Il faisait chaud la nuit dernière. Je suis sorti pour arroser les plantes. La Lune était presque pleine. On y voyait quasiment comme en plein jour. Je ne portais que mes souliers. Il faisait si bon que je me suis promené un peu, comme ça. J'ai pensé à plein de trucs. Et tout à coup je vous ai vu surgir, vous qui passez ici de temps à autres ou chaque jour, vous qui me lisez, vous à qui j'adresse mes petits clins d'œil quotidiens. J'ai été envahi tout entier par un frisson d'amour pour vous. Voilà. Très souvent, vous êtes mon seul horizon, ma dernière amarre, mes ultimes interlocutrices, mon port d'attache intangible. C'est tout. Je vous remercie toutes et tous autant que vous êtes et où que vous soyez. Je vous aime. Je vous souhaite une sacrée chouette balade autour du Soleil.
jeudi 31 décembre 2009
Longue Promenade au Ciel
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Sujet : Rayons
mardi 29 décembre 2009
Une Chaîne de Tounes d'Amour
C'est une idée de monsieur Blais dont j'accepte la proposition avec enthousiasme. Qui l'aime la suive !
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Sujet : Chaînes, Lettres à Mathilde, Zique
lundi 28 décembre 2009
Les Voisins de l'Histoire
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Sujet : Science
dimanche 27 décembre 2009
Une Fois st'un gars qu'essayait d'réserver son train
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Sujet : Dérailleurs, L'Hostie de moron du jour
samedi 26 décembre 2009
Mon Cœur est Cévennes
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Sujet : Cadres, France, Languedoc-Roussillon, Lettres à un Ressucité
vendredi 25 décembre 2009
War Is Over
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Sujet : Mémoire
jeudi 24 décembre 2009
Boues
Je squatte chez des saints
des couettés, des fantastiques
des humains… des vrais…
Quelle fortune j'ai
sans cesse trouver sur ma route
de ces âmes qui sauvent tout
donnent envie au monde
d'être monde encore longtemps
cinq du mat, je sors nu
dehors pisser
nu pied
nu cul
nu tout
il fait bon
un fois le liquide bien largué
je respire encore
quelques minutes
le gros chien bâtard
vient me voir
me lèche la jambe
puis pose ses pattes
sur mon ventre
ses grosses pattes
mouillées
boueuses
il pleut
je pense à ta chevelure
Mathilde
une branche déverse sur mon dos
une rivière de confettis
kaléidoscopiques
ça me tire de ma rêverie
pat pat pat
je tapote la tête
du clébard
pat pat pat
je retourne
au pajot
à l'antre parfumé
de la reine des lieux
sous la fourrure
pat pat pat
je tapote sa croupe
elle fait uhmmm
pat pat pat
uhmmm
je vide le ballon de rouge
qui traîne
uhmmm
longtemps je regarde le ciel
par le carré bleu de la fenêtre
longtemps
je songe à tout
je n'ai plus trop de sens
ni de raison
je n'ai plus trop rien
encore une fois
l'horizon se barre
je respire
je tâte mes côtes
de plus en plus étrangères
dégarnies
sèches
je tâte mes jambes
trop dures
la boue séchée du chien
se défait
j'époussette du revers de la main
ça tombe sur le plancher
avec un son si ténu
si doux
crrplscl
pat pat pat
il n'y a plus rien
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Sujet : Lettres à Mathilde, Rayons
mercredi 23 décembre 2009
La Tague de Madame Bloue
Un plaisir des yeux?
La splendeur qui s'étale devant nous lorsqu'on roule à vélo sur le sable de la Baltique, tout au Nord de la tendre Polska. D'un côté, tout le poids de l'Europe et de ses innombrables cités, et de l'autre, cette mer qui semble sur le point de s'enfuir vers la Lune, toute ramassée qu'elle est sur le sommet dégarni de la vieille Terre, guettant la nuit pour plonger…
Un plaisir que l’on partage?
La croupe, bon sang ! À deux, à trois, à bientôt !
Un plaisir d'enfance?
Oah, vraiment, l'enfance, je songe à l'enfance et bof… Y a que des plaisirs cons qui me remontent. Des plaisirs d'enfonce. Ah ! Si, si, si. J'en tien un. Un bon gros, à part ça !
