jeudi 29 septembre 2011

mercredi 28 septembre 2011

Cadeau de ma très grande pote rousse

Je vous le partage pour le pied qui tape tout seul, mais aussi pour l'évocation de ces « terres hautes », celles-là mêmes auxquelles beaucoup d'entre nous aspirons…


Ateliers de création littéraire

mardi 27 septembre 2011

lundi 26 septembre 2011

Requiescat in Pace


Vincent, voisin sauvain, pote, cycliste, artisan réputé, père,

Apprécié de toutes et tous
Parti ce samedi vers d'autres cieux

Adieu, mon vieux
Repose en paix

samedi 24 septembre 2011

Projet de campagne promotionnelle
Version 4

Intérieur jour. Aéroport Dorval, Montréal (non, pas Trudeau, stie). Une foule compacte est assemblée près des barrières. On aperçoit de nombreux journalistes, photographes, caméramans, perchistes, etc. Quelques stars de la télévision sont là en train d’enregistrer leurs préambules.


Texte en surimpression
ÉRIC McCOMBER DE RETOUR AU QUÉBEC

Bande sonore
Biing-bouung !

Annonceur
Les passagers du vol 477 en provenance de Montpellier sortiront porte 33.

Intérieur jour. Couloir interminable, les voyageurs marchent d’un pas précipité vers les douanes. Gros plan sur les pieds d’un homme en shorts qui porte des sandales de hippie. Retour à la foule dans le hall de l’aéroport. On entend quelques personnes s’exclamer

Fan 1
Ça y est !

Fan 2
Il arrive !

Fan 3
Ils sont là !

Gros plan sur le sourire orgueilleux de l’auteur. Il jette son sac sur son épaule, serre la main du douanier (qui a un geste de recul), fonce droit sur les barrières d’un pas leste. Les portes s’ouvrent, devant lui, la lumière bleue de Montréal ! La foule s’écarte. Il agite la main.

Texte en surimpression
LA SOLDE
octobre 2011

Un animateur se tient là tout près avec son micro. Il hurle, tout excité.

L'Animateur
On accueille maintenant, de retour au bercail…

La foule bondit, acclame, s’agite dans tous les sens.

La Foule
Hiiii ! Houu ! Haaa !

On voit les portes s’ouvrir à nouveau et un gros groupe en sort. Presque tous portent des panoplies de survêtements rouge. Au centre, un grand jeune homme brandit quatre médailles.

L'animateur
…le nouveau champion du monde 2011 de patinage courte piste… Roland Stevens et toute l’équipe de noooos glorieux champiooons !

La Foule
Houhwaaaaaaaaah.

L’assemblée explose de joie. C’est un triomphe. L’écrivain baisse le bras et glisse sa main dans sa poche. Il se dirige vers la zone taxis. Gros plan sur le tarif des taxis. Fondu au noir. Les cris des fans s’atténuent dans la réverbération.

Extérieur jour. Aéroport vide. Il pleut. On voit Éric McComber monter dans le bus déserté et tenter de payer sa place en €. Le chauffeur, maussade, gesticule en agitant un gros livre de Dan Brown.




—————

jeudi 22 septembre 2011

Projet de campagne promotionnelle
Version 3

Extérieur jour

On voit un sdf dans la cinquantaine marcher dans les rues d'Arles. Il s'approche d'un musicien d'une incroyable agilité interprétant du Django Reinhardt.

Bande sonore

Gros plan sur le visage du sdf, qui soupire d'ennui. Il reprend sa route en haussant les épaules. Au bout de quelques coins de rues, il s'approche d'un duo de musiciens d'un talent inouï, un guitariste et un contrebassiste, qui jouent du Django Reinhardt à la perfection.

Bande sonore

Nouveau gros plan sur le visage du sdf, qui soupire encore de lassitude. Le voilà qui bifurque sur la rue de la République et marche, tout vouté de dépit, vers la Place de la Mairie. Là, un trio d'improbables surdoués met le feu aux pavés avec une version endiablée de Djangology, violon, trompette et guitare.

Bande sonore

Le sdf, aux passants, l'air triste et ému
Z'AVEZ PAS VU LE GROS QUÉBÉCOIS BARBU QUI JOUE DU BLUES ?

