vendredi 27 mai 2011

La Nuit de Steely Dan
Lonely Teardrops



Et puis, c'est tragique à dire, mais mon chanteur préféré de Steely Dan n'est pas Donald Fagen (le chanteur de Steely Dan), mais Michael McDonald, qui porte le même nom de famille que ma meilleure amie et possède la voix la plus splendide que je connaisse.

La Nuit de Steely Dan
Deacon Blues



Ma préférée. Malheureusement pas trouvé de version à la hauteur, alors contentons-nous de celle-ci, plutôt fatiguée et sans magie.

La Nuit de Steely Dan
Home at Last

La Nuit de Steely Dan
Reelin' in the Years

La Nuit de Steely Dan
Peg

La Nuit de Steely Dan
FM

La Nuit de Steely Dan
Big Black Cow

La Nuit de Steely Dan
Hey Nineteen

La Nuit de Steely Dan
Do it Again


Steely Dan - Do It Again par manon42

jeudi 26 mai 2011

Clin d'œil à Sandra Gordon

Jamais deux sans



Possiblement son chef d'œuvre.

Pour Swan

mercredi 25 mai 2011

Bobby Lapointe


Boby Lapointe Framboise par bazart


Le tragique décès de Ricet Barrier m'a donné envie de réentendre cet autre siphonné qu'était Bobby Lapointe. Tiens, ça remonte le moral un peu. Merci aux frères Lumière, tout de même.

mardi 24 mai 2011

R.I.P. Ricet Barrier


Ce bougre nous a quittés cette semaine sans qu'on en entende parler. Il devait venir cette fin de semaine au Festival du pois chiche de Montaren. Merde, chuis triste.

Joyeux anniversaire, Bob !

dimanche 22 mai 2011

Victor-Marie Hugo, 26 février 1802 — 22 mai 1885


Fauchelevent boitait derrière le corbillard, très content. Ses deux complots jumeaux, l'un avec les religieuses, l'autre avec Mr Madeleine, l'un pour le couvent, l'autre contre, avaient réussi de front. Le calme de Jean Valjean était de ces tranquillités puissantes qui se communiquent. Fauchelevent ne doutait plus du succès. Ce qui restait à faire n'était rien. Depuis deux ans, il avait grisé dix fois le fossoyeur, le brave père Mestienne, un bonhomme joufflu. Il en jouait, du père Mestienne. Il en faisait ce qu'il voulait. Il le coiffait de sa volonté et de sa fantaisie. La tête de Mestienne s'ajustait au bonnet de Fauchelevent. La sécurité de Fauchelevent était complète.

Au moment où le convoi entra dans l'avenue menant au cimetière, Fauchelevent, heureux, regarda le corbillard et se frotta ses grosses mains en disant à demi-voix:

—En voilà une farce!

Tout à coup le corbillard s'arrêta; on était à la grille. Il fallait exhiber le permis d'inhumer. L'homme des pompes funèbres s'aboucha avec le portier du cimetière. Pendant ce colloque, qui produit toujours un temps d'arrêt d'une ou deux minutes, quelqu'un, un inconnu, vint se placer derrière le corbillard à côté de Fauchelevent. C'était une espèce d'ouvrier qui avait une veste aux larges poches, et une pioche sous le bras.

Fauchelevent regarda cet inconnu.

—Qui êtes-vous? demanda-t-il.

L'homme répondit:

—Le fossoyeur.

Si l'on survivait à un boulet de canon en pleine poitrine, on ferait la figure que fit Fauchelevent.

—Le fossoyeur!

—Oui.

—Vous?

—Moi.

—Le fossoyeur, c'est le père Mestienne.

—C'était.

—Comment! c'était?

—Il est mort.

Fauchelevent s'était attendu à tout, excepté à ceci, qu'un fossoyeur pût mourir. C'est pourtant vrai; les fossoyeurs eux-mêmes meurent.

À force de creuser la fosse des autres, on ouvre la sienne.

Fauchelevent demeura béant. Il eut à peine la force de bégayer:

—Mais ce n'est pas possible!

—Cela est.

—Mais, reprit-il faiblement, le fossoyeur, c'est le père Mestienne.