Un plaisir odorant?
Je suis très olfactif. Lorsque je traverse un village en trombe sur la Gaxuxa et que devant un café se tient un de ces vieux en train de savourer un Partagas ou un Montecristo, je suis instantanément téléporté à Cienfuegos dans les bras de ma petite Ibis, oh ma belle Ibis...
Un plaisir égoïste?
Fermer la porte à un moron une fois pour toute.
Un plaisir de l'oreille?
Je pourrais atteindre la limite permise par Blogger pour un billet, avec cette question. Ce qui joue au moment précis où je rédige, c'est Arthur Rubinstein interprétant Deux Polonaises de Frederik Chopin, opus 26, numéro 2.
Un plaisir charnel?
Mes mains sur ton dos, deux ou trois heures devant nous.
Un plaisir inconnu ?
Entrer dans un pays nouveau, habité par des gens dont on ne sait presque rien, parlant une langue dont même la graphie nous est étrangère. Se comporter ensuite en bloc de cire chaude, se laisser pénétrer par l'empreinte du son, du timbre, de la vibration de ce monde nouveau qui s'épanouit pour nous comme une aube ouvre ses pétales, perçant le feutre bleuté de la nuit.
Un plaisir du goût ?
Les mille parfums de la chatte !…
Un plaisir anachronique?
Écouter de la musique.
Un plaisir qui ne coûte rien ?
Presque tous.
Un plaisir honteux ?
Glisser comme un con, parmi des centaines d'autres blaireaux hagards, dans un TGV lancé à des vélocités idiotes et inutiles, à travers mondes, vallées et pays, qu'ainsi j'évite d'apprendre à connaître et goûter. La honte c'est beaucoup ça, pour moi. Consentir à me déguiser en bétail.
Un plaisir hors de prix ?
Un plaisir défendu?
La liberté.
Un plaisir surestimé?
Le déballage.
Un plaisir à venir?
Chaque fois, même tout seul.
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mardi 22 décembre 2009
Trente-Six Conneries dont Sept Mensonges !
Eh, eh, eh. Allez, j'avais promis encore plein de tagues !?… Les vlà, les vlé, sacré-nom-de-dchiougne !… Je livre la marchandise, môâââ… nom d'un Vishnou visqueux !… Foutremoule de ventre-sein-gras, mâche-carogne !… Hop !… Ré-vé-lââtions.
1- J'ai chanté un set de 90 minutes de James Brown sur la scène d'un bar de travelos parisien
2- J'aime bien boire du cognac à 100€ le verre
3- J'ai fait de la contrebande de cigares cubains
4- Je suis passé à deux doigts d'être le capitaine de Mario Lemieux pour un match de cosom
5- On m'a pris pour un VIP dans un stade français où passait Notre-Dame-de-Machin et une ouvreuse m'a proposé une turlutte, ce qui me faisait bien marrer jusqu'à ce qu'elle me donne un bisou qui sentait… la turlutte
6- Je suis passé à deux doigts d'assommer un écrivain bien connu qui menaçait mon meilleur pote dans une taverne
7- Un enfoiré de millionnaire français de l'industrie des logiciels me doit 235 000 €
8- J'ai dormi en cuiller avec Carole Laure pendant un mois sans jamais lui faire des cochonneries
9- J'ai eu l'air d'un moron devant Richard Desjardins (encore lui) lorsqu'il est descendu de scène et que je montais en sens inverse. Impressionné à mort, j'ai bafouillé « belbelbelbeleh ». Sa blonde demande : « Y dit quoi, le gars ? ». Desjardins, impassible : « Y dit beleblbelbelbeh ». Mon show a été poche, ce soir-là
10- J'ai tripoté (sans le savoir) la petite copine du meilleur ami d'un grrrââând critique littéraire juste pendant la promo d'un de mes livres (qu'il s'est empressé de descendre — pas la copine, le livre)
11- J'ai refusé la nouvelle d'un des mes auteurs préférés dans une revue littéraire que je dirigeais — sans me rendre compte que c'était lui…
12- Comme me l'a rappelé Doodle, on m'a présenté un jour Tony Levin, mais celui-ci, au lieu de serrer ma main tendue, l'a effleurée du revers de la sienne, comme s'il avait été Jésus et qu'il avait pu guérir ma lèpre de son simple toucher. Failli vomir. Esti de moron même pas tight de crisse
