mercredi 30 septembre 2009
Sur la piste de Bremerhaven
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mardi 29 septembre 2009
lundi 28 septembre 2009
Sur la Cruise
Nous marchons toute la journée en compagnie de mon pote Rüdi. Il est très fier de sa ville et, même s’il habite surtout Munich désormais, c’est au sujet de Hambourg qu’il est intarissable. Il aime bien rappeler que si cette ville est très ouverte, c’est qu’elle abrite un des plus grands ports du monde depuis près de mille ans et que, fatalement, elle en a vu passer, des phénomènes. Rüdi en est d’ailleurs un, de ceux-là, et pas des moindres. Nous discutons dans le métro au sujet d’un film ? Il se lève et demande poliment aux autres passagers :
— Bitte mein damen und herren, qui se rappelle du nom du troisième personnage principal de Easy Rider avec Peter Fonda et Jack Nickolson ? Non, ce n’est pas Robert Duvall, ni Michael Douglas…
Les gens se prêtent au jeu de bonne foi.
— Dustin Hoffman ?
— Peter Sellers ?
— Robert Duvall ?
— NEEEIN-Neeeein !
Toujours une bière à la main, il ne manque jamais de trinquer avec les nombreux concitoyens qui se baladent la pils, qu’il les ait déjà vus ou pas. Nous faisons le tour de la vieille cité et du port avant d’échouer sur une plage. Quelqu’un a étendu une banderole dans le sable, un truc jaune qui semble mesurer un bon kilomètre. Nous buvons une petite blonde bien fraîche lorsqu’un groupe de nanas à casquettes oranges nous aborde. Grosso-modo, on nous propose ceci : si nous acceptons d’attendre une demi-heure et de tirer une ficelle pour hisser cette bannière au passage d’un certain navire dont c’est le dixième anniversaire, nous aurons droit en contrepartie à une croisière de quelques heures sur l’Elbe, à un buffet somptueux et à des consommations alcoolisées à volonté. Nous prenons bien le temps de réfléchir avant de répondre par l’affirmative. Trois dixièmes de secondes, il me semble.
Ensuite nous attendons en devisant sur la plage, nous tirons la ficelle, saluons le vaisseau, et hop ! Suffit de marcher jusqu’au quai, où une véritable festinette nous attend. Ces innocents armateurs n’avaient pas réalisé ce qu’ils faisaient en prenant Rüdi, Loulou et moi à bord du même bateau. Ah, ah, ah. J’ai arrêté de compter vers les 20. Miam. En plus de tout le reste, il y a dans cette croisière une petite fée avec laquelle j’échange des rictus depuis la plage ! Dès que la bière m’a créé un bon fond de désinvolture, j’attaque.
— Salut. Je voulais te dire au-revoir parce que je dois partir.
— Oh. C’est une chouette fête, pourtant ?
— Euh. Uhm… Bon, OK, je reste. Mais c’est parce que tu insistes.
— Je déteste nager des kilomètres la nuit dans l’eau glacée entre les navires du port.
— Oah, les points communs ! Moi pareil !
Je la laisse. Je reviens un peu plus tard avec trois vodkas et je trinque avec elle et sa copine avant de me tirer de nouveau. Puis je n’hésite pas à me planter entre deux cro-magnons qui l’entreprennent sans subtilité. Le plus gros me pousse du coude et me marche sur le pied et j’éclate de rire à son nez. Je suis dans une telle forme que je décide de le jeter par-dessus bord s’il continue. Soit mon sourire le charme, soit il voit dans mes prunelles que sa mort fait partie de mes projets à court terme, en tout cas, le voilà qui change de table en entraînant son assistant dans son sillage. La fée se gausse. Moi aussi. Elle dit comme ça :
— On se marre. Par contre, ça m’irrite d’être prisonnière de ce machin, de ne pas pouvoir quitter quand je le veux.
— Ah. Pourtant, tu t’amuses ?
— Mais oui.
— Nourriture à volonté, alcool gratuit, agréable compagnie (sa copine s’esclaffe), balade enchanteresse sous les étoiles, tangage et brise fraîche… et tu songes qu’à filer ?
— Oui.
— Tu dois être une conjointe horrible qui sort le détonateur et la dynamite dès que ça fonctionne à plein régime ?
— Oui.
Sa copine opine.
— Je vais peut-être effectivement nager, alors. J’ai une subite envie de fuir, moi aussi, mais dans la direction opposée à la tienne.
— Eh, eh, eh.
— Uhm…
— Par contre, je dois dire qu'un cyclomalade qui passe par mon patelin pour trois ou quatre jours, assuré de foutre le camp avant la fin de semaine, ça me semble parfait !
— Oh. Uhm-mh… Ooooh. Uhm… Oooh…
— Alors, voici mon courriel.
Elle griffonne sur un papier que sa pote s’empresse de lui fournir. Mes doigts tremblent un peu. Il va me falloir deux autres pils.
