Petite Chinoise !

J'avise un coin de la place qui me semble parfait pour ça. Et… je me dirige par là… J'appuie la Gaxuxa contre un mur… Je sors la Petite Chinoise… et… et… oui… Je le fais !

Oui ! Pas sorcier ! J'ai à peine le temps de m'accorder que le dinero commence à tomber dans ma casquette. Fantastique ! Ma batterie meurt au bout de vingt minutes. Pas grave, j'en ai une autre. Mais… Elle est plat. Bien sûr ! Je remarque un peu tard que c'est une rechargeable ! Nouille. Beahrr… Qu'à cela ne tienne. Je souris. Ce qui compte, c'est d'avoir brisé la glace. 3 € en 20 minutes, c'est pas le record du monde, mais ça paie la pile de rechange. Et puis, j'ai eu droit à deux ou trois excellents sourires. J'ai joué comme un pied tout le long. Mais j'ai joué. Yea. Je me suis vaincu. Vive cela.





14h30 pile

Le vélociste me reprend le pneu, on change la chambre, gonfle. Merci monsieur, au revoir monsieur, bonne route le Canadien ! Aerghghg. Et hop ! Quatre heures plus tard, je suis encore au centre ville de Montpellier, mais je re-roule.





Pertes

Ensuite, je me suis paumé dans les collines, le bout des orteils des Cévennes. Volte-faces, retours, détours… À un moment je vois l'heure, 17 h ! Pourtant, je suis presque aussi loin qu'au pas de ma porte ce matin. Bizarre. Mes jambes me lâchent, j'ai la gorge en feu, je n'ai plus d'eau…

Dix-neuf heures. Le soleil décline, je décide de me poser, malgré que je ne comprenne pas comment il est possible que je n'avance pas plus que ça. Je cherche des endroits pour planquer ma tente à la sauvage, mais je ne trouve que dalle. En plus, je ne l'ai fait que quelques fois, en pleine forêt et c'était pas stressant. Ici, y a beaucoup d'action, je le sens pas trop.

Vers Saint-Mathieu on annonce un hôtel. Je téléphone mais c'est le répondeur. Gneu ! Un gîte a sa pub le long de la route. Je me dirige là. Arrivé au village, rien ni personne. Je sonne, je frappe à la porte, aux carreaux… Mes appels restent sans réponse, même si j'entends du mouvement derrière la porte.

Une jolie fille qui promène un chien me guide jusqu'à un autre gîte. Le monsieur a de la place, c'est ouvert, c'est bien joli mais… il ne loue qu'à la semaine. J'ai beau plaider, rien à faire. Il m'envoie vers une maison qui fait chambre d'hôte. Je suis mort de fatigue, mystérieusement.

J'arrive à cet établissement. La dame a des chambres de libre, loue bel et bien à la nuit, c'est joli, sympa, mais… elle reçoit sa mère à souper ce soir et préfère ne pas louer, parce que euh… Bon. Et puis c'est hors saison, puis fallait réserver d'avance, puis les chambres ne sont pas prêtes, puis en définitive… c'est fermé pour ce soir. Je souris en vain. Je pleurniche. J'implore. Je quémande. C'est non. Elle est fermée, la dame. Même ses oreilles et son cœur le sont. Je demande à mettre ma tente dans le jardin. Non. Elle me file le numéro d'un hôtel… À 5 km. Je tombe sur un répondeur qui donne un numéro de mobile où un type commence à m'engueuler. Je ne comprends rien à ce qu'il dit, une histoire louche de mairie, de permis, d'heure, que sais-je.

Je reprends la route après avoir passé une mini laine. On gèle. Je croise un fermier en tracteur à qui je demande l'hospitalité, juste un coin pour planter ma tente (on m'a dit que ça marchait à tout coup, ça !). Il me dit qu'il ne peut vraiment pas, qu'il doit aller voir sa belle sœur ce soir, gnagnagna… Me voilà bien décidé à prendre le prochain avion pour Marakesh ou Krakovie.