13- J'ai rencontré une de mes amantes au long cours en pleine nuit, alors qu'elle escaladait la façade d'une maison qu'elle s'apprêtait à cambrioler
12- Un olibrius des Francofoufounneries m'a «recruté» en live après avoir arrêté son 4x4 en fou juste devant mon balcon sur la rue Messier. J'attends encore mon contrat
13- Je suis strictement fidèle en amour
14- Je me suis battu moins de cent fois, j'ai eu moins de cent amantes, j'ai pris moins de cent cuites au scotch et j'ai aplati Dumas au babyfoot moins de cent fois
15- J'ai fait un hostie de moron de moi à l'émission de Claire Lamarche
16- J'ai tripoté deux Top-modèles. Une très cool et une, pas mal moins
17- J'ai fait des cochonneries dans un guichet automatique
18- J'ai fait des cochonneries en plein jour sur la pelouse d'un hôtel bondé (avec une des dames du numéro 16)
19- J'ai encore un trou dans la tête, en forme de butoir de marteau. Séquelle d'un coup de… marteau
20- Je n'aime que les femmes à gros seins
21- J'ai battu le champion ontarien de billard
22- J'ai battu le champion canadien de babyfoot
23- J'ai terminé deuxième au Triathlon du Boudoir, un bar du… Plââteau Mont-Royal
24- J'ai terminé deuxième (de deux) au marathon de cunilingus du Montréal Métropolitain
25- J'ai terminé deuxième au concours ringardissîme La Pire des Futsures Stars de Ckon FM
26- J'ai refusé de chanter dans Starmania, le retour du fils de Starmania - lesbian Jesus with a gun
27- J'ai été vedette d'un film dans les années 80
28- Nous sommes sortis danser souvent, avec ma première copine, tous deux travestis en l'autre sexe
29- Je suis un excellent tireur à la carabine
30- J'ai été éperdument amoureux d'une chauffeuse de tanks de l'armée canadienne
31- J'ai fait des cochonneries avec une clown
32- Déguisé en Père Noël, j'ai fait des cochonneries avec la Fée des étoiles
33- Je me suis fait insérer (deux fois) un boyau d'arrosage de deux mètres dans le cul
34- J'ai écrit la parodie des Village People « Moi J'aime Chier »
35- J'ai complètement arrêté de boire de l'alcool (le temps d'écrire ce billet)
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lundi 21 décembre 2009
A Cerca de mi Casa
La maison, pour moi, n'est pas une maison. C'est un état d'esprit. Je ne sais toujours pas où je vais pioncer à Sauve, mais tout au long de ce voyage je suis parvenu à dormir en sûreté, alors je ne m'inquiète pas trop. Je vais y bosser dix-huit mois sur mes contrats, sur mes bouquins, sur ma vie, sur tout ça…
samedi 19 décembre 2009
vendredi 18 décembre 2009
TEXTE INÉDIT QUI COMPORTE UN TITRE
Encore un désastreux fiasco dans l'édition québécoise, qui semble décidément en pleine glissade vers la paroissialisation. L'an dernier, la revue Cookie-coucou m'a refusé un texte où je chiais sur la condescendance de l'industrie de l'âge d'or, sous prétexte que je riais des vieux (en plein le contraire, fuck !) Elle se veut respectââble, la littératsure québécoise, elle se veut mondiâââle, elle se veut prôôfessionnelle, présentâââble, exportâââble… Elle a de plus en plus l'air d'une entreprise d'expression corporelle du mardi soir dans un fond de rang habité par des trisomiques morts d'ennui. Tabarnak, que je regrette pas mon exil.
Je publie ici sans hésiter une seconde ce texte de Gaétan Bouchard qui torche en sacrament, pis si vous trouvez que ça griche, asti de mièvrichons plumitifs ambitieux pleins de marde de câlisse, venez me le dire en pleine face, esti.
&.
Paris,
décembre 2009
——————————
TEXTE INÉDIT QUI COMPORTE UN TITRE
Un gars qui écrit des livres m'a laissé entendre que j’pourrais publier un texte inédit qui comporte un titre dans la revue Mollusque, une revue de littérature toé chose.