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dimanche 27 septembre 2009
En Berne en tabarnak

Il était pote de mon oncle préféré et avait tourné ses premiers films avec la caméra de mon grand-père. Falardeau, c'est un coup dur. Le Québec perd un de ses derniers vrais amants. Égoïstement, je perds un allié. Il avait été un des seuls à défendre mon droit d'écrire mes dialogues comme j'en avais envie. Les quelques longues et profondes conversations que j'ai eu la chance de partager avec lui m'ont rempli de force et de puissance pour des semaines et des mois. Je l'aimais.
Le Temps des bouffons est mon film québécois préféré.
Envole-toué loin, loin, loin, asti de vieux fou ! Pis reviens-nous vite.
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Sujet : Dérailleurs, Mémoire, Réflecteurs, Échappées
samedi 26 septembre 2009
Ma Vie de Hamburger, tome 4
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vendredi 25 septembre 2009
En Berne

Tu avais écrit un livre qui m'avait touché, on s'était croisés quelques fois, et ta disparition me bouleverse complètement. Je te dédie mes coups de pédale de demain, allez. Vas en paix.
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Sujet : Mémoire
Bordures
L’air est parfaitement clair et l’azur semble immobile au milieu des draps séraphiques qui s’étiolent d’un horizon à l’autre. Les deux vélos tanguent et dansent le long de l’Elbe dont les longues courbes étendent leurs cambrures dans la vallée saxonne.
— On va bientôt manquer de lumière.
— Chaque jour un peu plus tôt…
— On trouve un coin ?
— Y a qu’à.
Depuis des heures les lieux propices se multiplient et leur nombre inouï rend paradoxalement le choix difficile. Soudain, l’Elberadweg remonte sur une jetée. Nous apercevons au loin une sorte de tour de guet en briques jaunes qui barre la plaine. Après quelques minutes, nous sommes assez près pour voir que le bâtiment est adossé à une marina désertée. Les terrains autour sont gazonnés et encerclés de haies et de bosquets. Loulou propose d’y planter les tentes. Nous n’avons pratiquement plus d’eau, mais après hésitation, j'acquiesce en me rappelant toutes les fois où la quête du mieux a été l'ennemie du bien. Nous attendrons simplement qu’il fasse presque noir pour s’installer.
Un type vient en jeep décharger des branchages qu’il balance par-dessus un tas servant de clôture entre les pelouses de la marina et la route qui se trouve à trois cent mètres. Nous allons lui demander la permission de camper là et il accepte sans hésiter.
— Kein problem, kein problem.
Ça se passe si bien que je tente ma chance en lui demandant si, à son avis, nous pouvons trouver de l’eau à la marina. Il n’est pas certain, mais finit par m’expliquer qu’il doit retourner chercher du bois et me ramènera de l'eau si je le lui laisse un récipient. Nous nous empressons de lui filer deux bidons d’un litre et je lui offre une nectarine. Il me regarde très intensément pour un instant et accepte avec un sourire étonné. Il revient un peu plus tard avec les bidons pleins. Nous lui offrons de manger avec nous, mais il refuse. Il explique un truc que nous ne pigeons pas, un truc en rapport avec sa femme. Il remonte dans son véhicule et file.
Une demi-heure passe et le revoilà, accompagné de la dame en question, une petite blonde hilare. Ils transportent chacun un panier, le premier rempli de bière et le second contenant de la vodka, du vin, du jus et des croustilles. Nous éclatons tous de rire. Lui et moi buvons la bière et la vodka tandis que Loulou et sa femme travaillent sur le jus et les croustilles. Après deux bouteilles, l’homme m’explique qu’il doivent retourner à la maison, mais qu’ils reviendront à vélo, ce qui leur permettra de boire plus sérieusement. Nous décidons de bâtir un feu, le tout premier de l’expédition, que nous dédions à Mélissa, proto-mollette de la première heure qui a dû nous laisser partir sans elle, mais qui entretenait beaucoup d’espoirs quant aux feux de camp de l’expédition. Nous parvenons rapidement à élaborer un impressionnant bûcher avec la contribution de divers tas de bois sec découverts ici et là.
Ils reviennent à la noirceur, transportant encore plus de bonnes choses. Loulou a droit à un chocolat chaud à l’amaretto, qu’on ne me propose pas. Nous, les hommes, continuons la bière, entrecoupée de rasades de vodka aux cerises. Il y a bien une caisse entière ! Nous amis en profitent pour nous expliquer qu’ils sont les fondateurs d’un club de sauna. La moitié des habitants de Cumlausen en sont membres et chaque hiver ils se jettent dans l’Elbe glacée avant de sauter dans la chaleur du saunamobile qu’ils ont confectionné à partir d’un immense baril de chêne. Ils nous quittent deux heures plus tard en chancelant et nous proposent de revenir nous chercher à vélo le lendemain matin pour qu’on aille tous prendre le petit-déjeuner chez eux.