Texte en surimpression
LE SUD DE LA FRANCE
SUPPORTE DIFFICILEMENT
LE DÉPART D'ÉRIC MCCOMBER

Fondu au noir.

Texte sur fond noir
---
LA SOLDE
OCTOBRE 2011
---

Le sdf
ST'ENCULÉ ME DOIT DIX BALLES.




—————

Projet de campagne promotionnelle
Version 2

Intérieur jour

Bande sonore
Jean-Jacque Goldman s'égosille comme un putois qu'on égorge avec un couteau à pain rouillé imbibé de tabasco

Petit troquet typique du sud de la France. Sur écran géant, une équipe de rugby habillée en rose-bonbon en affronte une autre aux maillots bleu-layette. Au comptoir, les deux patrons. L'un a la tête entre les mains et s'arrache les cheveux. L'autre fait des calculs, tapote frénétiquement sa grosse calculette, biffe des lignes entières, chiffonne un papier et le lance sur le plancher du bar, recommence.

Le découragé
PFFT. A PU QU'À FOUTRE LA CLÉ DANG LA PÔRTE !

L'optimiste (recalculant une rangée de chiffres)
ONG POURRAIT AUGMENGTER LE PASTIS DE CINGQUANGTE CENGTIMES.

Le découragé
IL A PAS LE DROIT DE NOUS FAIRE ÇA.

L'optimiste
Y SERA DE RETOUR DANG DEUX MOIS. SI ONG APPELLE LA BANGQUE ?

Le découragé, pleurnichant
TOUT ALLAIT SI BIEN…

Texte en surimpression
CHUTE DRAMATIQUE DES VENTES DE BIÈRE
EN LANGUEDOC-ROUSSILLON

L'optimiste
Y SERA PARTI QUE HUIT SEMAINES, APRÈS TOUT. ONG N'A QU'À S'ACCROCHER. ÇA SERA DUR, MAIS ONG A VU PIRE. T'AURAS QU'À VENGDRE TONG CHALET, EH, MARIUS.

Le pessimiste
EH CONG. TU PEUX DIRE ADIEU À TA PORSCHE-911, LUCIENG.

Texte en surimpression
ÉRIC MCCOMBER RETOURNE AU QUÉBEC
LA SOLDE
Tournée de promotion
OCTOBRE, NOVEMBRE 2011




—————

Projet de campagne promotionnelle
Version 1

Extérieur jour

Quelque part en Languedoc. La caméra survole les toits de tuiles d'un petit hameau médiéval. On entend au loin un fracas métallique.

Bande sonore
BRANGKT !

La caméra continue d'avancer vers le cœur du village.

Texte en surimpression
JUSTE AU MOMENT
OÙ VOUS PENSIEZ
QU'IL ÉTAIT SÉCURITAIRE
DE RETOURNER EN LIBRAIRIE

Bande sonore
KRAPBRANGKT !

La caméra plonge entre les ardoises et vient s'immobiliser dans une rue étroite. On y voit un fou furieux habillé en joueur de hockey. Une petite camionette jaune tente de passer. Le personnage fonce, glisse sur le côté, se relève et… plaque la camionnette dans le mur de pierre.

Bande sonore
RRAKAPLAKT !

Le chauffeur
NON MAIS ÇA VA PAS, NON !?

Texte en surimpression
IL EST DE RETOUR

La camionnette réussit à s'enfuir, mais non sans recevoir un slapshot dans la lunette arrière. Le personnage, qu'on voit de dos, bondit de joie et célèbre son exploit. On entend une mobylette qui s'approche.

Bande sonore
VRRRRPP.

Close-up sur le casque du hockeyeur qui se retourne, d'un air féroce. Un fil de salive mousseuse coule de sa bouche. Travelling arrière. On voit clairement apparaître la typo et le numéro sur le maillot du forcené. On peut y lire : McCOMBER, 28. Arrêt sur image. Fondu au noir.

Bande sonore
FREINAGE, DÉRAPAGE…

Texte sur fond noir
---
LA SOLDE
OCTOBRE 2011
---

Mobylettiste
AÏE, AÏE, MAIS C'EST QUOI, ÇA, NOM DE DIEU DE PUTAIN DE BORDEL…

Bande sonore
ZZRKRRAKAPLAKTSK !