C'est un numéro thématique sur les Sauvages. Hostie, j'en suis un. Ça tombe bien.
Ça fait qu'après m'être gratté la tête une couple de fois, j'me su's dit que j'pourrais ben torcher un p'tit que'que chose pour Mollusque.
D'abord, mon père disait qu'i' était pas un Sauvage pis qu'les Bouchard v'naient d'la Normandie.
Fuck, i' v'naient même pas d'la Normandie les Bouchard! I' v'naient comme i' pouvaient quand l'occasion s'présentait. Pis i’ d’vaient v’nir souvent parce qu’i’ étaient dix-neuf enfants du côté d’mon père.
La mère de mon père était une Sauvage, une Algonquine ou, comme on dit à c't'heure, une Anishnabé. A v’nait d’la réserve d’Oka. Le père de mon père a grandi à deux miles de Métis-sur-Mer. Pis du côté d’ma mère, c'est pareil. Des descendants d'Acadiens métissés de Micmacs qui vivaient à Sainte-Clothilde-de-Horton su' l'bord d'la track, comme des Gitans.
Nous autres, des Bouchard d'la Normandie? Christ de joke de curé, oué... D'la christ de marde. On nous a pâlis maudit calvaire de pompier sale! Comme si on était des Juifs sous l'occupation allemande, en France, en 1944. Pâlis pour notre bien, bien sûr. Pour ne pas passer pour des hosties d'Sauvages. J'm'appelle pas Simon Ben Gourion mais François Dupont! J'm'appelle pas Makwa Grizzli mais Gaétan Bouchard!
Ces hosties de curés-là ont toutte faitte pour crisser ça dans 'a tête de mon père, qu'on n'était pas des Sauvages, mais des chevaliers de la table ronde, avec une fleur-de-lys dans l'cul.
Tabarnak! On a gardé de nos racines que le paillard français qui a trempé sa bite dans 'a p'lote de nos grands-mères. Maudit christ de saint-cibouérisation d'calice!
Ça fa' qu'un m'ment d'nné e'j'me su's dit qu'c'était assez. Toutte disait que j'étais un Sauvage. C'était écrit dans ma face saint-chrême, dans 'a face de mon père, de mes frères, de ma mère, de mes ancêtres. On était des Métis calice! Pis on l'est d'venu, avec des cartes toé chose pis toutte le kit.
Mon pays, c'était encore l'hiver. Mais c'était aussi l'île Mékinak, l'Île de la Tortue. Pis j'me su's mis à comprendre plein d'affaires sur moé et mon pays. D'abord que je ne savais rien de Saint-Laurent et Saint-Maurice. Comme tout le monde autour de moé. C'qui fait que j'ai rebaptisé mes noms de lieux : le fleuve Magtogoek, la rivière Métabéroutin, pis toutes sortes d’affaires de même. Pis ça fait juste commencer. C'est pas fini. Christ que non c'est pas fini.
J'me suis mis aussi à écouter les arbres. Fuck, c'est pas d'ma faute, mais nous autres les Sauvages on sait qu'i’ nous parlent, les arbres, les roches pis toutte le reste, juste parce que c'est comme ça. Nous sommes animistes, ouais. On pense qu'i' a d'la vie dans toutte. C'est ben dur à comprendre ça, hein?
Moé, les arbres me parlent. Pis i' m'disent crissez-nous don' patience tabarnak!
-Arrachez pas mon écorce torrieu! Fendez-moé pas en quatre pour rien! Wo! Menute! J'su's pas tout seul là-dedans... J'fais vivre des oiseaux, des moénaux, des pas beaux... Toutes sortes d'affaires de même... Christ! Wake up!
Ouin, ouin. Les arbres me parlent. Pis si j'peux prendre une feuille de moins, j'va's l'faire. Pour être en parfaite symbiose avec le Grand cercle de la vie.
Ça se pourrait donc que mon texte ne soit pas publié dans Mollusque pa'ce qu'i' faudrait que j'leu' z'envoie une version imprimée par courrier postal, aux éditions Diptyque, à l'adresse de j'sais p'us trop qui, à Monrial. C'est sûr que j'f'rai pas ça.