Cette nuit-là il fait si froid que ça me réveille. Entre trois et six heures du mat, je grelotte tant, malgré tout ce que je peux empiler par-dessus mon sac de couchage, que je n’arrive pas à fermer l’œil. Il faut dire qu’avec toute cette bière, je dois bien sortir de ma tente un minimum de cinq ou six fois pour arroser les rhododendrons ! Stephan est là pile-poil à huit heures, mais nos toiles sont littéralement mouillées de rosée. Nous filons chez lui avec tout notre matériel sauf les tentes et les bâches, qu’on étend au soleil et qu'il faudra revenir chercher ensuite. Nous sommes accueillis par un festin sur la terrasse, où nous dévorons des spécialités locales à belles dents, entourés de chats, de chiens, d’oiseaux, de tortues…
Nous apprenons alors que nous avons dormi en plein dans le no-man's-land qui séparait jadis l'Allemagne de l'Est du pseudo-Monde libre. La vieille tour servait aux impitoyables gardes-frontière staliniens, chargés d'empêcher les uns d'aller visiter les autres, comparer les vodkas ou tâter la laine du mouton voisin.
Ce n’est que vers 11h que nous nous mettons véritablement en route, encore une fois le sourire fendu jusqu’aux épaules, sous un soleil radieux mais clément. Au-dessus des vélos, les volatiles migrateurs forment leurs interminables cancans. Des dizaines de vaches assoupies digèrent en silence. Les branches et les nuages valsent avec nous vers l’Ouest et nous voilà en train de croiser quinze nœuds sur une mer de verdure.
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jeudi 24 septembre 2009
Ma Vie de Hamburger, tome 3
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mercredi 23 septembre 2009
Ma Vie de Hamburger, tome 2
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mardi 22 septembre 2009
Ma Vie de Hamburger, tome 1
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Elberadweg vers Hambourg, bis
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lundi 21 septembre 2009
samedi 19 septembre 2009
La Voisine des Grimm


Primo, on s'étonne de constater que sa peau métallique et celle de sa jumelle ne soient pas plus polies à certains endroits qu'à d'autres. Il est pourtant bien difficile de résister à l'envie de contribuer à la patine de ces froides épidermes dont le destin a voulu que les frères Grimm soient les observateurs éternels pour les siècles des siècles. Y a pire endroit pour passer la fin des temps et c'est ce qu'a l'air de se dire cette indécente coccinelle, que je n'ai pas pu ne pas croquer.
vendredi 18 septembre 2009
Brecht

J'ai pris la liberté de poser cinq cailloux de mon propre chef sur la pierre de monsieur Brecht. Un pour la metteure-en-scène Marie-Dominique Cousineau, qui m'a fait découvrir cet immense auteur dont je ne connaissais que L'Opéra de quat' sous. Elle m'avait confié le personnage d'Arkadi dans sa production du Cercle de Craie caucasien, aux côtés de mes amis Ferenc Kovacs (L'Empereur), Jacques Poirier (un des grands guitaristes de sa génération) et Sarto Gendron. C'est au cours d'une représentation que je fis la rencontre d'une grande dame, la très créative miss McDoodle. Pour chacun d'eux, un caillou. Le mien est une assez grosse pierre rouge toute polie que j'ai ramassée pour lui sur une plage de la Mer Noire et transporté dans ma poche sur quelque 2000 km. Les autres se reconnaissent.
jeudi 17 septembre 2009
mercredi 16 septembre 2009
mardi 15 septembre 2009
lundi 14 septembre 2009
Tragédie !
Ma chaussette gauche, fière représentante d'une paire glorieuse et vénérable, membre d'un couple qui fait la fierté de mes tiroirs à layette depuis au moins une décennie, ma chaussette gauche, donc, s'est mise à se tortiller dans ma sandale (oui, je sais, certaines âmes égarées parmi vous consentent à laisser des olibrius de la tivi les priver de la joie de porter des sandales toute l'année sous prétexte que ça serait démodé d'y insérer une innocente petite laine, mais je demande à ceux-ci-ceux-celles-saucissons d'aller visiter le site de Elle-Sénégal ou celui de Exrete-Makeover pendant que je poursuis cette fascinante lancée, quasi-interrompue par toutes ces considérations superficielles en plein dans l'intro, là où mon souffle s'apprêtait à prendre son envol et euh, mon envolée prenait son souffle, si on peut dire, n'est-ce-pas, et c'est sans compter que j'ai dépensé tous mes traits-d'union-pour-la-semaine-on-dirait).
Donc, je marchais dans Berlin, tout à l'heure, et ma chaussette se retournait continuellement, de telle façon que je me retrouvais à marcher sur le dessus de pied, qui faisait un petit pli très fatiguant. Trois fois j'ai dû la remettre en place, et pour cela retirer ma sandale, ce qui ne se fait absolument pas sans perdre au moins une bonne dose de sa crédibilité urbaine, j'en conviens. Je me trouve maintenant à l'abri des regards impitoyables des passants de la capitale, mais je dois prendre une décision. La droite n'a rien fait, elle. Mais si je me décide à sévir et à condamner la gauche, c'est toute la paire qui ira finir sa portion d'éternité dans les montagnes de déchets berlinois. Une victime innocente, deux destins brisés, trois quelque chose (juste pour finir la figure de style en beauté).
Yup.
Pas toujours facile.
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Le Crachoir
Sans Connaissance
















