dimanche 31 mai 2009

Petit Rendez-vous en plein bois

Ponctuel comme toujours, Ambroise arrive au rendez-vous au mois près

Mon pote a encore rénové son colimaçon, qui en jette vraiment, depuis qu'il a repeint

Ambroise sourit, content de me voir


Toujours pressé, le voilà qui repart à pleine vitesse.
«— Shshtlllhlhlt » !
— Ouais, moi aussi !

samedi 30 mai 2009

München, tome 4

La Gaxuxa et sa nouvelle amie, devant la maison du chauffeur du jardinier de mon excellent pote Rüdi

Il ne fait toujours complètement beau, en mai, en Bavière

La Gaxuxa devant le chalet du cuisinier de l'écuyer de mon excellent pote Rüdi


C'est marrant, vers le milieu du siècle dernier, Munich s'est retrouvée avec pas mal d'immenses espaces libres de toutes habitations. On arrête pas le progrès. Comme disent certains, « No hay mal que por bien no venga »

vendredi 29 mai 2009

München, tome 3


Par les cornes de la Gaxuche, quel joli firmament !


Celle-ci n'aura de sens que pour les joualophones, mais bon…

München, tome 2

De rouler ainsi, sur la Gaxuxa presque nue, aisément, dans la douceur des ombres matinales, est une tendre jouissance qui, dans mon état de fatigue avancée, me tire des larmes. Je glisse en silence sous les grands frênes et une voie lactée de paresseux pollens dérivants s’illumine sur mon passage. Quelques uns se collent à mes joues, s’agglutinent sur mes paupières, se mêlent à mes cheveux. Gégé fait « bliblip » , il veut que je tourne à gauche. La librairie anglophone est juste là.

Je vais laisser la tempête passer et voir ce qui restera de moi.

jeudi 28 mai 2009

Regard qui en dit long
L'Oeil désarmant d'un vieil ami





Eh bien. Tout finit par s'expliquer. Je croyais qu'il était implicite qu'Ambroise se joigne à nous dès le premier jour, au départ de Sauve. Cependant, ce jeune et aventureux personnage a selon toute vraisemblance déplu à la femme du Consul de Constantinople et s'est retrouvé enfermé dans une impitoyable prison d'asperges. Il n'a eu d'autre choix pour s'évader que de grignoter un tunnel jusqu'au potager impérial, ce qui lui a pris tout l'hiver. Le problème, c'est que ce faisant, notre ami a quintuplé son poids. Pratique pour les sports violents, mais moins chouette pour les déplacements à dos de corbeau. Il est bien connu que ceux-ci refusent tout passager pesant plus de 30 grammes et Ambroise en faisait facilement 200 ! C'est donc finalement dans une cargaison de chou chypriote que mon ami est venu me rejoindre, après avoir transité par Baatum, Krasnoviarsk-les-Bains et Chisinau (qui se trouve sur notre route possible). Ambroise tient à affirmer ne pas avoir dévoré la moitié du conteneur de chou chypriote et je ne vois pas pourquoi nous devrions mettre sa parole en doute.

Son message est :
« Schltl, lsh, shlshlch ! » (Paix, amour, épiphragme !)

mercredi 27 mai 2009

München, tome 1

Très soudainement la tempête frappe au cœur d’une soirée très tranquille, après une journée au beau fixe. Les arbres perdent de petites branches, les portes des camping cars claquent, des tourbillons s’emparent de la rivière normalement placide. En catastrophe, les petits cayakistes rentrent au bord et tirent leurs esquifs sur la rive. Ma tente est non loin et je la laisse affronter toute cette merde seule. Je suis assis dans le bar déserté du camping. Ils font jouer les vieux succès gluants des années 80. Mister Mister est à l’honneur. Bof. M’en fous. Je jouis d'être à l'abri de la flotte.

