samedi 31 octobre 2009

Petits Raids à Rhede


Le premier jour, 500m. Revenu en toussant, mais tout rougeaud et souriant. Le second, 2 km. Bof. Le troisième, c'étaient les retrouvailles avec la Gaxuxa. Bôôônheur. Le lendemain, on a appuyé un tant soit peu avec Joachim. Un petit triangle pour aller porter des bouteilles vides à Borsum, puis un crochet par Rhede pour prendre un truc à la pharmacie (arghg), suivi par un retour ludique le long d'un des innombrables canaux qui strient la carte locale. J'arrive d'un 20km marrant. Parti avec le prétexte de boire un espresso, mais tout était fermé. Croisé une très stupéfiante amazone platine sur sa randonneuse toute droite. Bafouillé un genre de « blblbl » avant de passer à deux doigts de la renverser par une fausse manœuvre. Comble de distraction, je lui demande pardon ainsi :
— Oh scuzez madame, chus dans lune.
— Kein problem…
Ah oui, c'est vrai, chus en Allemagne.
Juste un peu distrait, moi qui suis seul depuis 24 h avec mes pensées et mes rêves, je n'avais pas conscience d'être in Deutschland. En fait, je roulais à fond de train en moi.

jeudi 29 octobre 2009

Retrouvailles à Rhede



Joachim et moi sommes allés chercher la Gaxuxa à Groningen, hier. Elle a fait ça comme une reine. Ça m'a fait chaud au cœur de serrer la main à mon pote Greet, qui s'est empressé avec délice de détruire la chaîne de mon cadenas de vélo, dont j'avais imbécilement laissé la clé en Allemagne. Nous sommes rentrés à la noirceur et j'ai rangé la Basque avec les autres bécanes de la ferme, dans un ancien box à chevaux. Qu'est-ce qu'elle a dû leur raconter ! Elle en a vu, du pays, depuis Pau…

J'avais déjà fait mes quatre kilomètres de dérouillage le matin, mais trois ou quatre fois pendant la soirée, j'ai failli m'habiller chaudement et la prendre, juste comme ça… dans le noir, pour l'emmener rouler sous les calmes cumulus nocturnes. J'ai été sage et je me suis gardé de dépasser mon plan de réhabilitation.

Je donnais une petite conférence pour les étudiants de Rita ce matin, un truc chouette qui s'est assez bien passé. En arrivant ici, poussez-vous les poules, la Gaxuxa et moi, on a rencart. Et alors, remonter, c'était… Aouhh… Comment dire sans passer pour un hystéro ? Enfin… Jouissif est le mot, sans aucune exagération. Joachim, qui ne donne pas sa place sur le guidon, m'a fait faire un petit tour du coin. À peine plus que la veille, un petit sept km, mais plus appuyé, moins pépère que les jours précédents. Oh joie. Ça roule. La Gaxuxa, je dirais depuis le changement de fourche à Elblag, est enfin ajustée à mon corps. Elle me va comme un gant. Demain, on fera dix. Puis samedi, aller-retour village, 22. Petit train va loin, et mine de rien, c'est de là que je reviens, loin. Mes bronches et mes poumons font encore un peu la grève et je ne réalise que maintenant à quel point j'étais en charpie en arrivant ici. J'ai encore quelques quintes de toux par jour, mais je ne suis plus malade. J'ai très hâte d'en découdre avec le petit bout de terre qui me sépare du Languedoc.





Mes amis Rita et Joachim ont décidé de m'accompagner pour quelques kilomètres lors de ma première journée de re-route et quelques étudiants, enthousiasmés par le projet, se joindront également à nous jusqu'en Hollande

mercredi 28 octobre 2009

mardi 27 octobre 2009

La Forêt de Tinner Lohe
Tome I







J'ai évidemment songé tout de suite à la Pusza Białowieża, bien qu'il s'agisse d'une toute petite aire, en comparaison. Si la forêt vierge polonaise a été protégée par les Tsars au cours des siècles, celle de Tinner Lohe doit sa paradoxale survie à la guerre. Aussi étrange que ça puisse être, cette région a été attribuée depuis des siècles aux essais balistiques. Tout le coin appartenait jadis au groupe Krupp, fier partenaire du cauchemar nazi et de la Seconde Amputasserie Mondiale.

La vocation du lieu est demeurée la même depuis les petits ennuis qui ont affligé le chancelier Hitler et ses gentils organisateurs vers 1945. Le périmètre est toujours réservé aux activités militaires et toutes les routes y menant sont dotés de barrières, généralement ouvertes et invitant les promeneurs, mais parfois fermées, lorsque les bons ingénieurs démocratiques et chrétiens de l'OTAN font exploser leurs engins, histoire de s'assurer que tout se passera bien lorsqu'on les larguera sur la tête des infidèles.

lundi 26 octobre 2009

Sentence : au clou !

