vendredi 31 décembre 2010

vendredi 24 décembre 2010

L'Estranger

Quelque part dans le Gard, un homme entre dans un café :
— Bonjour. Il y a la wifi, ici ?
Le Patron :
— La quoi  ?
— La wifi.
— La quoi ?
— La ouifi, quoi.
— Quoi ?
Un autre homme entre la clope au bec et se tient sur le seuil en maintenant la porte ouverte. Il fait 3c et le froid s’engouffre :
— Un café, siouplaît !
— ‘Jour Tonton.
— ‘Jour.
— Ouifi ?
— Wifi.
— Ung café moi aussi, .
— C’est quoi ste truc engcore ?
— Ung café ?
— Internet.
— Nong, pas ung café. Ça ong sait ce que c’est.
— Ah, ah, ah.
— Si, si. Ung café.
— In-ter-net.
— Aaah… Ingternette ?
Deux vieilles maghrébines entrent bras dessus bras dessous avec un caniche dans les jambes :
— Un allongé.
— Un thé.
— Internet sans fil.
Le patron, hurlant :
— Oâhaâhâââââ !
Tous les clients au bar :
— Ouaaaahhâââââ !
Le client étranger :
— Bon. Pas grave.
Le Patron :
— Ouah. Le mois prochaing, ong va vous la mettre, la laïve-bauxe. Et voilà toujours bieng le café de monsieur, en attengdant.
Les clients au bar :
— Aaaah, ah, ah, ah, ah, aaaaahh !
L’étranger, marmottant, grommelant :
France. Like a pal o' mine says, It’s not really the West.

jeudi 23 décembre 2010

1000


Eh ben, moi, je suis touché par les jalons, les signes de piste, les traces dans le sable, machin. Mille billets ? Qui l'eut cru ? Un auteur à succès m'avait écrit, constatant mon enthousiasme, vers la fin de 2006 : « tu verras, c'est toujours comme ça, au début, ça va te passer. »

mercredi 22 décembre 2010

Eighties

Une de mes dernières conversations avec un moron du Plateau. Le type est barman. Barman, c'est l'ultime génie de la société moderne. On appelle ça le réalisme. Pas d'études, pas de compétences, du cul à plus soif, plein de fric, summum de l'escabeau social (dans un aquarium restreint), bref, faut pas trop en vouloir à un barman d'être imbu de son triomphe. Si en plus il parvient à prouver sa virilité schwartzenegesque en supportant un système de son pourri qui crache des mp3 mal échantillonnés à 125 db, attention, il pourrait un jour se suicider en se jetant du haut de son égo. Bref, nous sommes en cercle devant la porte du bar où sévit le bel oiseau et nous parlons de musique en fumant nos clopes. Je dis un petit truc, chais plus quoi. Tout à coup, le barman me pointe du doigt.
— Toué ?! Aah… on sait ben, tes goût musicaux…
— Uhm ?!
— Tu comprends pas grand chose, en meuzique, toué.
— Ah, ok.
— Moué, depuis que tu m'as donné un CD l'an passé… 
— Uhm ?!
— Ton meilleur. Tsé, tu m'as faite un CD de ton meilleur…
— Cohen ?
— Non.
— Dylan.
— Non, ton plusse préféré, man !
— Guthrie ? Leadbelly ?
— Non ! NON ! C'est qui steusses-là ?!
— Aaah ! Robert Johnson ?
— Naooon. C'est quoi, déjà, ton meilleur ?!
— Ben, ça dépend des jours. Johnny Cash ?
— Non.
— Brel, Brassens, Ferré, Ferrer, Ferrat ?
— Man.
— Aah ! Adrian Belew ?!
— Ski ça, câlisse.
— Dude, chais pas, donne-moi des titres de chansons, asti.
— Une grosse maaarde country.
— Jim Croce ?
— Non.
— The Band ?
— Ça sonnait de la grosse marde eighties.
— Eighties ?
— Ouhan.
— Talking Heads ? NIck Cave ? Daniel Lanois ?
— Non, man, country marde.
— JOE HENRY ?!
— Non. Chais pas qui c'est, çui-là.
— Shit…
— Ton meilleur.
— Ben là, mon meilleur c'est Cohen. Après, j'ai fait pas mal le tour du cercle immédiat.
— Tsé, ça sonne full eighties mais country de marde.
— Pas Tom Waits, esti, j'espère.
— En tout cas t'as prouvé que t'avais pas de goût, crisse, man. T'as pus le droit à ton opinion en miouze.
— Wow.
— Tsé, y chante du nez, comme toué, un peu.
— Uhm…
— Américain, avec de la mandoline.
— Steve Earle ? Me souviens pas de t'avoir fait un CD.
— Non, mais ça ressemble, comme nom. Pete Cymbal…
— Pete Seeger ?
— Barry Snare ou de quoi de même.
— JOHN HIATT ?!
— YESSSSS.
— Tabarnak.
— Full eighties.
— J'ai dû te copier un de ses disques des années… quatre-vingt.
— De la grosse marde eighties.
— Euuh…
— Tu fais entendre ça à n'importe qui, y sait que c'est de la marde.
— Eh ben.
— Yep.
— C'est dans Jim Jarmusch que j'ai entendu…
— Man, le son du drum… De la grosse marde eighties.
— Eh ben. Content d'avoir pu échanger avec toi.
— Full eighties de marde.
— Et les textes, ça t'a pas jeté par terre ? Quand même… Native Son
— Pas pu écouter ça, man. Le drum full-eighties.
— Ok.
— Spa ton meilleur ?
— Euh. Certains jours, si…
— Moué man, c'est Radiohead, mon meilleur.
— T'as bien raison.
— Kessé, t'aimes pas ça ?
— Au moins c'est pas eighties.
— Ouan.
— John Lennon aussi, c'est eighties
— Dla grosse crisse de marde.
— Aurait fallu qu'on l'assassine un an avant.
— Full marde eighties.
— Comme David Bowie.
— Ouan.
— Bon.
— Faque ta yeule.
— Oui. C'est bien. Anyway…
— Anyway…
— J'allais partir.
— Fais-donc ça.