Moé j'aime trop les arbres pis ça m'tente pas d'imprimer ça sur papier quand toutte se fait si simplement de nos jours par les voies électroniques. Hostie on n'est plus au temps des mandarins. C'est pas des rapports à doubles interlignes que j'fais, mais d'la littérature.
-Hostie d'Sauvages! qu'i' vont s'dire en r'cevant mon texte. Faut toujours qu'i' fassent chier en plus qu'i' savent pas boire!
Ben oui, ben oui.
Vous vous attendez à quoi, que j'vous liche le cul?
No way.
J'su's un Sauvage hostie.
Wou-wou-wou-wou-wou-wou!
Makwa Grizzli
Alias Gaétan Butch Bouchard
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Sujet : Dérailleurs, Embranchements, L'Hostie de moron du jour, Rayons
Guten Tag
Une semaine à Paris, c'est éprouvant. Surtout quand les trois premiers jours sont consacrés au boulot à raison déraisonnable de 14 heures par jour. Argh. Chance ? Quelques heures après avoir envoyé mon document à ma cliente préférée, je constate qu'Internet est en panne. Eh ben. S'il avait fallu que ça casse avant que ça passe, je dis pas, je dis pas. En conjuguant ça avec les innombrables pots que ces fous de parigots me forcent à boire, à mon errance famélique diurne, au cruel et lancinant rappel de mon dénuement nocturne qu'ont le don de favoriser chez moi les grandes agglomérations, à des soucis d'organisation tout de même un peu irritants, eh ben hop ! Je ne sais plus qui m'a tagué. J'essaie de retrouver, mais euh… bon. Je crois que ce sont Gordon et Blue et il me semble qu'il faut que je me révèle (je fais quoi, d'hab, uhm ?), que je mente et que je parle de GPS. Je vous garde ce dernier pour après, ne serait-ce que parce que j'ai des choses à dire sur le sujet, aussi peu créyab que ça puisse paraître.
Bon, je me commande une noisette et je me pitche.
1- Sur mon bécyk, il m'arrive de me rappeler de baises homériques. Je tente de les rejouer dans ma tête à vitesse réelle, point par point, comme on tente de se rappeler d'une chanson de Brel ou d'un dialogue de Bukowski. Je les projette dans ma mémoire, sans souffrance, sans romantisme, sans fierté, sans nostalgie, je les regarde comme on observe une œuvre d'art, j'y vois une splendeur, une magnificence, je les vois comme autant de chefs d'œuvre de la beauté de vivre
2- Je ne sais pas comment démonter un dérailleur
3- Je n'ai pas de permis de conduire
4- J'ai déjà été batteur pour Jean Nichol
5- Il m'est arrivé de faire des cochonneries avec trois femmes en même temps
6- Il m'est arrivé de ne pas faire de cochonneries pendant six mois consécutifs (ne serait-ce qu'avec une seule femme en même temps)
7- J'ai pris une bière avec David Bowie
8- Je passe des heures à me regarder dans le miroir. Je suis obsédé par mon image
9- Pendant un match de hockey, une fois, un joueur chantait une de mes chansons à tue-tête en jouant, ignorant totalement que j'en fus l'auteur
10- J'ai passé 10 ans sobre, sans alcool, sans café, sans marijuana, sans rien, non, rien de rien. 10 ans, stie !
11- J'ai choisi mon premier éditeur parce que ses bureaux se trouvaient au coin de la rue
12- J'ai vécu plus de mois à Cuba (11) que j'ai eu de blondes dans ma vie
13- Je ne porte pas de sous-vêtements, aujourd'hui
14- J'ai joué à la balle molle avec Daniel Lavoie
15- J'étais passager dans une voiture qui a failli écrabouiller le fils de Peter Gabriel dans son entrée de garage
16- J'ai serré la main de Daniel Lanois
16- Richard Desjardins a déjà joué en première partie de mon show
17- Éric Lapointe a déjà joué en première partie de mon show
18- Sur scène, il m'est arrivé une fois d'avoir comme chœur : Breen Lebœuf, John McGale et Shawn Phillips
19- J'ai joué sur la même scène que Big Mama Thornton
20- J'ai croisé Philippe Sollers dans la rue. Il portait un manteau moutarde et un grand chapeau excentrique et m'a souri
21- Je crois que j'ai donné suffisamment de bois à ce feu pour qu'on ne me tague plus jamais !