L’heure est au bilan. Un mois, mille kilomètres, dont sans doute une des parties les plus difficiles du parcours. Partis trois, puis quatre, un sommet de six, puis encore quatre, et trois, et moi tout seul. Ça va, je songe sur les étriers, lentement. Je digère une vie complète. J’avais stocké des tonnes de tristesse compacte dans des chairs graisseuses, denses et lourdes, écharpes dérisoires que j’avais enroulées autour de mes éraflures. Mon amie sauvaine appelle-ça « jeter de la terre sur le feu ». Quarante ans de vieilles toxines fondent et s’écoulent le long de mes jambes, ruissellent entre mes omoplates, dans le creuset de mon sternum, dégageant une étrange odeur fade et fantomatique. Ça laisse de grandes traces blanches sur les vêtements, c’est si poison que ça irrite tout sur son passage. Idem pour les éliminations, ma pisse est du vitriol, ma merde de l’acide borique. Ça sort de partout. Mes oreilles et mes narines rejettent massivement tout ce qu’elles ont trouvé à brader dans la fournaise. C’est tout le corps qui se mobilise pour monter la prochaine côte, pour attaquer la vallée suivante, pour atteindre la pause du midi, pour trouver un bon coin à dodo… Je me liquéfie lentement sur les chemins d'Europe. Je dors des heures et des heures, des blocs soporifères pas possibles. Je me couche à neuf heures pour ne me relever qu'à dix. Parfois j'ajoute une sieste en après-midi.

La micro tempête est derrière nous et le couchant revient sécher les troncs et les feuillages. Je charge l’ordi au fond du bar. Hall & Oates à la disco. Pft. Je termine une immense Löwenbräu. München. Munich. Munich des droits de l'Homme, Munich petit bled de province, Munich capitale impériale. Munich de la tragédie Olympique, Munich d’Hitler et de ses rassemblements de brasserie. Munich déliée, relaxe, dilatée, impassible. Munich du touriste nippon ou floridien, vomissant sur un pont. Munich insaisissable, étendue, immense, mince comme une peinture de parking. Munich verte, aux parcs innombrables, à trois arbres par habitant. Munich à vélo, partout des cyclistes, mômes, vieillards, jeunes, biznessmen, pauvres, avocats, rastamen, sexygonzes, voies réservées partout, patience générale, calme, sérénité… Munich : trois meurtres par année, comparée aux trente de Montréal-la-paisible et aux trois mille de Washington, capitale des braves et des libres.

Je regardais les femmes, tout à l’heure. Passé la journée à me déplacer d’un endroit à l’autre à recherche d’un endroit où poser mon cul pour quelques jours. Je suis fatigué, j’ai un contrat à exécuter, j’ai envie d’en savoir plus sur Munich et la Bavière. Je regarde les femmes, donc. Je les regarde toutes. Toutes, toutes, toutes. L'une est jolie, l'autre a l'air triste, la suivante porte un sac trop lourd, sa voisine mâche un bonbon, à son balcon elle baille et passe sa main dans ses cheveux, elle sort de sa voiture en rentrant son gros ventre, elle replace ses seins après avoir traversé la rue, elle protège son café en carton comme s'il s'agissait d'un petit bébé grippé, elle cliquète-clic-claquette sur ses talons roses pour ne pas être en retard, elle est en accord absolument parfait avec les diktats de la mode anti-fashion, elle balade son enfant dans son ventre ovale et puissant, elle se frotte les yeux elle n'a pas dormi mais sourit discrètement l'heureuse crapule, elle sort tout droit d'un film, engoncée dans une rayonne bleue électrique qui lui fait jaillir les saillies et chatoyer les chairs-de-poule…

— Ah oui ?!
À un certain moment, un vieux débris, monté sur un cyclo-tacot d’un autre siècle, grinçant de rouille et d'usure, monte à ma hauteur en marmonnant en vieux bavarois. Ce qui est drôle, c’est que je suis à peu près certain de comprendre le long paragraphe qui m'est adressé :
— Ah oui, celle-là ? La grande brune ? Et sa gueule ? Elle te dit quoi, sa gueule, fils ? Elle a l’air intéressante, dis ? Tu aimes, la tronche qu’elle fait, oui ? Tu aimes ? Tu as envie de cette moue tous les jours chez toi ? Cette tête de snob ? Cette fermeture ? Ce renfrognement satisfait ?