————

mardi 20 septembre 2011

Il y a eu une aube



Je profite de cette vue imprenable et jubilatoire depuis près de deux cent matins. L'autre jour s'étalait devant moi un décor de brumes japonaises toutes en crinolines et fines draperies. Comme ça m'arrive parfois, je n'ai pas eu envie de prendre de photo. En fait, je devrais plutôt dire que j'ai carrément eu envie de ne pas prendre de photo. Je conserve précieusement en moi quelques images que j'ai refusé de capter, entre autres durant mes voyages à vélo. J'ai craint pour un instant de ne pas leur laisser leur liberté. Je crois bien avoir eu raison, d'ailleurs, parce qu'elles croissent en moi, s'épanouissent et s'oxydent de manière tout à fait éblouissante. À la fin, elle n'auront plus rien à voir avec la réalité, mais se rapprocheront de plus en plus de ce concept foireux que d'autant osent nommer la vérité.



Une des phrases qui me tiennent en vie au quotidien vient du bouquin Le Sang des Autres de Simone de Beauvoir. Je la pille sans vergogne et la retourne à toutes les sauces. J'ai tant couché avec cette phrase que je ne suis plus certain de ce qui est elle et de ce qui est moi. J'ai tant fait l'amour à cette phrase que quand elle jouit, c'est ma voix qui gémit, rauque et graveleuse. J'ai tant marché le long des berges main dans la main avec cette phrase que je peux suivre ses mouvements du cœur rien qu'en écoutant le son que font ses semelles en se posant sur les cailloux. J'ai tant embrassé cette phrase que je frissonne en l'apercevant sur la place du marché, même de dos, même sous un grand manteau neuf. J'ai tant passé de matins à chanter à tue tête avec cette phrase en ramassant la maison que je considère sa voix comme la mienne et qu'à tout prendre, je la préfère. Je me suis tant marré dans les rues avec cette phrase en revenant de je ne sais où à trois heures du matin que les échos de ses glapissements et les cascades de ses rires continuent à me soulever de terre et à me pénétrer le cœur.





J'ai tant vécu et œuvré et appris et aimé en compagnie de cette phrase que je finirai par croire que mon temps sur Terre sans toi n'est pas gaspillé, même quand la pleine lune m'éclaire et que la brise charrie le bouquet fragile des cerisiers et des oliviers. Même quand l'ivresse solitaire menace de m'emporter loin de moi, loin de toi, chez les ogres et les dragons, tout là-bas, où ils fomentent dans leurs grognements stupides leur propre fin, notre fin à tous, la fin de presque tout. Mais, toujours, Simone est là qui chuchote à mon oreille, une main sur mon épaule, sourire en coin, l'œil pétillant, sereine, résolue, insoumise, rebelle, insurrectionnelle, sage, calme, adulte, équilibrée, déprogrammée, souveraine :
— Il y aura une aube.




samedi 17 septembre 2011

La Passion de
Billie

Billie (j'ai fini par lui donner un nom, malgré qu'elle doive nous quitter d'un jour à l'autre) vient de découvrir sa première véritable marotte personnelle (après trois mois de téter maman - enfourner croquettes - mâchonner câbles de guitare). Elle se balade sur les toits et mordille les tapis de mousse qui y élisent domicile. Ensuite, elle en prend de grands morceaux dans entre ses crocs, qu'elle ramène à la maison. C'est la version végétarienne du sport préféré de Modestine. Pour moi c'est bénéf, parce que les mousses ne saignent pas sur le plancher ou sur le lit. Par contre, les petits amis de Modestine, eux, laissent plein de plumes partout. Et tout de même, des petits plumes, c'est charmant. Alors que ces petites boules de mousse, après trois ou quatre jours, ont véritablement une sale gueule. J'en regarde une, en ce moment, juste à côté de mon pied. On dirait presque un ingénieur atomique sur le point de se lancer dans une explication.

Marcoule
On nous informe enfin

Inaccessible pendant deux jours en raison de la température qui y régnait, le four est désormais examiné par des spécialistes, dont les investigations ont déjà permis de « mieux cerner les questions qui conviennent d'être posées », a précisé à l'AFP le procureur de la République de Nîmes, Robert Gelli.
AFP, 16 septembre, 19h.

