mardi 30 juin 2009

Vojvodina - 2

Adieu, plats pays

Loin derrière, les Carpates, premier aperçu



Derrière cette crête, le Danube, encore lui


Voyage au bout du ciment

lundi 29 juin 2009

Vojvodina - 1

Les portes de fer, un thème


J'ai posé le pied en Croatie. Ce que j'en ai vu m'a bien plu. Photo

vendredi 26 juin 2009

mercredi 24 juin 2009

Bartók Béla, le mal aimé




— Bonjour, savez-vous où se trouve la tombe de Béla Bartók ?
— Qui ?
— Béla Bartók.
— Connais pas.
— Bartók Béla ?
— Aaaah Bartók Béla !
— Oui, Bartók Béla.
— Non.
— Si vous voulez, je peux mettre un caillou sur sa tombe en votre nom.
— Non.
— Oh ?!
— Je n'aime pas Bartók Béla.
— Ah ?
— J'aime Listz Franz.
— Listz Franz, oui.
— Oui.
— Mais pas Béla B…
— Bartók Béla.
— Oui.
— Non.
— Personne ne semble l'aimer, ici, à Budapest, c'est bizarre.
— Uhm… J'aime Listz Franz.
— Moui.
— Mettez-moi un caillou pour Listz Franz.
— Mais sa tombe est ailleurs.
— Non, il est de Budapest.
— Oui, mais mort ailleurs.
— Non. HONGROIS.
— Ok.
— Listz Franz.
— Oui.
— Même qu'il y a la rue Listz Franz. Et un monument Listz Franz.
— Je sais, oui.
— La preuve.
— Bon.
— Oui.
— Il y a aussi la statue de Shakespeare William.
— Oui. Mettez un caillou. Roméo et Juliette.
— Juliette et Roméo.
— Oui.
— Quel métro pour la tombe de Shakespeare ?
— Je ne sais pas, je suis Croate de naissance.
— Il était pas plutôt de Zagreb, Shakespeare ?
— Vous croyez ?
— Presque.
— Uhm… Possible.
— En tout cas, Guy Lafleur, c'est 100% certain, il est de Split.
— Qui ?
— Guy Lafleur, voyons, Lafleur Guy !
— Ah !
— « LAFLEUR SPLITS THE DEFENSE ! »
— Oui.
— Merci et au revoir.
— Vous êtes d'où ?
— Réal-mont, au Bec-qué.

Un Pour mon chum Boule-de-Gom



Les Hongrois ont une sacrée mémoire. Même les plus étourdies des jeunes filles se rappellent de l'époque de l'Empire et tiennent bec et ongle à affirmer qu'Alexandre Graham Bell, Napoléon et les spaghettis viennent de Hongrie. Tout de même, ça fait plaisir de voir qu'une ville se souvient de ce pauvre génie de Semmelweiss et lui rend hommage de si jolie façon.

Bonne Saint-Jean

mardi 23 juin 2009

Szodliget, Suite et Fin





C'est un brin bizarre, la Hongrie. Au milieu de cette banlieue lavalloise qu'est Szodliget, il y a ce… vestige.

La Gaxuxa en Hongrie

On dirait que tout a changé depuis que nous avons posé les roues dans l’immense plaine hongroise qui sert de vestibule à l’autre monde. Le véritable passage vers l’orient est devant nous. Nous passerons dans quelques jours les Portes de Fer, cette ouverture par laquelle le Danube plonge vers sa destination ultime, la Mer Noire.

Dans la vallée hongroise règne une étrange atmosphère irrésolue, une sorte de vide de direction ; comme si les vents cherchaient où fuir, par quel creuset s’échapper, à quelle corniche s’entortiller pour retourner à l’azur tremblant. Nos montures épuisées s’y font soigner et nous passons la journée à manger, boire et dormir. Le poids de ce qui est accompli et la densité des perles légendaires laissées derrière, les Genève, Lausanne, Zurich, Munich, Passau, Linz, Vienne, Bratislava, Budapest, semblent aspirer le désir de la suite, d’une certaine manière, et ce fantasme de vieilles pierres et de stupéfaction historique laisse de plus en plus place à un vague désir de frugalité, d’isolement, de rusticité. L’humanité cède à la végétation, par ici, et il semble que nous n’allions pas nous en plaindre.

Je suis levé depuis l’aube, comme toujours. Il est plus de onze heures. La moitié d’une omelette traîne sur le réchaud, que j’ai préparée de bon matin, affamé. Ooh, je laisse le pote dormir, évidemment. Je ne ferais que me réjouir d’en pouvoir faire autant. Je suis bien. J’ai terminé de relire encore une fois Pan de Hamsun, que je compte donner à Vincent quand il se lèvera. Puis, j’ai transcrit des passages. Je n’avais jamais remarqué avant cette lecture que John Fante citait Hamsun dans le titre de son plus célèbre roman.

Les heures passent et c’est très bien ainsi. Je vais bientôt sortir ajuster quelques trucs sur la Gaxuxa. Hier elle a rencontré un vélociste sérieux ; une fois n’est pas coutume. Elle est sortie toute propre, la chèvre basque : nouveau pneu arrière, nouveaux patins de freins, graissage, télescopique révisée, guidon resserré, nouvelle chaîne, nouvelle cassette, nouveaux rayons. La route l’avait stigmatisée durement. Elle est prête à la suite. J’ai envie de foncer. Je partirais cette nuit, je partirais tout de suite, je partirais hier. J’ai l’euphorie des distances folles que mes jambes peuvent désormais m’offrir. L’Humanité ne parviendra jamais à célébrer adéquatement l’invention fantastique qu’est la bicyclette. Bien sûr, le vélo n’est pas une, mais des inventions. Un tissu d’inventions. Mais la somme de toutes ces idées et de tous ces rêves conjugués, la synergie de toutes ces ruses et de tous ces stratagèmes a engendré ce petit miracle, ce surprenant et modeste cadeau divin de l'humanité à elle même qu’est l’insoupçonnée, la chaste, l’inconnue bicyclette.

Oui, ils sont des précurseurs, les quelques milliers de chanceux à avoir découvert avant les autres les possibilités sidérantes qu’offre cette innovation. Elle a pourtant plus de cent ans, mais ce n’est qu’aujourd’hui, du moins au cours des deux ou trois dernières décennies qu’il est venu à l’idée d’une masse critique (et en développement exponentiel) de gens qu’il était possible dorénavant de vivre ainsi. Oui, pour trois bouts de chandelles et la dépense vertigineuse d’une visite crue et prolongée en propre tréfonds, le Monde entier est à la portée. La Terre est un fruit mûr que la petite reine dépose au creux de nos mains.

lundi 22 juin 2009

Pomme de…

mardi 16 juin 2009

Au cœur du Kisalföld



La Mule et la Gaxuxa, pleinement chargées…


lundi 15 juin 2009

Entre Wien et Bratislava



Des Cailloux pour Bartok



Dans quelques jours j'entrerai dans Budapest.
Béla Bartók y repose.

dimanche 14 juin 2009