Elle était presque furieuse, la bonne doctoressrusse. Joachim était sur place pour la traduction, cette fois.
— Ce qu'on craignait est peut-être arrivé.

Oouh, on ne rigole plus, madame. Batterie de tests. Et puis, ça va me vider la caisse, aussi. Des radios, des prises de sang. Du temps… Tout de même, elle travaille à l'œil, cette adorable. Je crois bien que je vais la bombarder commanditaire, avec tout ça. Cinq examens jusqu'ici.
— Fahrad für Frieden, sehr güt, ja !

Je retourne la voir cette semaine, pour conclure cet épisode. On va l'inviter à souper, avec Rita et Joachim.

dimanche 25 octobre 2009

samedi 24 octobre 2009

Rien à Rhede





Je passe jour après jour au pied des éoliennes. Je dors au milieu d'une rangée d'éoliennes. Je prends des marches sur un chemin longeant à dix mètres un grand champ d'éoliennes. Vous m'amenez pieds et poings liés le prochain fils-de-porc qui prétend à la télé ou dans les journaux que les éoliennes polluent par le bruit. Je le dépose là, juste en dessous. Pas besoin de le bâillonner, uhm ? Qui entendra diminuer progressivement ses cris affamés, au milieu d'un si tonitruant fracas ?

vendredi 23 octobre 2009

mercredi 21 octobre 2009

mardi 20 octobre 2009

Condamnation sans équivoque

Deux semaines au lit, minimum. Je repartirai donc en plein mois de novembre. Je n'ai pas vraiment la tente appropriée. Je vais devoir m'en tenir principalement aux Couchsurfs et aux Warmshowers, du moins d'ici à ce que j'atteigne le Rhône.

Ça m'apprendra à désapprendre. Jamais se battre contre la nature, côôlisse. Jamais.
Elle ne gagne pas. Elle triomphe.


À quoi bon se faire mal.

lundi 19 octobre 2009

Camille Claudel ; 8 décembre 1864 – 19 octobre 1943



Dans quelques semaines
Des cailloux pour elle
Je vous le rappellerai

dimanche 18 octobre 2009

Parlons Chiffon

J'ai répété ad nauseam depuis le début de cette aventure que ma seule contrainte véritable était de revenir avant le froid, pour la simple raison que je n'aime pas rouler quand on se pèle la cuirette. Eh bien, cette pneumonie vient de faire éclater ma frontière. Y a pas à. Je vais pédaler dans un congélateur. Plus moyen d'y échapper. Les dés sont jetés, il faut les boire. Euh… Dura lex, frette lex. Ou ahum… Ou plutôt (pardonnez ma mémoire défaillante, usée par tant de fièvre) : La vendange est un glas qui sonne froid pour qui sème la tempête.

Mon amie Rita m'a emmené dans un de ces magasins de parachutage chinois. Les mandchous y déversent des tonnes de textile à prix défiant toute réflexion. Je crois bien que tous les pays du monde en sont maintenant constellés. En tout cas, je me suis équipé. Culottes à grand'manches, manteau, chaussettes de ski, survêtement chaud… Pour quelques cacahuètes. Épatant. Que m'importe dès lors la fraîche haleine des eaux algides, dussé-je monter les quatre vents drapé d'un linceul de frimas blanc, je repartirai courage au cul et sueur à la boutonnière, moi qui serai armé en conséquence.

Détail marrant. Il y a un certain temps, une amie proche m'a fait cadeau d'un maillot de vélo très chouette, à motif pied-de-poule. Il s'avère que j'aime le pied-de-poule de manière cliniquement malsaine, bien que je n'en porte jamais (c'est ce que veut dire « mon passé réglé » dans ma fiche sur le site de rencontre dont je suis un membre oisif et nonchalant. Je pleure encore mon foulard pied-de-poule vert et noir dont le tragique kidnapping doit bien remonter à la parution de New Gold Dream des Simple Minds. Bref, l'amie en question ne pouvait qu'ignorer ce fait, puisque je n'ai pas l'habitude de m'épancher sur le thème de mes problèmes psychologiques les plus graves, à fortiori cette irritante question du pied-de-poule. Eh bien, en participant aujourd'hui au financement de l'Empire chinois du tissu bon marché — oh, mirâcle, oh hasard sidéral — j'ai dégotté un pantalon sport orné du même, même, même motif pied-de-poule, gris sur noir, que c'en est presque trop fou, ça me donne des frissons, la tête me tourne, j'ai les orteils qui frétillent et je nystagmise, parce que si j'ai pu ainsi me parer de pareils atours, c'est que cette même amie m'a filé des tunes, y a pas deux jours.