Feu rouge. Nous mettons pied à terre. Je le regarde d'un air curieux. Le vioque parvient à cracher un jet de salive brune sans retirer son bout de cigare. Il reprend :
— Pis, t'as vu ses fringues, fillot ? Tout assorti ! C'est bien ce qui pue, ici. T'as pas remarqué, non ?
— Mais, mais… Euh… Qui…
— Mentalité de panoplie !… C'est pas pour toi, ça… baroudeur. Forget it. Nicht gut. Pipi de chat ! Das izt scheiße !
— Oh, c'est toi ?
— Du bizt krank ! Your star awaits… ¡ Hasta que nos veremos !

Mais il était déjà loin en haut de la colline. Une heure plus tard, je retrouve un autre vieil ami, juste en travers de la route. Incroyable. Décidément, c'est le rassemblement.

mardi 26 mai 2009

Des papillons par milliers parsemés sur mon chemin

J’écris ceci tapi dans la forêt de Landsberg. C’est la tombée de la nuit. Ils viennent de tous se taire, mais j’étais jusqu’à maintenant au milieu d’un concert d’oiseaux dont le chant rappelle la mélodie de Limelight de Chaplin. Il y a maintenant autour de moi de drôles de bêtes qui émettent des cris étranglés qui ressemblent à de très bruyants gargouillements d’estomac. Des hélicoptères vrombissent au loin. Il y a un je ne sais quoi de sinistre dans le vacarme même lointain d’un groupe d’hélicoptères qui tournoient. Comme si rien de bon ne pouvait justifier leur emploi. Pourtant, si ça se trouve, c’est une livraison de fleurs, l’arrivée de Bob Dylan ou l’accouchement d’un panda !

Depuis des jours, depuis que je déroule le lacet sinueux des collines bavaroises, je roule parmi les parpaillous. Des milliers ! Que dis-je ? Des millions ? En fait, je crois savoir ce qui est advenu des billions perdus par les banques. Ils ont tout misé sur les papillons. Et c'est un pari réussi ! Ils sont partout. Ils caracolent, virent et ziguezaguent comme des hystériques autour de la Gaxuche, puis se reposent en se chauffant les ailes sur la piste cyclable. À chaque instant, dix pénètrent mon champ de vision, petits triangles oranges, rouges, bleus. Nous les évitons avec succès, la Gracieuse et moi. En une semaine, pas un seul incident regrettable.

Le bonheur.

dimanche 24 mai 2009

vendredi 22 mai 2009

Une mission d'amour

Bonjour toutes et tous. Je ne trouve jamais le temps pour faire les choses, moi qui roule si lentement d'un bout à l'autre du monde. C'est absurde. Quoi qu'il en soit, en voici une, de chose, qui traîne depuis des semaines. C'est chez ces messieurs que j'avais acquis Rosie, il y a onze ans, maintenant. Et ces messieurs m'ont filé un sacré coup de main à l'œil en faisant parvenir mon devis original à Astrid, l'avocate dévouée qui s'occupe du cas Rosie qui m'oppose en justice à un certain hôtelier du Sud de la France.

Bref, à vous qui habitez Montréal et vous sentez d'humeur généreuse, voici ma requête : portez-donc une bière, des bisous ou des chocolats pour moi à Pierre et son équipe de chez Garantie Bicycle : 857 rue Marie-Anne Est, Montréal, QC, H2J 2B1, 514-527-3021.