—Après Napoléon, Louis XVIII. Après Mestienne, Gribier. Paysan, je m'appelle Gribier.

Fauchelevent, tout pâle, considéra ce Gribier.

C'était un homme long, maigre, livide, parfaitement funèbre. Il avait l'air d'un médecin manqué tourné fossoyeur.

Fauchelevent éclata de rire.

—Ah! comme il arrive de drôles de choses! le père Mestienne est mort. Le petit père Mestienne est mort, mais vive le petit père Lenoir! Vous savez ce que c'est que le petit père Lenoir? C'est le cruchon du rouge à six sur le plomb. C'est le cruchon du Suresne, morbigou! du vrai Suresne de Paris! Ah! il est mort, le vieux Mestienne! J'en suis fâché; c'était un bon vivant. Mais vous aussi, vous êtes un bon vivant. Pas vrai, camarade? Nous allons aller boire ensemble un coup, tout à l'heure.

L'homme répondit:—J'ai étudié. J'ai fait ma quatrième. Je ne bois jamais.

Le corbillard s'était remis en marche et roulait dans la grande allée du cimetière.

Fauchelevent avait ralenti son pas. Il boitait, plus encore d'anxiété que d'infirmité.

Le fossoyeur marchait devant lui.

Fauchelevent passa encore une fois l'examen du Gribier inattendu.

C'était un de ces hommes qui, jeunes, ont l'air vieux, et qui, maigres, sont très forts.

—Camarade! cria Fauchelevent.

L'homme se retourna.

—Je suis le fossoyeur du couvent.

—Mon collègue, dit l'homme.

Fauchelevent, illettré, mais très fin, comprit qu'il avait affaire à une espèce redoutable, à un beau parleur.

Il grommela:

—Comme ça, le père Mestienne est mort.

L'homme répondit:

—Complètement. Le bon Dieu a consulté son carnet d'échéances. C'était le tour du père Mestienne. Le père Mestienne est mort.

Fauchelevent répéta machinalement:

—Le bon Dieu....

—Le bon Dieu, fit l'homme avec autorité. Pour les philosophes, le Père éternel; pour les jacobins, l'Être suprême.

—Est-ce que nous ne ferons pas connaissance? balbutia Fauchelevent.

—Elle est faite. Vous êtes paysan, je suis parisien.

—On ne se connaît pas tant qu'on n'a pas bu ensemble. Qui vide son verre vide son cœur. Vous allez venir boire avec moi. Ça ne se refuse pas.

—D'abord la besogne.

Fauchelevent pensa: je suis perdu.

On n'était plus qu'à quelques tours de roue de la petite allée qui menait au coin des religieuses. Le fossoyeur reprit:

—Paysan, j'ai sept mioches qu'il faut nourrir. Comme il faut qu'ils mangent, il ne faut pas que je boive.

Et il ajouta avec la satisfaction d'un être sérieux qui fait une phrase:

—Leur faim est ennemie de ma soif.

Le corbillard tourna un massif de cyprès, quitta la grande allée, en prit une petite, entra dans les terres et s'enfonça dans un fourré. Ceci indiquait la proximité immédiate de la sépulture. Fauchelevent ralentissait son pas, mais ne pouvait ralentir le corbillard. Heureusement la terre meuble, et mouillée par les pluies d'hiver, engluait les roues et alourdissait la marche.

Il se rapprocha du fossoyeur.

—Il y a un si bon petit vin d'Argenteuil, murmura Fauchelevent.

—Villageois, reprit l'homme, cela ne devrait pas être que je sois fossoyeur. Mon père était portier au Prytanée. Il me destinait à la littérature. Mais il a eu des malheurs. Il a fait des pertes à la Bourse. J'ai dû renoncer à l'état d'auteur. Pourtant je suis encore écrivain public.

—Mais vous n'êtes donc pas fossoyeur? repartit Fauchelevent, se raccrochant à cette branche, bien faible.

—L'un n'empêche pas l'autre. Je cumule.

Fauchelevent ne comprit pas ce dernier mot.

—Venons boire, dit-il.