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jeudi 17 décembre 2009
Paralysie à Paris !
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Sujet : Cadres, France, Île-de-France
lundi 14 décembre 2009
Mathilde
Je me souviens
Mathilde soudain
Heurté comme par un train
Un coup de tonnerre
Je me souviens du son
De son corps et du mien
Et comme si rien n’avait eu de sens depuis
Pas un verre ni une lame
Pas un mètre de ma pathétique promenade
Pas un caillou de mon chemin
Semé de mots amers
Stériles
Et je sais que les ancêtres
Savent de quoi je cause
Que les débris sous les couvertures
Contre les vitrines de Saint-Ouen
Celle fille qui traverse la Place
Ce perdu qui fume dans un papier journal
Cette timbrée qui engueule son mobile vide
Cet enfant qui boîte
Et cette Tzigane qui chante
La dame aux épaules raides et froides
La minette qui se la joue
Tous et toutes en choeur
Toutes et tous te pleurent
Parce que sans toi
C’est tout Paris
Qui se change
En grise redingote
En rance itinérance
En foret de plâtre désemparé
Mathilde
A valsé dans mes bras
Sa chair en la mienne
Immense récif
Je me souviens de son rire
tout près
Et mon ventre s’ouvre
et se répand
Je me souviens
Du bout des doigts
Je me souviens
De ses mains
Oh Mathilde
Mathilde
Je n’arriverai jamais
À apprendre à marcher
Dans la nuit
Maintenant
Que je t’ai serrée
J’ai dans le corps
Oh Mathilde
Mathilde
Valse Mathilde
Valse dans mes bras
Oh Mathilde
Mathilde
Valse Mathilde
Valse dans mes bras
J’ai dans le corps
L’insupportable souvenir
D’avoir vécu
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Sujet : Lettres à Mathilde, Rayons
samedi 12 décembre 2009
Ali, un des piliers de l'Association Cycliste Turque

© Photo : Isabelle Lesens
Le site de l'Association en question. Voilà un contact précieux, considérant que le prochain tour de Bike For Peace a de fortes probabilités de passer par l'Anatolie.
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Sujet : Cadres, Dérailleurs, Embranchements
Boucler la Boucle
Vent de dos, glorieux, pour entrer dans Paris
Vitesses limpides et coulantes, lumineuses
Je songe à ces cieux blancs qui ont la bonne fortune
de s'étendre au dessus de ton corps
Mais je roule dans l'azur impeccable et glacé
Et je souris sans mélange
Un joie inexplicable
Irrationnelle
Pronfonde, plus creuse que les plus ensevelies des pépites
Incomprise
Remonte en moi
et mes lunettes sont mouillées de l'intérieur
je roule et roule, presque aveugle
le soleil place devant mes pupilles
des farandoles multicolores
tu n'es pas à mes côtés
mais moi j'y suis
et c'est ça qui fait finalement
que je pleure de joie
comme une fontaine
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Sujet : France, Lettres à un Ressucité, Lettres à une Morte, Paris, Échappées, Île-de-France
vendredi 11 décembre 2009
De Retour dans les brumes picardes

J'ai vécu ici en 1999. Erreur de jeunesse, j'avais suivi le courant d'une rivière de connerie qui m'avait fait dériver loin de moi, le torrent informatique, on va dire, la crue du cash moron, l'inondation des bulles télé-connes. Bref, j'y avais été très malheureux parce qu'incompris, en particulier de moi-même. Jamais je n'aurais cru y remettre les pieds et à vrai dire j'ai même songé passer plutôt par la grande bétonnade d'Esen-Dortmund-Dusseldorf (horreur !), juste pour éviter cette terre fétide et lugubre.
Quelle n'est donc pas ma surprise de prendre cette culture par l'autre bout, c'est-à-dire d'y entrer en douce, à vélo, et par ses couloirs les plus lents et modestes. Bref, je découvre un peuple insoupçonné, marrant, sympa, généreux, adorable, en fait. C'est bien la millième fois au cours de ce voyage que les événements tentent de me montrer à faire le tour de la question lorsque je fais face à un mur. Je finirai bien par apprendre dans ma chair cette évidence qu'occulte l'Amérique :
La ligne droite est rarement le chemin le plus court
Arras de Nuit

Accueil sidérant de bonté à Arras. Une joyeuse bande de fêtards et fiestisardes, artistes, musiciens, débordantes et pétillants tant des yeux que des voix, généreux, grands d'âme et d'idées, voyageurs, ouvertes, souriants, raconteuses… Un crime de ne rester qu'un jour. Invité toute la région à venir en Languedoc.
jeudi 10 décembre 2009
Vimy
Qui se Souvient ?