En vous remerciant full planche,
É.

mercredi 20 mai 2009

lundi 18 mai 2009

Winterthur, capitale cycliste

Il est littéralement hallucinant d'arriver à Winterthur à vélo. La ville est une sorte d'anomalie cycliste dans un pays déjà très entiché de la petite reine. Dès mon arrivée au centre-ville je suis abordé par Roman, un type violemment sympathique qui m'offre une bière. Il est cyclotouriste. Il me raconte qu'il est parti de son appartement à Winterthur, il y a quelques années, pour rouler jusqu'en Australie. C'est là qu'il a rencontré sa femme ! Il me raconte tout ça, le camping dans la neige, les escalades tibétaines, les traversées en esquifs semi-sécuritaires, et tout ce temps autour de nous les Koga valsent à la rencontre des Scott, les Long Haul Truckers croisent les Giants, tous équipés pour rouler pour vrai, avec portes-bagages avant, selles de cuir, guidons papillons, cages-à-bidons multiples… Pour une fois la Gaxuxa ne fait pas trop objet de curiosité.

Ce soir-là je suis hébergé chez des… cyclovoyageurs ! C'est par le réseau Warm Showers que j'obtiens ce contact. En fait, trois autres cyclos acceptaient de m'héberger à Winterthur. Incroyable. Ma fantastique hôte a fait l'Asie du Sud-Est et l'Océanie, sa coloc a traversé le Canada d'Est en Ouest, un voisin a fait le tour du monde… Nous garons la Gaxuxa dans un hangar bourré de randonneuses de rêve. Winterthur, à ne pas négliger pour quiconque traverse la Suisse à vélo.

La Suisse en quelques vignettes

Un quadragénaire de 200 kg qui joue avec ses caniches à la sortie d’Olten et glapit avec une voix d’enfant qui craque comme le fard sur la joue d’une momie.

— o —

Une jeune femme devant la gare d'Olten, qui tombe de son vélo en se prenant un caillou juste devant moi. Elle pose pied et me regarde, toute rouge de honte, pas parce que ses seins ont jailli de son chemisier, mais parce qu’elle a perdu son cool. Comme je suis tout maladroit avec la Gaxuxa pleins-bagages à la fin d'une longue étape et que je souris généreusement, elle se rassure et me rend mon rictus. Ensuite elle répond à mes questions et insiste même pour me conduire à vélo jusqu’à ce café Internet que je cherche. « Come ! ». La route m'a rendu timide, je ne prononce pas les mots qu’il faudrait pour la retenir. C’est si étrange de passer de la solitude en forêt à la soudaine interaction sociale. Elle file sur son vélo rouge, emportant ses taches de rousseur et sa poitrine rosissante. Eh, con !

— o —

Il est 20 heures, je suis fourbu, il pleut. Je voudrais une auberge de jeunesse pour dormir au sec. Je demande à la ronde et le lit le moins cher en ville est 100€. Je continue à interroger tous les types que je croise, espérant le bon samaritain. Je questionne trois jolies Suissesses à la terrasse d’un café. Elles ne savent pas, mais sont bien sympathiques. Une court chercher le serveur, qui hausse les épaules en Allemand et finit par me conseiller une ville voisine, où peut-être, il croit… c’est à 20 km, donc à trois minutes à vélo, il me dit… C’est là qu’un grand type a l’air futé s’approche, une immense chope suante à la main. Il me demande si c’est un endroit pour dormir que je cherche. Je dis oui, il sourit d'un air sympathique et je me vois déjà dans une baignoire en train de lire le journal. Il veut savoir si je peux dormir n’importe où. Bien sûr, je fais, imaginant qu’il va me proposer son grenier ou le plancher de la cave. Avec un imperceptible sourire, il me donne alors les directions pour la forêt, celle-là même d’où j'arrive, dans laquelle je viens de pédaler deux heures.
— Je sais, je dis. J’en arrive. Mais il pleut.
— Oh, il rétorque.
— Uhm… j’ajoute.
Il recule d’un pas ou deux. Il a été aussi loin que son sens de l’hospitalité pouvait l’emmener. Je dis dankeschone et tout…

— o —

Il y a plusieurs dames qui se baladent en Suisse avec des pantalons d’exercice dont les fesses sont ornées du mot anglais « JUICY ». Faut voir.