Ici une observation est nécessaire. Fauchelevent, quelle que fût son angoisse, offrait à boire, mais ne s'expliquait pas sur un point: qui payera? D'ordinaire Fauchelevent offrait, et le père Mestienne payait. Une offre à boire résultait évidemment de la situation nouvelle créée par le fossoyeur nouveau, et cette offre il fallait la faire, mais le vieux jardinier laissait, non sans intention, le proverbial quart d'heure, dit de Rabelais, dans l'ombre. Quant à lui, Fauchelevent, si ému qu'il fût, il ne se souciait point de payer.

Le fossoyeur poursuivit, avec un sourire supérieur:

—Il faut manger. J'ai accepté la survivance du père Mestienne. Quand on a fait presque ses classes, on est philosophe. Au travail de la main, j'ai ajouté le travail du bras. J'ai mon échoppe d'écrivain au marché de la rue de Sèvres. Vous savez? le marché aux Parapluies. Toutes les cuisinières de la Croix-Rouge s'adressent à moi. Je leur bâcle leurs déclarations aux tourlourous. Le matin j'écris des billets doux, le soir je creuse des fosses. Telle est la vie, campagnard.

Le corbillard avançait. Fauchelevent, au comble de l'inquiétude, regardait de tous les côtés autour de lui. De grosses larmes de sueur lui tombaient du front.

—Pourtant, continua le fossoyeur, on ne peut pas servir deux maîtresses. Il faudra que je choisisse de la plume ou de la pioche. La pioche me gâte la main.

Le corbillard s'arrêta.

L'enfant de chœur descendit de la voiture drapée, puis le prêtre.

Une des petites roues de devant du corbillard montait un peu sur un tas de terre au delà duquel on voyait une fosse ouverte.

—En voilà une farce! répéta Fauchelevent consterné.




vendredi 20 mai 2011

Vanlose Stairway

Stoned Me

Caravan

Y aura des jours, comme ça

Morrison - Ellis
La Rencontre

Domino



Mon ami Mendelien mentionnait il y a peu sa récente découverte de Van Morrison. Enfin, je sais bien qu'il le connaît depuis la nuit des temps, mais je crois qu'il vient de se rendre compte du gigantisme de l'œuvre, du boulot accompli, et sans vouloir présumer de ce qui le botte lui, du parcours, absolument impeccable. Je ne sors que rarement ma gratte sans chanter son Stoned Me et aujourd'hui, j'ai sans savoir pourquoi cherché un petit remontant à vous offrir. Voilà.

Et puis bon… Ben ça sera la nuit Van Morrison, na !

jeudi 19 mai 2011

Jose Martí, 28 janvier 1853 – 19 mai 1895


J'ai vécu à l'intérieur du monstre et je connais ses entrailles ; et ma fronde est celle de David


Jose Martí est l'un des pères de la culture révolutionnaire cubaine et son poète le plus célébré. Lors de mon premier séjour à la Havane, je trouve pour 5¢ un gros bouquin de lui intitulé Obras Completas. Je n'en crois pas ma chance et je saute sur le volume. La dame tente de m'expliquer quelque chose, mais comme je ne comprends pas encore très bien l'espagnol, je fais « si, si, si, » et elle finit par me foutre la paix. C'est rendu à mon hôtel que je réalise que mon achat ne constitue que le volume 65 de ses œuvres complètes. Puta madre.

Lorsqu'ensuite je demande à des musiciens rencontrés dans la rue de m'expliquer les paroles de Guantanamera, on m'apprend que les chanteurs cubains dignes de ce nom empruntent leurs strophes préférées à Jose Martí et les insèrent dans l'ordre qui leur plaît. Voici tout de même ma traduction du premier couplet qu'on entend le plus fréquemment :

Je suis un honnête homme
Du pays où poussent les palmiers
Et avant de mourir je voudrais
Mon âme de ces rimes épancher



Compay Segundo - Guantanamera

La chanson Guantanamera a eu un destin insolite. C'est un chanteur obscur de la Havane, Joseito Fernandez qui écrit l'air et le texte du refrain, qui veut essentiellement dire « fille de Guantánamo, paysanne ». Il devient célèbre grâce à cette ritournelle, qu'il chante quotidiennement à la télé pendant vingt ans. Puis, le chanteur folklorique socialiste Pete Seeger gicle les couplets pour les remplacer par des quatrains de José Martí. Voilà, le hit mondial est né.


