vendredi 14 octobre 2011

Y pleut y pleut Berbère

Ça m'a fissuré la patate d'un seul coup.

Je suis descendu de l'avion et au bout de l'interminable corridor j'ai débouché dans la salle des douanes. Il s'était mis à pleuvoir dehors et l'odeur de la pluie parvenait à traverser les ambitions hyper aseptisantes du lieu. J'ai humé un bon coup en descendant l'escalier vers le triage. C'était comme un grand verre de Talisker. Enivré, j'ai failli débouler les marches et entraîner dans ma chute les nombreux unifoliés qui désormais parent ce lieu drabe de leurs atours. J'ai posé la paume sur la rambarde pour retrouver mon équilibre. C'était l'haleine d'un amour oublié. C'était la vision chatoyante d'une habitude perdue. J'avais sous le nez le parfum inimitable de l'eau du Saint-Laurent. Mon voisin de siège depuis Francfort m'a vu vaciller et s'est enquis :
— Vous vas alles OK, gut, ja ?
— Ja, Helmut. Hier ist mein vaterland.

10 commentaires:

piedssurterre a dit...

Ca y est , t'es arrivé !
C'est pas mal "fissuré la patate" comme expression, très explicite !
Vis le comme tu sais faire, et reviens nous heureux
Bise
Frankie.

helenablue a dit...

Hum, enjoy!

anne des ocreries a dit...

Ah, ça secoue hein ? :)

Cool.

Yvan a dit...

Il ne serait pas exagéré
de parler d'un choc du sujet
face au fleuve retrouvé,peut-être.

Bienvenu en terre Harperienne,
malgré tout.

manouche a dit...

Bienvenue chez toi l'ami!

É. a dit...

Ah… Comme c'est bizarre, l'Amérique, après quatre ans. Les bâtiments à un et deux étages s'étirent sur d'immenses landes aux cieux encombrés de poteaux hirsutes, d'enseignes criardes et de fils emmêlés. J'ai passé la journée, la soirée et la nuit avec des proches que j'aime profondément et que je retrouve avec des frissons de bonheur. Mais je sais que je n'appartiens plus à aucune terre.

Daniel a dit...

T'as pas eû de problème à la douane de Dorval ? La dernière fois que je suis passé par là, j'ai été menacé d'emprisonnement par un douanier....

É. a dit...

Personnellement, je n'ai pas de problème avec deux types de douaniers : les intelligents et les morons. Celui-ci était euh… 
Il lit sur ma fiche d'immigration que je suis parti en octobre 2007. Il demande :
— À part vos deux bouteilles d'alcool, vous ne ramenez rien, de là-bas ? Produits, équipements, vêtements…
— Non. Rien.
— Ok. Bienvenue au Canada.
Ben oui, man, je porte encore les même trois chemises que j'avais en partant 'vec lesquelles j'ai roulé 13 000 km. Stie. En tout cas, quelques années sur le BS m'ont appris qu'y vaut mieux fermer sa yeule que de dire la vérité. La vérité, anyway, dès qu'on la met par écrit, ça devient de la fiction.

Jean-François Thibaud a dit...

Excellent !

À ta santé !

Mentale...et autres aussi !!!

Laure K. a dit...

Amerii...ssssage...

;0)