dimanche 21 septembre 2008

Constat de stupeur

J'ai retrouvé vingt mille courriels aujourd'hui. J'avais apparemment pris de sages dispositions dans un lointain passé. Un geste intelligent mais oublié dans une vie conne hantée par les souvenirs. Depuis ce matin que ces petites chèvres rentrent au inbox comme autant de larmes connaissant leur chemin. Évidemment que je n'ai pas résisté. Évidemment que j'ai passé la journée étendu sur ta tombe. Affalé au fond de mon cœur grisonnant. Je crois que je me rase la tête, cette nuit. Me faut encore un rituel. Je suis sec et même l'ivresse me débecte.

Je ne comprends jamais rien à rien.
Si c'était à refaire, je me planterais encore.
Dans l'enthousiasme.

Quelles pages nous nous sommes écrites. Je ne connais pas un seul être vif qui se serait extirpé indemne de pareille foison. Quelles fraîches fontaines de fables ont fusé de la caillasse. Je vais dormir sur la dalle froide que tu m'as laissée en guise de corps et j'en mourrai pour la quatre-centième fois.

Viens me chercher, câlisse…

7 commentaires:

Gomeux a dit...

Va falloir qu'on se parle, elle et moi.
Un moment donné.
Peut être pas.
Qui connait quoi que ce soit anyway.

Bises.

gaétan a dit...

Câlins.

Doparano a dit...

J'ai tellement envie de te faire une grosse colle, de te bercer jusqu'à ce que tu t'endormes, j'ai le coeur en compote moi quand les gros gaillards sont meurtris.

xxx

Miléna a dit...

Ce sont des froissements de tissus trop bien décrits entre les pages d'un roman gondolé d'humidité. La vision d'un corps offert sur des négatifs qu'on lève dans la lumière. Une boîte qu'on retrouve dans le cagibot et qui renferme un foulard où on croit retrouver son odeur. Des mots qui arrivent entourés d'un halo, des mots atténués par la touffeur de l'air. Un jour, tes mains chercheront autre chose que sa peau. Un jour. Ouais. En attendant, y'a plein d'espace, ici, pour parler d'elle et de toi. Surtout quand tu en parles comme ça. Je n'aime pas ta tristesse, mais je me roule dans les mots que tu choisis pour la décrire. Tous nos bras ne remplacent sûrement pas les siens, mais ils sont là, quand même. Et la Gatchou pour te propulser hors du cimetière. Roule, Mac, roule...

Mistral a dit...

T'es bâti pour vivre cent ans, fais-toi une raison. T'as dû commettre des tas de saloperies dans une précédente vie, astheure tu payes karmique through the nose, t'es pris dans un monde qui t'émerveille et te met au désespoir, t'es fort comme un boeuf et tu n'as que quarante-cinq ans.

Moi, je veux savoir, if you don't mind too much, si ces tonnes de mots réapparus sont ceux que je cherche depuis un an à trouver un moyen d'exhumer de telle ou telle source.

Mon vieux hibou, me dis-pas que tu les avais seulement planqués.

É. a dit...

Je vous aime toutes et tous.

Mist, ce sont quelques années (4) de ce que j'ai perdu (20). Mais ce sont de bonnes années !

Mistral a dit...

Nice, then. Mais je jette pas la serviette. On va retrouver le reste.

Samson :-)