Revirement

Encore une pancarte prétendant annoncer un gîte. Je téléphone. Ça marche. À 8 km. Je roule très lentement. Une petite demi-heure de crampes aux cuisses. Hop. Un voisin de la dame du gîte a pris sa voiture pour aller me retrouver et m'indiquer le chemin. Arrivée en douce, accueil gentil. Mais j'arrive tard, il ne servent plus à manger. Bof, je veux juste m'étendre. Je mettrai un oreiller dans le réchaud. Soudain, venue de nulle part, une voisine offre de me faire un repas gratoche qu'elle viendra me porter à ma chambre. Incroyable ! Éxagéré ! Un autre voisin me file son code pour la WIFI. Encore un autre m'offre d'aller me chercher des courses, du vin, une pizza. Maudits Français ! Comme je vous aime. Après m'être lavé, je bavarde longuement avec ce couple qui habite là, ils ont la cinquantaine harmonieuse, ont traversé la France plusieurs fois à vélo, nous sympathisons pleins pots. Des Nantais.






Mystère élucidé

Au lit, avant de m'endormir, je décide consulter un peu Gégé, histoire de voir comment j'ai pu tant souffrir pour faire 15 km. Alors, je me rends compte, ahuri, que j'ai roulé 68 km aujourd'hui (dont 6 à pied pour cause de pneu kaboum), et que ça a grimpé de 600 m. Bon, c'est pas le Tourmalet, mais tout s'explique. Bien trouver son chemin, même quand on ne sait pas où on va, c'est primordial ! Eh, eh, eh…

Demain, orages sur la région. Je vais me barricader ici, au pied d'un col terrible. Vendredi, torture matinale ! Ouais !



jeudi 18 septembre 2008

Bouchon

— Bonjour madame, vendez-vous des limonadiers ?
— Des tire-bouchons, vous voulez-dire ?
— Si vous préférez.
— Non.

...

— Bonjour madame, avez-vous des tire-bouchons ?
— C'est un ouvre-bouteille, que vous cherchez.
— Bien vu. Merci de me corriger. Alors ?
— Non. J'ai vendu le dernier hier et je n'en attends pas d'autres.

...

— Bonjour monsieur, je cherche un ouvre-bouteille.
— Un débouche ?
— Parfaitement.
— De quel genre ?
— Le type qui permet l'accès au pinard dans la bouteille.
— De toute façon, j'en ai pas.

...

— Bonjour madame, je parcours la France à la recherche d'un débouche.
— Ah bon ?!
— Si.
— Et vous n'en trouvez pas ?
— J'y travaille.
— C'est ahurissant !
— Plutôt. Chez nous, y a pas de vin, mais nous trouvons facilement des limonadiers.
— Qu'est-ce que c'est que ça ?
— Des ouvre-bouteilles.
— Vous voulez dire des tire-bouchons ?
— Oui. Merci de me reprendre. J'apprends le français.
— Oh, vous y arrivez fort bien.
— Trop aimable. Alors ? Z'en avez, des… euh…
— NON ! oh grand dieu non ! Je ne bois pas.
— Mais vos clients ?
— J'ai des casse-noisettes.
— Vous voulez dire des casse…

mercredi 17 septembre 2008

Tardigrades



Ces petites bêtes survivent à tout. On les a même emmenées dans l'espace, pour étudier leurs réactions (!). Eh bien, les braves petites se dessèchent, serrent leurs petits poings, et attendent que ça passe. On les replonge dans leur élément (l'eau) et hop ! Ça fornique comme si de rien n'était, et ça pullule en tous sens. Ce sont un peu mes nouvelles idoles. Cousins philosophiques des escargots (bien qu'ils ne puissent pas voler).