Après trois jours de silence merdiatique total, ça fait du bien. Je suis entièrement rassuré.

Un papier de Jean-Philippe Colson dans Le Monde

vendredi 16 septembre 2011

Dans Six semaines… 

Accouchement.
Je vous annonce les détails dans les prochaines heures.
Le nouveau monstre est sur le point de naître.

jeudi 15 septembre 2011

Plonger tête première dans le venin de l'Ogre

Dans le métier de traducteur, il arrive parfois qu'on se fasse proposer des textes qui semblent à prime abord bien inoffensifs ; on accepte d'emblée, on manifeste même son enthousiasme, on signe le contrat, s'il y a lieu ; mais après trois ou quatre pages, on se rend compte qu'on s'est engagé à boire cent litres de moisissures putrides concoctées directement dans les sous-terrains de Saroumane par ses orques génétiquement modifiés. C'est un cauchemar qui, heureusement, ne se concrétise pas très souvent. En 2008, j'ai eu entre les mains un document confidentiel de l'armée canadienne qui détaillait (sans en préciser les motifs) une augmentation prévisionnelle de 300% des amputations traumatiques (ça c'est quand tu perds un bout ailleurs qu'à l'hôpital, mettons dans un champ ou au coin d'une rue) que subiraient ses employés au cours des cinq années suivantes. C'était une centaine de pages de prothèses, de scalpels, d'anti-douleurs et de consultations chez le psy. Ça m'avait déprimé sans bon sens. D'ailleurs, ma cliente avait exécré mon travail, m'avait engueulé vertement, ne m'a plus jamais rappelé. Le lendemain, on me piquait mon vélo. Biorythme. Stie.


Cette semaine, sur fond de catastrophe nucléaire dans le monde réel, je fais profil bas parce que je suis en train de nager (dans le texte) au septième sous-sol inondé de pisse et de vomi du QG des vampires, du château de Frankenstein, de Mordor… Oui, mein wolk, je traduis un morceau d'étron sorti tout droit du rectum du dragon et destiné à désinformer, confondre et déboussoler le lecteur cible, de manière à lui faire avaler les couleuvres officielles bien profond. Si, si, je m'affaire contre rétribution à polir un des cent millions de microscopiques anneaux de la chaîne qu'on passe aux chevilles du public de la Terre. Ah, yayayayaïe. Ce qu'y faut pas faire pour rembourser ses dettes.

J'ai chanté ? À moi de danser, maintenant. Ouvre grand… Allez, ouvre !
Pouah. Un poil.

mercredi 14 septembre 2011

Dante Alighieri
29 mai 1265 - 14 septembre 1321



Au milieu de la course de notre vie
Je perdis le véritable chemin
Et je m'égarai dans une forêt obscure

Ah ! Il serait trop pénible de dire combien cette forêt
Dont le souvenir renouvelle ma crainte
Était âpre, touffue et sauvage

mardi 13 septembre 2011

Au compte goutte, comme à Fukushima



- - - - - - - - - - -
www.europe1.fr
Nucléaire : l'enquête révèle "divers incidents"


Selon le procureur, l'explosion à Marcoule s'est produite peu après l'intervention d'un employé.

Si le procureur de la République de Nîmes assure qu'"il est trop tôt pour établir des responsabilités", on en sait toutefois un peu plus sur les instants qui ont précédés l'explosion du four sur le site nucléaire de la Socodei à Marcoule, dans le Gard lundi.

Un incident la veille

Selon les premiers éléments de l'enquête l'explosion aurait eu lieu quelques secondes après l'intervention du fondeur qui est mort dans l'accident. Ce dernier se trouvait au-dessus du four et tentait de casser, à l'aide d'une barre à mine une "croûte de métal n'ayant pas fondu dans le four".

L'intervention du fondeur faisait suite à des pannes diverses la semaine précédant la déflagration , et notamment une la veille de la déflagration où "la fusion du métal ne s'était pas faite". Malgré cette panne, le four avait été "remis en route le matin même", a précisé le parquet de Nîmes.

Après les pannes, dont le procureur n'a pas précisé la nature, la décision de relancer le four avait été prise suivant "une procédure interne".