mardi 21 décembre 2010

Scar, de Joe Henry












Trois ans et demi…

lundi 20 décembre 2010

Il y Aura une Aube

L'aurore me surprend assis à mon bureau. Doucement les lavis et les fusains de ce qui passait jadis pour un ciel tailladent l'espace livide. Je suis à pied d'œuvre. J'ai très mal vécu les vacances dont j'émerge à peine. Je me suis essoré dans l'épuisement, comme je le fais parfois. Et là, pour la première fois depuis des mois la vigueur et l'enthousiasme me font bondir du sac de couchage et me voilà en route. Tout ce qui ne tue pas te rend plus fort, aiment psalmodier les imbéciles (moi le premier). Va chanter cette rengaine idiote aux amputés de guerre, eh, grimaud. Je boîte, je me traîne, j'échappe tout. Les chats me regardent d'un air condescendant. Z'ont l'air de dire « man, prends-ça cool ». Z'ont raison, évidemment. Faudrait toujours pouvoir ronronner, bien sûr. Mais les temps sont durs.

Je vais vous avouer un truc inouï. L'explosion pathétique de Pink Floyd dans les années quatre-vingt m'a foutu par terre pour des mois. J'avais toujours fantasmé sur l'idée d'un groupe de gens brillants qui collaborent et créent des chefs-d'œuvres qui sont la somme des parties multipliée par mille. La démonstration factuelle et indéniable par les trois imbéciles du fait que leur groupe n'était rien de plus que l'application soigneuse de l'idée très forte d'un seul et unique type talentueux (Waters) entouré de plombiers à peine compétents (nonobstant les chouettes sons de gratte bourrée d'écho) m'avait totalement désespéré. C'était le début d'une nouvelle ère. Supertramp s'est ensuite débarrassé de son auteur compositeur interprète guitariste chanteur pianiste arrangeur concepteur Hodgson pour continuer sans lui, qui devenait sans doute un poids à traîner. Bon, au plan littéraire, ces derniers n'ont jamais passé la maternelle, mais j'ai toujours eu une place dans mon cœur pour l'écorchure simplette. Genesis a réussi sa déflagration jusqu'à un certain point, mais l'immensité du carpetbombing médiatique associée aux succès les plus nigauds de la marque™©, désormais vidée de toute sa substance et de son sens, ont fini de me convaincre du fait que l'époque des idées était bel et bien révolue, qu'un sardanapalesque pont-levis blindé s'était refermé et qu'on avait désormais plus accès à la forêt, aux montagnes, aux ruisseaux qui caracolent dans l'ombre impertinente. Fallait désormais se satisfaire de l'image du souvenir de l'évocation de la gestuelle du cliché du film du scénario du livre du synopsis de la colline verdoyante, based on a trou story.