C'est pas dingue, la vie ? Non ? Eh, bien ce n'est pas tout. Vous ne devinerez jamais la première chose que j'ai aperçue en ouvrant la portière de la voiture au moment de rentrer chez Rita, juste là sur le sol devant la maison ? Des traces ! Oui, des dizaines d'empreintes, laissées-là dans la terre meuble et moite de cette Allemagne automnale par les oviparesques compagnons de mes adorables potes germaniques. Oui ! Si, si, si ! Aussi incroyable que ça puisse sembler, le sol sous mes souliers était jonché de marques de… pieds de poules !

Si j'étais un tout petit peu plus épaté que je le suis aujourd'hui par la puissance des hasards terrestres, je crois bien que je chierais des arc-en-ciels.

vendredi 16 octobre 2009

Croisée des chemins

Eh bien, non. Je ne vais pas mieux. Je ne vais pas pouvoir continuer tout de suite, même que je recule d'un pas, pour retourner chez nos amis Rita et Joachim de Rhede, où je me guérirai complètement avant de reprendre la route. Pour des raisons d'espace, je confie la Gaxuxa à mes potes Amber & Geert de Groningen. Quant à Lou, je la comprends, elle en a marre de piétiner, alors elle continue toute seule, surtout qu'elle est à deux pas de chez elle. Je salue sa patience et je lui souhaite vents favorables et rencontres lumineuses. Loulou a roulé plus longtemps que quiconque dans cette expédition, instigateur excepté, bien sûr.

C'est une occasion de tout remettre à plat. Je vais regarder les cartes dans les prochains jours. Je suivrai sans doute la route prévue, mais des idées aussi différentes qu'un passage chez des amis à Dortmund, Liège ou même Francfort sont sur la table. En attendant, je me marre bien en pensant que je suis arrêté ici, alors que toutes les difficultés de ce voyage sont derrière moi (montagnes, collines, fous-du-volant, indications en Cyrillique, deltas inondés, etc) et qu'il n'y a plus qu'à suivre les pistes cyclables jusqu'à Paname. Ironique. La vie, tout de même, oah. Quelle aventure.

jeudi 15 octobre 2009

Encore une frontière



Je suis fiévreux sur la photo et vous me le pardonnerez, une fois n'est pas coutume, je fais de mon mieux pour sourire.

mercredi 14 octobre 2009

Dernier Souvenir de Rhede



Il existe un drôle de petit pays au centre de l'Europe. C'est un pays si petit que personne ne s'entend sur son nom. En Pologne, on l'appelle Niemcy, les Estoniens disent Saksamaa, les Slovaques et les Tchèques, Nemecko, les Danois, Tyskland et les Hongrois, Németország. Quant aux Néerlandais, ils l'appellent Dultsland. Vous avez peut-être déjà entendu parler de ce microscopique bout de terre. En anglais, on dit Germany. En Français, l'Allemagne. Mais eux mêmes s'appellent Deutscheland.

Chacun a sa vision de l'Allemagne, bien ancrée, bien calcifiée, endurcie dans son propre langage de propagande et sa pseudo-culture télé-médiatique. Mais aucune de ces versions n'existe sur le terrain. C'est particulièrement vrai dans le cas de l'ancienne Prusse, mais une chose que ce voyage m'a apprise, c'est que les pays, en fait, tout bien considéré, une fois qu'on a réfléchi et surtout, voyagé lentement, euh… les pays, disais-je, ça n'existe pas. Pas pour vrai.


Auf Viedersehen, Deutscheland !

lundi 12 octobre 2009

Cailloux pour 2000 pauvres bougres



Une grande innovation ! Les gaz mortels ont été employés pour la première fois par l'armée allemande à Ypres, les 22, 23 et 24 avril 1915. Fruit d'une recherche menée à l'Institut Kaiser Wilhelm et produite par les industrielles BASF et Bayer (qui fusionneront 10 ans plus tard pour former IG Farben), la petite merveille fit grande impression.