Guantanamera
Guajira Guantanamera

Yo soy un hombre sincero
de donde crece la palma
y antes de morirme quiero
echar mis versos del alma

Yo vengo de todas partes
y hacia todas partes voy,
arte soy entre las artes
y en los montes,monte soy

No me pongan en lo oscuro
a Morir como un traïdor
yo soy bueno y como bueno
moriré de cara al sol

Tiene et leopardo su abrigo
en el monte seco Y pardo
yo tengo mas que un leopardo
porque tengo un buen amigo

dimanche 15 mai 2011

Kazimir Severinovitch Malevitch; 23 février 1879 - 15 mai 1935


Carré Blanc sur fond blanc, 1918.
Que peindre après ? Et que composer, qu'écrire ?

dimanche 8 mai 2011

John Fante, 8 avril 1909 – 8 Mai 1983

L'autre, il l'aimait comme un esclave, comme un dément, comme un mendiant. Pourquoi ? Demande à la poussière sur la route et aux feuilles qui tombent, demande au mystérieux dieu du vivant ; car personne ne sait rien de tout cela. Elle ne lui donnait rien, non, elle ne lui donnait rien et pourtant il la remerciait. Elle disait : donne-moi ta paix et ta raison. Et son seul regret demeurait qu'elle ne lui demandât pas sa vie.


Cet extrait n'est pas de Fante, mais de Knut Hamsun, tiré de son roman phare La Faim (Sult en norvégien). Fante était inspiré de Hamsun de la même manière que Bukowski n'aurait pas été Bukowski sans Fante. En cette ère de voleurs de poules où le renvoi d'ascenseur se fait plus rare encore que la sincérité politique ou l'innovation musicale, il est bon de rappeler qu'il y a vingt ans à peine, les grands anciens n'hésitaient pas à citer leurs sources, leurs inspirations, leurs maîtres à créer, les fondements de leurs cathédrales.


John Fante a écrit ce qui suit. De lui, il n'y a rien à jeter, il griffonnait sur des feuillets d'or.

Demande à la poussière sur la route ! Demande aux yuccas solitaires qui se dressent aux abords du Mojave. Va leur demander ce qu'ils ont à dire à propos de Camilla Lopez. Ils chuchoteront son nom.
(The Big Hunger: Stories 1932-1959)

Je sentais ses chaudes larmes et la solitude de l'être humain et la douceur de tous les hommes et l'intolérable et obsédante beauté du vivant.
(Full of Life)

Tu n'es personne et j'aurais pu être quelqu'un et l'amour est la route qui mène à chacun de nous.
(Ask the Dust)



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Les traductions sont de votre humble serviteur

jeudi 5 mai 2011

Cadeau d'une pote montréalaise


Je te fous des bises, chère N.

mercredi 4 mai 2011

Ma Petite est enceinte !

Ben alors ? Tu boudes ? Qu'est-ce tu fais ? Du poil ?

Ton ex tripote la petite grisounette, je sais. Oublie-le, ça vaut mieux.

T'as vu un gros pigeon ?

Ah. T'as mangé tous les pigeons ? Pff. Certains badauds diront que tu te vantes

Oui, je sais, le gros tas de plumes près de la cheminée prouve ton impitoyable méchanceté. Mais avec ta jolie petite tronche, on te pardonnera tout. Même d'ignorer qui de Sacha, Denzel ou Peau-de-vache est le papa de ton imminente portée

Sans blagues, qui veut un chaton ? c'est pour dans quelques semaines.

mardi 3 mai 2011

La Vérité sort de la bouche des jeunes filles

Je me rends presque toutes les fins de semaines à Arles, jouer de la guitare et chanter dans la rue. C'est long à expliquer, mais euh, disons que mes potes là-bas sont à 95% des femmes. Bon. J'ai également un fan insistant et limite lourd que nous appellerons Steeve (c'est la Patronne qui insiste pour l'appeler Steeve, même lorsqu'il répète son nom pour la millième fois).

