lundi 12 décembre 2011

Arelates in Sole

Je viens de prendre un café sur le boulevard Gambetta en compagnie de mon excellent pote W. Le soleil est radieux, le firmament a la couleur du drapeau de mon pays défunt, l'air est doux et frais. J'ai du travail.


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Nouveau projet de roman : un petit garçon parle de façon floue d'un vague drame plutôt triste avec une voix mièvre et imprécise. Je me donne quatre jours de la première ligne à la révision finale. Prix nobel assuré.


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Pas mécontent de me trouver loin de certains morons, mais mes formidables amis me manquent déjà atrocement.


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Nouveau projet de roman : plein de jolies phrases pas trop compromettantes, 110 pages. Des mots qui sonnent. On en fera un film. Gouverneur Général, me voilà !


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Je déplace mon corps moi-même, après tant de vitesse carcérale. Les rues, sous moi, datent du temps de Jules César. Stie. Les milliards de pas qui ont sablé ces pierres n'auraient jamais été, sans tout ce cul, pourtant. Le cul, le cul, sacrament, si faut nier jusqu'à la vie elle-même, pour faire partie du club… Madame Propre, Monsieur Justice, y a pas d'abonné au numéro que vous avez maladroitement tenté de composer de vos petits doigts de pygmées bienpensants. Tûûûûûûûûû.


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Je suis en train d'écrire et une grosse feuille de platane tombe sur mes doigts. On dirait une feuille d'érable. C'est joli, tout de même. Je l'écrabouille du talon. Pas envie, incapable de supporter la joliesse, ce matin.


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Nouveau projet de roman : des blagues qu'on sait rire, des danses qu'on sait danser, des mots qu'on a déjà lu, des indignations à la mode, des critiques étatiques, des rêves démocratiques, des poésies comme dans les pubs de savon, des personnages comme dans les séries télé, de la porno douce, du bleu nuit, du bon vin de bourges (californien), des recettes fraîcheur (bourrées de canola ou de fluorure), des parfums écolos (au sodium laureth sulfate), des volailles équitables, des fruits de l'OMC, des légumes de l'OMS, des pensées de l'UQAM, de la morale du TPI, du bon gros suçage de tout ce qui est puissant, riche et bien blindé. 87 pages. Présidence de l'ONU pressentie.


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Allez, basta, je me casse.




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14 commentaires:

zoé lucider a dit...

Rien à voir, je sais, masi quand même : comment va Modestine (les femmes tsé, elles sont sentimentales)

almanachronique a dit...

C'est vrai ça! Comment ça s'est passé avec Modestine???

É. a dit...

Je la vois demain. Elle ronronne, je la caresse, elle mange plein de croquettes, je la câline, elle chie sur moi. Tout prévu.

Ginette a dit...

Que d'amertume!

En tout cas La Solde ne laisse pas indifférent. N'est-ce pas l'essentiel ?
Mais...
le G.G. apporte une certaine détente au créateur.

À propos du G.G., je me pose des questions...

Je pense aussi qu'il faut trouver sa voie, sa voix.

Avez-vous déjà lu Maxime-Olivier Moutier ?
Par certains côtés, vous me faites penser à lui.

piedssurterre a dit...

La beauté de Sauve et les retrouvailles avec Modestine t'apporteront vite la douceur du retour vers cet ancrage provisoire que tu as choisi. Et bientôt tu retrouveras l'envie de partir pour que naisse un nouveau roman, pour de nouvelles rencontres, ainsi va la vie...Des bises pour ton retour, et un bouquin qui part vers toi, si tu me donnes ton adresse postale... J'attends ton mail, des bises,
Frankie

McDoodle a dit...

Que reste-t-il de nos amours ?

Denise a dit...

Quelques demains, quelques toujours...

x

É. a dit...

Ginette, si, si, j'ai lu Monsieur Moutier. Je le trouve bien sympathique et je ne me fais pas penser à lui du tout.

Frankie, j'ai vraiment, vraiment hâte.

Doodle, stie, j'ai bien envie parfois de partir dans une de ces missions rapides, munitions illimitées !

Denise, même quelques encores…

É. a dit...

Je ne suis pas vraiment amer, plutôt terrifié.