En raison de la forte température, les enquêteurs n'ont toujours pas eu accès au local où se trouve le four. Les investigations doivent donc se poursuivent mercredi et devraient permettre d'obtenir des précisions sur les raisons de l'explosion.

Un site épinglé par l'ANS

Trois enquêtes ont été ouvertes à la suite de cet accident, par le parquet de Nîmes, mais aussi par l'inspection du travail et par l'Autorité de sûreté nucléaire (ANS). L'ANS qui a révélé mardi une série d'incidents à l'usine Centraco de Marcoule ces dernières années. Le site nucléaire semble en effet cumuler les mauvais points. En cinq ans, 18 incidents ont été répertoriés par l'ANS. Mais selon la Socodei, "c'est la première fois qu'un drame de cette ampleur se produit sur le site".
Une information judiciaire sera ouverte "dans les prochains jours contre X pour homicide et blessures involontaires", a encore indiqué le procureur.

L'ÉTAT MENT ENCORE

Ci-joint un communiqué du Collectif anti-nucléaire Sud-Est

- - - - - - - - - - -

Un incident nucléaire est en cours sur le site nucléaire de Marcoule (Gard) à quelques encablures d’Avignon. Un four de traitement de déchets nucléaires vient d’exploser entraînant la mort d’un salarié tandis que d’autres se trouvent blessés ou dans un état grave. Des rejets radioactifs ont eu lieu malgré les démentis des autorités. Les mesures indépendantes réalisées par le Collectif antinucléaire de Vaucluse (CAN84) indiquent à 15h30 un taux de radioactivité 10 fois supérieur à la mesure quotidienne sur Avignon et 4 fois supérieure au pied du Ventoux. Le CAN84 exige la fermeture immédiate des sites nucléaires de la vallée du Rhône et de Provence .



http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/

Collectif antinucléaire de Vaucluse / CAN84
collectifantinucleaire84@hotmail.fr
06 60 76 04 03
www.coordination-antinucleaire-sudest.org
Communiqué de Presse du 12 septembre 2011 16h30

Nous Sommes tous rassurés

Bilan, lorsqu'on écarte tout le blabla : un four dans lequel on faisait fondre des métaux radioactifs (dont du plutonium) a explosé, carbonisant un employé à mort et en blessant quatre autres, dont un grièvement. Le souffle de l'explosion a arraché la porte du four. Bien heureusement pour l'environnement et les personnes habitant le secteur (dont votre humble serviteur), les matières radioactives françaises sont d'une grande noblesse et ont eu le réflexe louable, même en pleine explosion, de s'arrêter poliment sur le seuil pour attendre les autorités. Puis, les compteurs Geiger du site n'ont rien, rien, rien détecté du tout. Cette installation expulse de manière routinière dans l'environnement de très hauts taux de radiation donc, bonne nouvelle pour les amis de la nature, on vient de découvrir que les explosions radioactives réduisent à néant la radioactivité ! Hosanna ! 'A plus qu'à tout dynamiter et on sera sains et saufs. Youpi.

— Éric Glow-in-the-dark McComber



Postscriptum
Les autorités du bon popa rassurant qu'est l'état français jugent bon de contrôler d'une main de fer rivetée de titane et enrobée d'uranium appauvri la distribution de capsules d'iode. Si jamais une bonne âme habitant hors des murs de la resplendissante civilisation pouvait me rendre un petit service, j'aimerais bien qu'on me fasse parvenir (sous déguisement discret) un bon pot de ce produit, en capsules de 135mg, bien évidemment, ce qui représente la dose permettant de saturer la thyroïde en cas de catastrophe. Inutile de m'envoyer de l'ail (0,9 mg par 100 g, donc treize kilos par jour pour atteindre la dose) ou des algues finlandaises à la mords-moi la tumeur, ça, on y a droit, ici aussi.

lundi 12 septembre 2011

À Deux pas de chez moi


Marcoule, c'est à 70 km à vol de nuage radioactif de chez moi. Ma chère Kumi, tu as bien fait de ne pas venir te réfugier ici. Eh, eh, eh. Uhm.

Incendies
post scriptum

Je propose aux producteurs de tourner une scène qui pourrait sauver ce film aussi sérieux que confus, à insérer à la toute fin du générique, s'il n'est pas trop tard, évidemment.