Pourquoi parlé-je donc de Fleetwood Mac et de Simon & Garfunkel, ce matin ? Bin crois-le ou non, amie lectrice — et toi aussi, rare ami lecteur —, donc, bref, dis-je bien, euh… cré-moué cré-moué pas, tout ça a rapport à Wikileaks. Bin oui. C'est en pleine rupture amoureuse que j'ai commencé à comprendre que j'avais placé beaucoup d'espoir et d'admiration dans la démarche d'un agent de la CIA (l'« ange-de-cul », pas la belle, voyons, concentrez-vous un peu, rongtudju). Tarpley, Chossudowsky, et finalement cet implacable clou dans le cercueil ce matin, cadeau de mon cher ami Thibaud. Bref, passons. Ceux qui ne sauront pas se frotter les yeux et reconnaître l'ogre dans le bikini seyant qui se dandine dans leur pajot seront condamnés à servir de pâture. Bienvenue dans le millénaire des renseignements. Shape in or ship out.

Marrant, le timing, parfois. J'ai écrit dans chais plus quelle chanson orpheline (y en a une piscine) que le timing est un gyprock, un cataplasme, un bétonnage. Bref, drôle, bien drôle d'époque. Alors c'est l'heure de faire jouer Brassens et Ferré à fond. Et Johnny Cash, itou. Ils se répondent l'un l'autre dans la lumière bistre et morose de ces matins les plus paresseux de l'année. D'ici quelques jours à peine, ça rallongera. Et oui.
C'est ainsi que nous vivons.
Et c'est pas d'hier.

dimanche 19 décembre 2010

vendredi 17 décembre 2010

Longue Nuit blues

Ils avaient promis de la neige mais il n'y a rien. La faible lumière éclaire mes ongles, cassés d'avoir tant joué. La nuit électrique est blafarde et glacée. Par la fenêtre dans le toit je vois ton étoile, mais la mienne est couchée. Ma guitare résonne doucement jusqu'aux cils de l'aube. Modestine ronronne et mon feu s'engourdit pas à pas à nos flancs. Je n'aurai pas trop de l'éternité du prochain monde pour te pleurer. Le soleil éclaire Ginger et Boudu de guingois, qui rentrent de bamboche et viennent se réchauffer les os. Je ne veux vraiment rien d'autre. Mon sac est lourd. Je ne sais rien de plus.

mardi 14 décembre 2010

dimanche 12 décembre 2010

Amphoirisme Premier, bis

J'ai fini par réaliser ça, l'autre jour, après des années de méditation et de prise de conscience vachement sincère et de cheminement initiatique, machin. Vous vous rappellerez que c'est ici que vous l'avez lu en tout premier. Philosophiquement, au plus profond du cœur de l'essence intrinsèque du vivant vital et vivace, on peut affirmer ceci :

Y a toujours un con qui te sort du cul.

samedi 11 décembre 2010

Amphoirisme 4670

À les entendre parler, j'en viens parfois à me dire que les Étazuniens se contemplent de peu.

vendredi 10 décembre 2010

Karl Drais, 28 avril 1785 - 10 décembre 1851



Le 12 juin 1817, Karl Von Drais prend place sur son invention, la laufmaschine, qu'on appellera ensuite le « vélocipède », et roule entre Mannheim et Rheinau, ce qui constitue la toute première balade à vélo de l'histoire. Sans Karl Drais, pas de Rosie, ni de Gaxuxa. Pas d'Internet non plus, à vrai dire, parce qu'on lui doit également la dactylo.

Otis Redding 9 septembre 1941 - 10 décembre 1967



Ce géant inouï parvient à unir le country et le soul. Rien de moins. Sans Otis, le rock ne serait pas mort en 1990, mais serait sans doute demeuré un petit genre anecdotique mort en 1965. Il meurt à 26 ans, au sommet de son art, quelques semaines avant le lancement de son chef d'œuvre, Sitting on the Dock of the Bay.

jeudi 9 décembre 2010

Amphoirisme 20/20

À mon avis, le pistou, certains sont pour, certains sont contre, bref, c'est une question de pignons.

mercredi 8 décembre 2010

John Lennon, 9 octobre 1940 - 8 décembre 1980



Love is the answer
And you know that for sure
Love is a flower
You gotta let it grow

Trente ans aujourd'hui
et j'en braille encore
à chaudes,
chaudes larmes

Défifoto
Jim Jarmusch, rejets suite et fin

mardi 7 décembre 2010

lundi 6 décembre 2010

samedi 4 décembre 2010

vendredi 3 décembre 2010

mercredi 1 décembre 2010