Je prends ma photo et un agriculteur curieux sort de sa grange pour entamer la conversation. Lorsqu'il apprend que je suis Québécois, son visage change. C'est que la terre de la région est lourde des corps de nos ancêtres. Sur la crête que j'escalade quelques minutes plus tard a eu lieu ce que les exaltés de la boucherie ont appelé « le miracle de Vimy ».
— Quand ils ont fait passer l'autoroute y a cinq ans, y z'ont encore déterré 150 soldats, hein, y a que ça, ici, partout. On en trouve chaque année en labourant. Ils remontent lentement à la surface.
— Ça doit faire un choc ?!
— Oh vous savez, y a longtemps qu'y z'y sont, savez. Uhm ?!
Bon, si vous voulez mon avis, étant donné la sorte de monde qu'ils ont laissé en haut, il n'y a rien d'étonnant à ce que les corps de ces pauvres types ne soient pas pressés de remonter à la surface.
Karl Drais, 20 avril 1785 - 10 décembre 1851
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Sujet : Dérailleurs, Mémoire
lundi 7 décembre 2009
Blue, Philo, et &…
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Sujet : Cadres
dimanche 6 décembre 2009
Stairway to Lille
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Sujet : Science
vendredi 4 décembre 2009
Yodedli-hou-itou-tidou-titeldlidou
— Sam, on dirait que t'as la misère.
— Non, Poppy, j'ai le bluuues.
— Le soleil brille, les oiseaux chantent, bon dieu de bon sang de bonsoir, qu'est-ce qui peu bien te turlupiner ?
— Poppy, ma bonne femme s'est tirée. Je suis arrivé hier soir à la maison et elle n'était plus là. Elle a déménagé toutes ses pénates chez le voisin.
— Eh ben… Sam… Bon dieu de bon sang de bonsoir !
— Depuis, j'ai plus que le yodelidedlideloudeudle pour me tenir compagnie.
— Quelle tragédie. Didelidou.
— À qui le dis-dedli-didelidou-tu ?
— Euh. À tidili-doudeli-toi ?
— Exact. Ma bonne-femme, ma bonne-femme s'est tidedlidi tidedlidou tirée.
— Je t'entends-dedlidou.
— Y me reste plus qu'à yodedli-dedlidou-dodelider.
Parfois, quand c'est dur, je me tape en boucle un fantastique vieux record de yodle. Ça me recrinque la toupie, pidou-pidideli-doudedlidou.
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jeudi 3 décembre 2009
La Disette
Croyez pas que je ne les vois pas, se régaler, toute la bande, au fin festin foireux, s'empiffrer de gloire et de glaire, s'entre-apprécier de précieux prix de présence hors de prix, de trophées atrophiés, d'hymnes sans hymens, de pédants piédestals podoarythmiques rhumatismiques, ooh, je les vois, faire bombastique bombance à grandes voraces féroces empoignades poignardantes, à se faire éclater le mol en broutantes bourrades, toutes griffes stridulantes dehors, à rayer la table jusqu'aux veines, qu'y z'y vont, toutes et tous, c'est le banquet d'Astérix, c'est la ripaille, les oies sont pleines, les foies dégorgent, dans les cheveux et les oreilles, sous les ongles et dans le nombril, dans les plis des vêtements, entre les coutures de la peau et sous les bourrelets soyeux !… De l'autre côté du mur, moi, pour moi, qui ai fait le chemin inverse, bien sûr, c’est la disette. J’aime bien me faire croire que c’est par choix. Oh, j’excelle dans l’auto-hypnose. Mais parfois, parfois, je me rappelle que… Non. Je n’ai plus rien à offrir au salariat. J’ai trop longtemps gambadé, on ne me croira plus. Je n'aurai plus droit au luxe de la désertion. Je passerai directement à la fosse, la vraie. La trappe aux sceptiques. Sous les latrines latines de l'Empire du pire en pire. J’ai tenté, même. Mais non.
