lundi 30 août 2010

dimanche 29 août 2010

Ruisseau sur mon chemin


Chaque fois que je sors promener Modestine sur la Gaxuxa, je passe par ce petit coin de bonheur et je m'arrête. J'arrose un peu les fleurs et la Prounette fait un trou dans lequel elle largue un joli pouding en me fixant fièrement dans les yeux. Ensuite nous repartons et je siffle des chansons de Sam & Dave, sans quoi elle s'ennuie et passe son temps à miauler. Généralement, quand j'arrive à Hold on I'm Comin', elle s'endort si dur que je peux la déposer dans l'herbe sans la réveiller.

mercredi 25 août 2010

Garrigue

Le blues tombe
Comme une grêle

Croisé au bout du chemin
Tout au fond de la montagne
Un chien galeux
Un pauvre molosse
À flanc de ravin
Dans les pierres sèches
Entre une ruine
Et une table vermoulue

J'ai baissé la tête
« Bike for peace, man »
Je ne me rappelais plus
De ce que ça fait
D'offrir l'impunité
Aux brutes
De ravaler la vomissure
De s'incliner devant plus con
Et d'obéir aux cro-magnons

Après, les prunelles enfoncées
Dans les lapis de l'aube
J'inventorie mes morceaux
Rien de cassé
Sauf peut-être
La respiration
Rien d'arraché
Mais je palpe
Mes vieilles jointures
Rien d'ouvert
Non
Même pas les yeux

Je régénère
Doucement
Et je trime dur
En silence

mercredi 18 août 2010

Pourboire


Nous prenons un petit-dèje devant la gare après avoir déposé un pote en ville. Nous faisons l'acquisition de plusieurs cafés, de croissants, de tartines, de jus, etc. Je fais cette liste pour que la lectrice et le lecteur soient à même de comprendre les enjeux de ce qui va suivre. Nous avons presque terminé de becqueter et nous avons très soif, en partie à cause du rosé de la veille, mais aussi parce que merdre, boire plein de café, ça donne soif, esti. Nous convenons comme d'habitude que c'est la Patronne qui fera la requête, elle qui possède des charmes dont je ne peux me réclamer et, surtout, elle qui est native du coin et connaît les usages, manières et mécanismes locaux mieux que votre serviteur.

Je reviens des toilettes et la Patronne tient une drôle de tête. Quid ? Il semble qu'en demandant de l'eau elle se soit fait répondre par le vermisseau déguisé en garçon de café :
— C'est pas la fontaine publique, ici. Si vous voulez de l'eau, c'est 2€ la bouteille.
D'accord. Je croise les jambes. La Patronne tire toujours sa tronche.
— Tu te fous de ma gueule ? Il t'a vraiment répondu ça ?
— Yep.
Je recroise les jambes. Bon. Tout un tas de réponses moralement adéquates et politiquement défendables me passent par la tête. Casser la table, verser du café partout, hurler, jeter les chaises dans la rue, me foutre à poil et chanter du Plume Latraverse, désosser le serveur devant tout le monde, ne sont que des exemples pris au hasard. Nous nous levons pour nous diriger vers la voiture (oui, la Patronne a une voiture, snif) dans un état second, pour ne pas dire ternaire.


Nous prenons place et la Patronne met le contact. Soudain, je l'ai ! Souvenir d'Ukraine. Mais voui ! Je pousse la portière, je m'esclaffe et je cours vers le café. Le scolopendre galeux marche justement dans l'autre sens tout paré de ses atours de noir et de blanc. Je stoppe net trois mètres devant lui et je lui lance une pièce de 5¢ qui — la vie est parfois si douce — atterrit élégamment dans son plateau. Je souris d'un air généreux et sympathique qui veut dire « tu aimes l'or, conquistador, laisse-moi te verser un drink ». Il reste hébété. Je tourne les talons et je reprends le trottoir.
— Môôsieur, crie-t-il en me lançant la pièce dans le dos. J'fais pas la manche, moi !
En pivotant, j'écarte les bras d'un air plein de compassion, de gentillesse et de mansuétude et je lui annonce la bonne crisse de nouvelle :
— Je te laisse la vie sauve !

mardi 17 août 2010

Sarah Silverman
et son idée géniale !