En tout cas, je n'aurais jamais osé espérer qu'autant de gens passent à côté de l'essentiel de ce roman. Y a presque de quoi écrire un autre livre. Je voulais que mon bouquin parle de déni, de cécité, de socioschizophrénie, d'autisme politique et d'aliénation culturelle et hop ! Ça agit presque comme un filet à papillon de cas d'espèces. Ça se pogne là-dedans par grosses grappes.

Quant à la très extrêmement navrante question de l'apparence des amantes de Duncan, uhh. UHM. Ça, c'est certainement la partie la plus bizarre de tout cet étonnant bazar.


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Mini message personnel à ma petite faérie : Ça t'embêterait, de devenir un cageot ? On dirait bien que si je te décris telle que tu es dans un prochain ouvrage, les rappers défroqués, les fuhr'oncles et les commères des paroisses vont encore faire des crises d'urticaire.

Gomeux a dit...

Oh man.
La matantatisation fait rage. Ce doit être à cause de cette terrible machine qu'est le mononclisateur.
Misère...

Sinon, ton prochain roman, voyons, c'est déjà tout fait, c'est l'histoire d'une chatte qui perd son maitre pendant deux mois et qui tombe dans les pattes de différents matous pas trop recommandables. C'est, évidemment, un long monologue avec sa voix de chatte sur la situation géopolitique de la région.

Code:
Ticatiz

Jean-François Thibaud a dit...

Terrifié, j'avoue que c'est ce que j'ai ressenti au salon du livre en tout cas devant le poster de Denise Bombardier et son bouquin opportuniste sur DSK. Ce n'est pas vraiment étonnant cependant que peu de gens des médias se sont intéressé au sous-texte de ton histoire ni aux grandes envolées sociales, ne retenant que le décor semi-libertin sans comprendre le plaidoyer en faveur de la liberté . La culture "culturelle" pour paraphraser Falardeau (les zarts-z-artistiques) est faite pour éviter de regarder la réalité en face. De plus en plus. Et en plus, au Québec, un puritanisme nouveau genre est en train de s'installer.

Terrifiant indeed.

swan_pr a dit...

ils capotent parce que c'est pas un TROIS ÉTOILES ET DEMI. mon dieu, que faire?? ça fitte pas dans ma grille d'évaluation! pas de montréalais trentenaire beau gosse torturé par un amour perdu... euh, ben là, quand même, on est pas si loin de ça! (bonjour! je suis en retard mais pleine d'opinions!) je suis pas fine en plus, j'ai pas encore fait de billet :(

il aurait peut-être fallu que ton trentenaire fasse un retour à la terre, ou s'achète une chiotte sur le bord du fleuve en Gaspésie, qu'il tombe en amour avec la fille (BIEN PLUS JEUNE QUE LUI) de l'épicier, qui lui fera oublier la méchante en ville. ensuite, l'amour s'épuisera quand il recevra un courriel de ladite méchante qui est dans la marde parce que son chum l'a battue. alors le trentenaire dompe la tite cute, lui brisant le coeur, pour accourir au secours de la vache qui est déjà de retour dans le lit du pas fin quand notre héros rentre en ville. s'en suit une prise de conscience boulversante de Thomas-Henri Latraverse-Dupré (notre héros). il est assis sur un banc dans le parc Lafontaine à donner des pinottes aux écureuils. Une jolie fille passe, et pour la première fois depuis longtemps il souri sans que ça lui fasse mal.

FIN. TROIS ÉTOILES ET DEMI.

(en prime, tu as droit au beau collant "coup de coeur" Renaud-Bray)

É. a dit...

Je sais ! Un jeune reporter cool et en santé tombe en amour avec une jeune ravissante patineuse artistique blonde (et en santé), qui a souffert de l'alcoolisme de son père. Un Arabe retors (et en mauvaise santé) menace leur bonheur (avec un couteau à lame recourbée).

On prévoit Francis Reddy et Karine Vanasse dans l'adaptation chinématrographique. Bertrand Cantat est pressenti dans le rôle de l'Arabe et Donald Pilon dans le rôle du Furotte.

swan_pr a dit...

On devrait tellement déjà avoir notre chalet à Ste-Adèle.