L'autre jour, j'étais attablé sur une terrasse de La Roquette (le quartier le plus cool du monde) en compagnie de… sept jolies jeunes femmes (c'est ainsi) lorsqu'un vieux monsieur à la démarche fort bancale s'est assis près de moi sur un banc de square jouxtant notre groupe. Je lui dis bonjour. Il me regarde d'un air mal assuré, regarde notre cercle, me fixe à nouveau, puis pointe la bande de potes et lâche en hurlant presque :
— Kess tu fous 'ek ces meuffes ? Z'êtes des copines ou quoi ?
Je hausse les épaules, une tranche de concombre tremblant à l'extrémité de ma fourchette, entre assiette et œsophage.
— Mgn… bin quoi ?! Hmm ?
Je décide de croquer le légume et de visser mon regard dans le mur de pierre en face de moi. Cependant, le vieux insiste et me tire carrément la manche.
— Non, mais, t'es quoi, toi ?
Je souris, mais je commence un peu à craindre pour ma digestion. Je vois Steeve qui s'approche à pas inquiets et touche l'épaule du vieux en l'implorant :
— Laisse tomber tonton. Laisse. Viens. Allez.
Mais l'autre est sur une lancée. Il beugle à pleins poumons :
— Mais alors… T'es un enculé, toi, ou quoi ? T'as une grosse bite, ou quoi ? Tu aimes ça t'en prendre une dans le cul ?
Avec un synchronisme inouï, trois copines se retournent simultanément en hochant la tête et affirment :
— Non.

La Nuit de Steeve Winwood
Keep on Running

lundi 2 mai 2011

Leonardo di ser Piero da Vinci; 15 avril 1452 - 2 mai 1519

Sans Tambours pour une fois

Premier mai à Sauve. Depuis le temps qu'on m'en vantait les vertus. Une dizaine de mes potes artistes ont leurs portes ouvertes. Peinture, photo, poterie, vêtements… Ça joue de la zique dans tous les coins. Les Hopopop à la Maison qui n'existe pas, Rachel, chanteuse de soul qui torche le vécu des pigments de la voute céleste à la Maison des Comtes et la fantabuleuse Petra Hakaanson à la Cave à vin.

En plein milieu du tour de chant de Petra, un voisin fou débarque, menaçant de faire intervenir le gendarme. Les opérateurs de la cave prennent peur et nous sortons tous dans la rue. Un grand type me met au défi d'aller chercher ma gratte. Faut pas. J'arrive avec l'ampli et tout et tout. On ne bouge plus de là. On fait le jam session en plein dans la Grand Rue. Chaque bagnole est forcée de patienter jusqu'à la fin de la prochaine chanson. Les pavés envahis de fêtards qui dansent et chantent… sans batterie électronique… sans tambour tout court… grattes, accordéons, voix, harmonicas, scie musicale, mains qui tapent, doigts qui claquent, rires et glapissements d'enfants, de vieux, de jeunes, assis sur les perrons ou les cadres de fenêtres, dans cette rue tracée il y a bien plus de mille ans, au cœur de ce village habité depuis trente mille ans, nous faisons chuinter les mélodies acides de Dylan et les rythmes ronds de Creedence, nous réchauffons les rouges hymnes de Guthrie et le folk lent et recueilli de Lanois. Nous sommes au carrefour, des siècles, des civilisations, des Histoires et des sapiences. Robert Johnson s'impose, encore et toujours. You can still barrelhouse all night long on the riverside


Blotti contre Modestine, je m'endors littéralement dans son ronflement. Elle se réveille toutes les deux heures et se jette sur moi tête première, me fait du pain sur le ventre, se love entre mes genoux. L'air est glacial, qui glisse en douce de la Mer des Rochers assoupie. Je me lève pour fermer la fenêtre, puis je me ravise en captant son parfum sucré et limpide. Je déroule plutôt la polonaise sur mes pieds et je me rendors en regardant les étoiles, juste à travers le plafond. Je jurerais qu'on dort à la belle étoile.