— o —

Les Suisses de Zurich ne sourient pas. Au Québec, on dirait qu’ils ont la baboune. Rares sont ceux qui rendent un salut ou sourient en retour à un étranger. Ça doit devenir bien long et triste, toute une vie dans cet état.

— o —

Il semble y avoir une obsession Suisse du téton. Les pubs insistent lourdement (oui, plus encore qu'ailleurs), les dames qui voient qu’on les regarde s’empressent de vérifier leurs seins (oui, oui, toujours là), les décolletés vertigineux font la nique aux Alpes de façon généralisée… J'ai un pote état-unien qui aime dire « The USA invented tits ». Je crois qu'il y a de la concurrence. Rien n'arrêtera la Suisse laitière.

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Il coûte nettement moins cher de dormir dans un dortoir à l’auberge de jeunesse que dans un camping. Encore plus fort, les campings oublient souvent de mentionner que les douches sont payantes, branchées sur un système à pièces de monnaie, comme dans une arcade. 2 FR le 3 minutes. C’est pourtant la douche, qu’on paie, nous cyclonomades, quand on paie pour un camping. Le reste, nous l’emportons dans nos sacs. Sale affaire !

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Je ne sais toujours pas ce que c’est d’embrasser une Suissesse. Ça me désole vachement.

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Il y a beaucoup de S dans « Suissesses ». Ça évoque tous ces vallons, toutes ces courbes et ces buttes. Quand on y songe un tantine, c’est parfait. Puis quand on trace une route à deux voies bien droite au travers d’un S, on se retrouve, uhm, avec un signe de pia$$e.

Eh pays de la saucisse !

Une Jalon, entre Biel et Terre



Ce que Gégé a roulé depuis Cognac. Avant, il y avait eu la Loire, la Vendée et les Charentes, 1400 km. Dans quelques mois, ça fera donc 10 000 et je fumerai un cigare.

samedi 16 mai 2009

vendredi 15 mai 2009

Gouttes

mercredi 13 mai 2009

Chez Monsieur Lénine




Oui, vous avez bien lu. Avril 1917. Vladimir Oulianov, alias Lénine, habite en Suisse, dans un petit quartier cossu de Zurich au moment de la révolution russe, qui se déroule entre décembre 1916 et février 1917. Étonnant, non ?

Le long du Lac Neufchâtel





mardi 12 mai 2009

L'Odyssée



Chers lecteurs zé lectrices, je passe rendre visite à monsieur James Joyce demain. Comme d'habitude, je poserai de petits cailloux sur sa pierre tombale votre honneur. J'attends les requêtes. Voilà. Bisous.

samedi 9 mai 2009

Sur la route des lacs







Je passais devant, alors je me suis dit, pourquoi pas une tite-photo ? Un monsieur qui sortait d'une grosse conne de limousine noire me l'a interdit. Eh, beh… J'ai souri et fait l'idiot. Il a insisté :
— Mêê prenez-la plus loin, là, votre photôô, hein ?!
— Non, non, c'est ici que je la veux. Devant la porte.
— Mêê non, là… Prenez-là plus loin, là…
— Je prends cette photo en tant que Montréalais. Au nom des fumeurs montréalais ! Nous avons acquis un droit ! Une portion ! Eh, eh, eh…

Il a couru à l'intérieur et ça s'est mis à s'énerver. Les gros gardes de l'image olympique se grattaient la bedaine en me regardant. Probablement qu'ils se demandaient si j'étais dangereux ! Hi, hi, hi. J'ai pris ma câlisse de photo et j'ai crissé mon tabarnak de camp.