Puis, après la guerre atomique qui se prépare, ben, la Terre leur reviendra en héritage, alors regardez la bien, la jolie petite bibitte. Il y a fort à parier que ce soit sous cette forme que nous nous nous réincarnerons et ce, pendant plusieurs centaines de millions d'années.
— Eh sexy ! Tu veux un octomassage ?

mardi 16 septembre 2008

En Trompe l'œil





Dur à croire, mais ces deux murs sont complètement plats.
Il m'arrive souvent d'extrapoler des splendeurs fugaces là où il n'y a que rouille et sécheresse. Faut pas m'en vouloir, je suis simplement collectionneur d'étincelles, de miroitements et de coups de vents. Je fais prospecteur d'instants.

lundi 15 septembre 2008

Le Sud



Depuis tout petit, la lumière ambrée du bonheur imaginaire me taraude. J'ai toujours tenté de voir par ces fenêtres la recette simple des autres pour être heureux. Ça m'a toujours réchauffé le cœur de nous y figurer, ma douce et moi, puis nos bambins, dans ce halo tiède, dans cette bulle pâle et ordinaire.

J'y suis jamais parvenu, ou alors que partiellement. Et c'est peut-être ainsi pour nous tous, membres du genre humain. Je veux dire, peut-être que là où j'ai tracé mes limites, d'autres se sont obstinés. Peut-être que toutes ces fois où la folie conjugale s'est hissée devant moi dans sa hideuse et grimaçante voilure, j'aurais dû serrer les dents et renoncer à telle racine ou telle branche, plutôt que de me retrouver à haleter par moins quarante, ployant sous ma grosse malle en direction du bus de nuit.

Je sais pas. Je sais plus. Je suis au bout d'un rouleau, et personne, aucune apparition divine, pas la moindre fée, pas le plus microbien des gnomes, pour insérer le nouveau. Je reste hagard, tout seul dans mon propre cinéma, longtemps après la dernière séance. Je bée. Bourrin. Pédaler. Ouhnk, ouhnk. Que sais-je. Rien. Que suis-je ? Lavé. Lavé de ma robe indignée. De mes peintures de guerre. Presque lavé de la traînée diaphane de mon cortège de mortes. C'est bien. Le mur s'amincit. La lumière filtre, la vraie, blanche, miroitante, cristalline ! Ce ne sont que des gouttelettes, mais elles étanchent presque ma soif de clarté.

J'ai suivi mon étoile, cette vieille et zigzaguante grognasse. Elle m'a mené jusqu'ici, c'est à dire nulle part. Et c'est plutôt bien, je suppose, d'être rien, et nulle part.

Si un jour l'harmonie se réinvitait à mes côtés, je serai comme toujours comblé à l'intérieur, et en posant les plats sur notre table, en versant l'eau dans ton verre, je songerai de temps à autres aux haillons qui passent sous les carreaux et sondent la vitre jaunâtre de leurs yeux usés. Je penserai à eux et je te prendrai contre moi, ma douce. Sans rien dire.




dimanche 14 septembre 2008

La Gaxuxa prend l'air



Quelques kilomètres pour se délier les jambes et revoir la Méditerranée avant de lui tourner le dos, sans doute en début de semaine. Enfin, croyez-le ou non, je ne sais toujours pas où je vais. Je pourrais vous faire voter, non ? C'est peut-être pas totalement idiot, comme idée. Uhm…





samedi 13 septembre 2008

Une Nouvelle qui torche

Vous auriez pu la lire dans l'excellente revue Mœbius, mais c'est en-ligne qu'il vous faudra la savourer. C'est presque tant mieux, z'aurez pas besoin d'attendre et c'est gratoche.

C'est chez la collègue Swan et c'est, à mon avis, trempé d'une atmosphère inusitée et angoissante…

vendredi 12 septembre 2008

Le Bureau

Ce genre de chaîne m'emmerde souvent, mais je trouve celle-ci bien rigolote, alors va ! Je réponds à l'invitation de Christian Mistral et je vous offre une vue splendide et panoramique de mon bureau :

Du dehors :



Du dedans :




Je relance vers :

Doodle
Miléna
Cola
Crade
et Mendax