L’ypérite est un puissant vésicant. Sous forme de vapeurs, il attaque les voies respiratoires. Les yeux sont atteints avec une cécité temporaire et la peau en contact avec le produit devient inflammée. Les zones moites de la peau sont plus touchées, ainsi que les muqueuses sensibles. La réaction cutanée évolue en cloques remplies de liquides au bout de 4 à 8 heures si aucun traitement n’est administré. Dispersé sous forme de particules, le gaz s’introduit dans le système respiratoire et détruit les muqueuses avec une détresse respiratoire. Les poumons sont atteints avec des emphysèmes et des œdèmes consécutifs à la présence de fluides qui peuvent entraîner une mort similaire à la noyade si la dose est très forte.
À terme, le patient présente une anémie, une baisse de la résistance immunitaire et développe une prédisposition aux cancers. L’ypérite est en effet un agent mutagène et ceci même à de faibles concentrations. En effet, il peut entraîner une lésion grave : rupture simultanée de deux liaisons phosphodiester homologues, entraînant une cassure de la double hélice d'ADN.5Les lésions des tissus mettent beaucoup de temps à guérir et s'apparentent à de sévères brûlures.
Source : Wikipedia



Les trois divisions visées étaient Canadiennes. 18 000 hommes ont essuyé l'attaque, 2000 y sont enterrés. Je passerai leur rendre visite dans quelques jours.

dimanche 11 octobre 2009

samedi 10 octobre 2009

Rita und Joachim



L'an prochain, ils franchiront la porte de leur jardin avec leurs deux ânes et marcheront jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle. Ils préparent le coup depuis dix ans. Je vous tiendrai au courant. Je les pousse à ouvrir un blogue, ces deux fabuleux conteurs pourraient publier un billet par jour pendant dix ans juste avec la crème de leurs anecdotes. Joachim raconte, l'autre jour :

Un de mes potes m'invite à prendre un café pour me présenter sa nouvelle copine, une beauté époustouflante. Nous nous assoyons à la terrasse et commandons nos breuvages. Les tasses arrivent. Mon ami verse du lait dans son thé et, comme c'est son habitude, s'émerveille devant le spectaculaire ballet des volutes qui tournoient. Sa petite amie engage la conversation en souriant et secoue brutalement sa petite cuiller dans leurs deux tasses d'un geste automatique. Dès cet instant, j'ai su qu'elle ne l'aimait pas.

vendredi 9 octobre 2009

Nature morte






Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais quand je me retrouve alité pendant quelques jours, à glander dans ma sauce, en manque de vitamines, je finis par ne plus penser qu'à ça. Les fruits.


jeudi 8 octobre 2009

Improbable



Nous sommes arrivés ici pour une courte nuit de couchsurfing. Le lendemain, impossible de reprendre la route. Nos hôtes nous retiennent, paniqués par le vacarme de ma toux grasse. Nous acceptons de rester un jour de plus. Puis à l'aube, je revêts mon cuissard. En vain. Ce sont encore nos hôtes allemands, Rita et Joachim, qui m'emmènent en voiture voir leur médecinette. Et quand tombe son verdict d'au moins 5 jours de repos, ces improbables fridolins ne font ni une ni deux et nous intiment de rester chez eux, nous des étrangers parachutés à vélo dans leur coin d'univers depuis moins de 48 heures. Ce n'est pas tout. Ils partent demain plusieurs jours pour aller entraîner leurs ânes (des sortes de vélos nourris au grain) et nous laissent les clés de la maison, de la voiture. Quand je pense qu'en sortant de la doc avec Loulou nous avons reluqué le camping du village, où je m'attendais à passer la semaine.

J'ai maintes fois été ébloui par l'hospitalité de la race humaine, pas seulement au cours de ce voyage. Mais je dois dire que j'ai fait connaissance en Allemagne avec un tout autre niveau de capacité d'accueil. Il y a certainement des gros cons ici aussi, n'oublions pas que l'homo-erectus a accueilli parmi ses rangs ses adversaires néanderthaliens (et que ceux-ci mènent apparemment le groupe depuis 6000 ans), mais je n'en ai rencontré que quelques rares spécimens. Doit-on pour cela remercier les bons offices de l'opération Paperclip ?

mercredi 7 octobre 2009

Roman

mardi 6 octobre 2009

Raideurs à Rhede

lundi 5 octobre 2009

dimanche 4 octobre 2009

Complètement

Beeeh… Ça m'arrivait très souvent dans le passé, mais plus depuis un certain temps. Me vlà scrofuleux, vicié, pourri comme un road-kill, à tousser mes entrailles en montagnes de pouding et à tremper le sac de couchage, les couvertures, le divan et les lattes du plancher. Ça achève peut-être. Y a intérêt, parce qu'en attendant, c'est moche, bon.

vendredi 2 octobre 2009