Elles préparent leur fin de semaine. Jeudi elles ont karaté ou danse du ventre. Dimanche elles voient papa, l’ex ou la plage. Horaires. Heures de cours, lunch, épicerie. Je suis ébloui de constater que je les envie presque. Oui, j’entends parler d’un boulot de gardien de tour à bureaux et je salive. Surveillant de parking. Opérateur de trou-de-sauce, péteur de grumeaux, testeur de jus de cacahuette… Un job. Y a si longtemps. La dernière fois, c’était à l’Usine de Connerie. Un an. J’en ai fait un petit roman, même. Vous le lirez peut-être, si vous avez le temps et qu'y reste trois boîtes de papier quelque part une fois servis les recettes de Jeannette et les jardinages du général.
Midi pile à Lille
Les sirènes retentissent toutes. Le souvenir. Ceci n'est qu'un test, une répétition. Le rappel de l'éclair du rêve d'une mémoire d'un oubli du cauchemar d'une peur d'une viscère si bouillante qu'elle en gicle par tous les orifices, aussi amnésique qu'elle soit, cette terre se souvient, le Nord de l'Europe n'a pas fini de coaguler les infinies égorgeades qui l'ont teintée d'ambre et de suie. Ma pote d'Ypres bosse à l'office culturel et me raconte que plusieurs fois par année, un fermier retrouve une galerie, une tranchée ensevelie, un poste de commandement, chaque fois bien calé de jeunes corps emmitouflés dans la vase comme les frijoles dans le chili, les uns contre les autres, englués, farcis, embaumés, remplis de boue et de sable, baudruches, empaillages, momies, viandes froides, saucissons, faisandages, tout ce temps qu'ils ont dormi, les bigres de bougres de pauvres ados, sous les champs de patates, de potirons, d'oignons ou de navets, sous les pas avachis des ruminants ou sous les roues ruantes des fumantes mécaniques écrabouillantes extra-bouillantes de l'implacable et moderne production, figés d'un seul coup, ces jeunots et leurs yeux, les coudes des uns dans le ventre des autres, sans un cri, dans un fracas muet, baïonnettes au canon, casques contre culs, ventres contre bottes, genoux déboîtés sous épaules disloquées, crânes entre-ouverts contre boussoles, horloges ou tabatières, toute cette animation, d'un seul clic affadie dans le gel assoupi à quelques mètres de fange de la lumière et des heures.
En tout cas, là je pâtis, comme qu’on dit cheu-nous. C’est roffe. Je manque de presque tout allant, dont l’envie, la vraie, de m’éclater, de rigoler, de m’amuser. Je ne suis pas tranquille. Ces conneries de vaccins et surtout la symétrique et lisse omerta qui prévaut dans toute la médiacrassie de l’Ouest me donnent envie de me rouler en boule moi aussi dans une casemate sous le limon. Marde. Je dors mal. Ça passe pas. Je suis sidéré. J’aurais jamais cru qu’un jour, Zinn, Chomsky ou Foglia deviendraient des petits caniches qui sautent pour le sussucre. J'ose pas aller voir ce que raconte Galeano. Marchand, Agee, Castro, tous morts… Qui vit encore qui voit clair dans les ténèbres… Ça me remplit à vrai dire de désespoir. Aucune idée ne me mobilise. On trouve la guerre inéluctable. On trouve la souffrance normale. On nie jusqu'au point de rupture, à s'en crever les prunelles de peur de perdre son inestimable, irremplaçable et luxueux ennui. Je vais par les brumes… Où se réfugier. Où courir. Où tirer ma pathétique coquille… Personne n'écrira plus. Personne ne publiera plus. Personne ne s’engagera plus. Je suis sur le point de rouler hors la carte. Hors le temps et l’espace. Bof. Puisqu'il n'y a rien d'autre… On continue comme prévu.
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mercredi 2 décembre 2009
mardi 1 décembre 2009
Ypres
Pauvres Bougres
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Sujet : Belgique, Cadres, Embranchements, Mémoire














Le Crachoir
Sans Connaissance
