Déniché par Cola.

lundi 16 août 2010

Évolution

De la même façon que les oiseaux s'arrachent sans effort à la Terre

Bientôt, en quelques battements d'ailes, nous nous affranchirons des connards

vendredi 13 août 2010

Train-train

À l'aube, je passe mon peignoir et je vais libérer les poules. Je remonte le petit chemin et je ramène la grande poubelle qui fait un fracas de tonnerre sur la pierre humide. Ensuite je lis quelques lignes d'un roman. Le soleil n'est pas encore levé. La Patronne travaille dans son labo où elle fait le printemps. Elle charge toutes ses petites pousses dans sa voiture et décampe vers le marché des producteurs. J'allume mon vieil ordi rapiécé. Les coqs chantent. Bientôt les cigales se réveilleront.

lundi 9 août 2010

Amphoirisme 20 : Micro traité de galinéalogie

Les poules mortes ne pondent plus

samedi 7 août 2010

Petit Ballet bucolique en Languedoc

Le soleil décline dans les feuillages. L'air se rafraîchit enfin. On entend de l'accordéon quelque part. Des verres s'entrechoquent. Le vin coule. Une grande amie est là, venue de Pologne avec trois charmants compatriotes. C'est son anniversaire. La Patronne fait de la magie dans la cuisine. Modestine est en amour avec une jolie sauterelle fluo et l'une des deux est sur le point de perdre la tête. Tout est paisible. Le mistral vient de se dissoudre, les peupliers ne dansent plus, les mouches foncent, enthousiastes, droit dans le bec des pica-picas en patrouille. Ça chantonne, sifflote et gazouille dans les bosquets. Je croise les jambes dans ma chaise d'osier.
— Stie, je me fais, tout bas.
Et ma gorge se serre.

mercredi 4 août 2010

Brèves de Plumard : 012
Considérations Gastronomiques

— Aimes-tu mon dessert ?
— Je suis ému tellement c'est bon.
— Faut dire qu'une tarte tatin…

De Vrais malades !



Eh punaise, il semble bien qu'ils soient en train de le faire ! Je faisais partie des plus sceptiques, il y a quelques mois, lorsque ces deux zigotos ont annoncé leur intention de faire le tour de l'Europe à vélo avec un piano droit dans la remorque. Je vous laisse explorer leur site et suivre leur aventure en différé. Personnellement, j'ai eu envie toute la matinée de lâcher mes boulots pour foncer les rejoindre dans les Balkans. Ah, ah, ah. Mais heureusement pour mon compte en banque et mes contacts professionnels, je me suis dominé. 2011, 2011, 2011… Oui, oui… On continue comme prévu.

mardi 3 août 2010

L'Incroyable monde de
Sophie Crumb


©Sophie Crumb

Tombé là-dessus presque par hasard. J'ignorais qu'elle s'était mise à la cybernitude. Ex-Sauvaine, musicienne accomplie et fille du légendaire Robert Crumb.

lundi 2 août 2010

Crossroads

Marrant, quand on est un peu bluesman, de se rendre compte qu'on passe sa vie à la croisée des chemins. Et qu'après tout, on va de croix en croix, que même en traçant tout droit, y a toujours au moins les roues qui tournent en rond, capteurs de rêves, minicycles, recyclettes et microrévolvutions en rotativités dans les grandes bouboucles qui vroulent, croulent et déroulent. Y a pas que Rosie, ni la Gaxuxa, ni la Terre, y aussi ma tête, qui tourne. Et où suis-je ? Toujours debout, juste là, au-dessus de mes pieds. Toujours tout aussi ébloui, ébahi, stupéfait.



Mon grand pote Bjorn


J'ai abouti ici, là… Tu vois ? Où je travaille au pic et à la pioche au fond de ma petite mine, sous les trois bras de Bjorn, le noyer cyclope, ce qui est presque marrant, pour cause que c'est pour ne pas me faire engloutir par une noyade que j'ai giclé du peloton à coups de pédales il y a maintenant trente-six mois et onze jours.

Je plante mon fer jour et nuit dans la pierre et la terre qui ne s'appartiennent qu'à elles mêmes, que je pille malgré tout de bon aloi et les pépites ne valent pas un caillou, mais pourtant, je n'imagine rien, mais absolument rien de mieux à faire et je remonte tout ça à la lumière, sacoche après sacoche. J'empile mon absurde butin à l'entrée de la villamolle. Et si, si. Pour moi, basta, ça brille. La pluie lave tout. Ça chatoie, ça étincelle et ça miroite. Les éclats me font cligner des yeux quand le cagnard remet ça ; j'abaisse la visière de ma casquette, je me crache dans les paumes et j'y retourne ; vas-y, je me siffle, du nerf, han, han, han ! Puis :

— Eh, l'Ogre ! Viens taxer ça, gros crisse de cave.





dimanche 1 août 2010