- - - - - - - - - - -


EXTÉRIEUR JOUR
Devant une petite échoppe dans une ruelle libanaise bondée de gens qui courent en tous sens. Une femme accablée s'approche de la tenancière. Elle dissimule ses yeux derrière un voile et sa voix tremble d'émotion vraie véritable super-émouvante de pur vrai de vrai.

HANADI
Oh, toi, Yara ! N'es-tu pas celle qui sait faire les tatouages ?

YARA
Mais bien sûr. Qui es-tu ?

HANADI
Je suis Hanadi, fille de Asraa, qui m'envoie à toi.

YARA
Ça m'a l'air sérieux. Entre prendre le thé. 

HANADI
Sois bénie. 

---
INTÉRIEUR JOUR
Boutique poussiéreuse et encombrée. 
On entend la rue par les fenêtres mais la porte est fermée. 

YARA 
Explique-moi ce qui t'amène, cousine chérie.

HANADI
Je suis dans une certaine situation. Bientôt quelqu'un viendra à la maison. Un nouveau venu. Nous ne pourrons pas le garder. 

YARA
Pas de souci, ma belle. T'es allée te faire engrosser par un berger et tu veux planquer le môme pour ne pas que tes morons de frères armés jusqu'aux dents en fassent un méchoui sur la terrasse, c'est ça ?

HANADI
Ben, euh, j'aurais étiré ce contenu sur au moins quinze minutes de film, personnellement, mais bon, c'est vrai que c'est pas le truc le plus nouveau de l'histoire de la narration. 

YARA
Pas de souci, j'ai un forfait. 

HANADI
Un forfait ?

YARA
Les bergers sont tellement séduisants, dans nos campagnes. Sans compter les oncles, les soldats, les flics, les profs, les curés, les imams, les chauffeurs de camions, les cantonniers, même ce type qui vent des lunettes, là, au marché, qui n'a plus que trois dents…

HANADI
L'interrompant d'un geste vachement théâtral et cinématomachin (pas de close-up ni rien, par contre, on a pas le budget de StarWars, tabarnak !)
Bref !

YARA
Réalisant soudain qu'elle est dans un film sérieux où ça rigole pas, rongtudju
Ok.

HANADI
Combien et quoi ?

YARA
Pour cent-douze dinars, trois hrivnas, cinq kopeks et deux shillings, je te fais un super tatouage sur le talon du bébé, au moment même de sa naissance (ce qui évite de tourner une autre scène). 

HANADI
Cette offre est généreuse, d'autant plus que je viens de vendre une brebis sur eBay.

YARA
À ce prix, tu comprendras que t'as pas accès à la bibliothèque d'illustrations d'Adobe.

HANADI
Ce qui compte, c'est que je puisse le retrouver ensuite.

YARA
Ah, ça, tu le retrouveras facilement, cousine. Y a qu'un modèle: trois petits points en ligne, hyper vachement symboliques.

HANADI
Dans ce cas… 

YARA
Mactoub.



EXTÉRIEUR NUIT
Le vent se lève, genre full atmosphère cool de film oscarisable. On voit plein de plans super beaux de vues exotiques, collines, nuages, machin. Avec musique vachement exotique, orientale, comme est en droit de s'y attendre. On passe aussi sur quelques personnages portant des foulards exotiques, avec les pans de leurs manteaux vachement exotiques qui battent au vent. Fondu au noir. 

Van the Man
Help me

dimanche 11 septembre 2011

jeudi 8 septembre 2011

Dernières images des tchipounettes



La tigrée part tout à l'heure. La Noiraude a rendez-vous à Avignon dans les prochains jours. Bonne vies, les petites. De notre côté, la route nous avalera sous peu et la Terre sera notre huitre ! Mouhaaha hahahahahahaaaaa.

mercredi 7 septembre 2011

Joli mot de Bob Zimmerman

— Tu dois assumer ta responsabilité en tant que héros culturel, mec. Tu es Dylan, mec, tous les freaks ont une petite place tendre pour toi dans leur cœur… T'es Dylan ! Dylan ! DYLAN !
— Je ne suis pas Dylan, tu es Dylan.*

*Craig McGregor, Bob Dylan: a Retrospective (London 1973) p. 266

vendredi 2 septembre 2011

jeudi 1 septembre 2011