Coup de collier

Journée atroce, hier, en sortant de Lausanne. Je me suis paumé, j'ai chopé des collines atroces, j'ai fait du zig-zag… Fini par m'arrêter vers 18h presque au même endroit d'où j'étais parti, frissonnant, tremblotant, pris de crampes, de toux, d'étourdissements. La vraie étape pourrie de chez Waschkaka. Dormi dans un camping, par paresse, par fatigue. On m'y a offert un carré de terre sèche entre deux roulottes et la douche coûtait un franc suisse par 3 minutes. Un kilomètre plus loin, je dormais dans la forêt pour zéro sous. Je m'en flagelle encore. Bon. C'est fait, oublions.

Juste comme je termine mon repas, un couple de vieillards français arrive à vélo. Ils viennent de faire 137 kilomètres dans les montagnes, avec une remorque. Z'ont même pas l'air fatigués. Je m'endors en me disant que je devrait peut-être trouver une autre occupation. Toute la nuit je rêve à ce nombre : 135 km. Bon sang. De la Haute-Savoie au Lac Neufchâtel. J'en fais des cauchemars.

Je me suis levé triste, avec l'impression d'être absurde, de ne pas connaître la partition. Ça m'arrive souvent. Soudain, un message de mon pote Joey. Nous nous donnons rendez-vous à Estavayer pour la pause du midi. Comme toujours, il chasse mes nuages gris et je repars galvanisé. Je décide de me rendre jusqu'à Biel, l'objectif original du jour, même si j'ai gaspillé la journée d'hier. Ça compenserait. Bon, c'est pas 135, et c'est sur le plat, pour la plus grande part, mais euh… De retour en selle, mettons.

Guten Abent…

vendredi 8 mai 2009

Précipitations

Pluie. Pluie, pluie, pluie. C'est apparemment mon destin de commencer mes expéditions dans l'eau. Les prévisions ? 10 jours de pluie. C'est très bien. Une journée, j'aurais eu envie de rester à l'abri. Mais là… 10 jours de plus en Suisse et je serai ruiné complètement. Alors… en route et tant pis. Yup. Coudonc.

Sur une note plus joyeuse, je déclare tout de go que le Guesthouse de Lausanne est un endroit que je recommande chaleureusement, que je ne saurais trop encenser. TOUS les employés sont chouettes et souriants, c'est d'une propreté et d'un fonctionnalisme ahurissant, pas trop cher, bien situé, hospitalier, écolo, machin. Voilà, de temps à autres, une note parfaite, ça peut arriver. Hop.

En selle !

mercredi 6 mai 2009

Dortoir

J'ai un boulot alimentaire à terminer qui nécessite Internet. Je me suis donc posé ici, à Lausanne, dans une chouette auberge de backpackers. Je partage un dortoir avec deux gentils pakistanais.

Tout va bien, ils sont polis, calmes, discrets. Je sors prendre une marche et je rentre une heure plus tard. Un quatrième type s'est ajouté à la bande et soudainement la chambre sent la marde. Un des chambreurs me regarde en roulant des yeux. Après dix minutes, je me lève et j'ouvre la fenêtre. Personne ne s'en plaint. La fatigue du voyage a raison de moi et je finis par m'assoupir malgré l'inconfort. Le puant se lève en silence ce matin à 6h et après son départ, la nauséabondance disparaît progressivement.

Je songe parfois au fait que l'odeur vient de molécules en suspension dans l'air qui se déposent sur des capteurs situés dans les narines. C'est-à-dire que de petites particules sont sorties de son cul, à ce type, et ont flotté jusque dans mon nez. Et depuis qu'il est parti, son cul ne génère plus de ces particules et celles qui étaient présentes se déposent doucement dans la chambre, sur le plancher, sur la poignée de la porte, sur mon sac de couchage, le long de la fenêtre, dans mes cheveux. En tout cas. S'il revient ce soir, je le balance par la fenêtre. Je parie un chocolat suisse que les deux Pakis m'aideront.

samedi 2 mai 2009

Otis