dimanche 12 février 2012

La Solde:
Le Devoir en parle aussi

Littérature québécoise - Deux fois un gars
Christian Desmeules 11 février 2012 Livres

Avec La solde, une sorte de faux journal qui s'étend sur une année, Éric McComber pose le dernier volet d'une trilogie commencée avec Antarctique puis La mort au corps (Triptyque, 2002 et 2005).

Émile Duncan, 35 ans, souvent qualifié de «heavy» par les gens qui le connaissent, est employé chez un éditeur scolaire où il révise cinq soirs semaine des agendas scolaires destinés aux high schools américains. «Je travaille à la manufacture de connerie», reconnaît-il, même s'il y trouve son compte. «Syndrome de Stockholm. J'ai appris à aimer mes chaînes, à aimer mon fouet, à sucer la trompe qui m'empoisonne. Moi aussi. Comme vous tous, mes frères, mes soeurs. Car c'est ainsi que nous vivons.»

S'il croyait devenir un jour maître du monde, son quotidien est plus modeste, un peu moins stressant: écrire secrètement un roman, bichonner ses «petites anecdotes», gratter sa guitare, draguer une fille, préparer des spaghettis aux sachets de ketchup («Un classique»). En «sabbatique sexuelle» un peu forcée depuis qu'il a été largué par la femme qu'il aimait, il gobe de petites pilules qui le font grossir entre deux séances chez le psy.

C'est la publication rapide de son roman, Groenland, très joualisé, malheureusement trop vulgaire pour qu'on puisse en citer des extraits ici, qui le fera sortir de l'isolement. L'occasion rêvée pour lui faire rencontrer quelques personnes de l'autre sexe — souvent aussi peu équilibrées que lui.

Un peu bukowskien, explorateur épique des bas-fonds urbains, McComber demeure fidèle à sa manière: crottes de nez, étrons, fluides, humour larvé, refus de la tragédie. Et les femmes, même furtives ou un peu folles, jettent leur lumière dorée sur un univers glauque et enfermé. À travers les boires et déboires de son protagoniste, La solde pose aussi un regard critique et désabusé sur le monde (et en particulier sur le monde du travail). Son sens du récit est un peu anémique, mais il a une forte plume, ce McComber.

6 commentaires:

l'indic a dit...

l'arbrechaman avait été "trafiqué"
en fait.

(ceci dit après le visionage de kill bill un)

le rat au chibre flasque a dit...

truc de movais goût :

"pleure, tu me pisseras moins dessus"

(je t'aime encore, mais tu serais encore tellement robotisée par les étrons puissants, que ça te redonnerais encore une fonction de tueuse)

ceci dit entre nous a dit...

je t'aime encore sincèrement, comme quelqu'un qui attend que tu sois quelqu'un d'autre que ce qu'ils t'ont faite devenir

mais ils le savent déjà, et s'en jouent, les laches

jp le fibrome a dit...

moi le vent, je les méprise

ils ne comprennent même pas ce qu'ils sont

et le vendeur est con avec son sourire assuré.

http://www.youtube.com/watch?v=eCXsemNPGBQ

je ne sais pas qui je suis, mais au moins, MOA, je le sais...

RAINETTE a dit...

JP pourrait écrire un livre semble à LA Solde, ma main au feu.

C'est plutôt du remâché cette critique de Desmeules mais au moins c'est pas destructeur.

J'aime bien son expression: boires et déboires...Émile, faut le faire boire au 4 heures, au sein si possible. Et encore mieux si ça peut s'accompagner d'une petite branlette espagnole à 3 (mais je radote là non ?)

anne des ocreries a dit...

Une critique dans "le Devoir" ! wow ! c'est chouette ça ! prudente, mais aimable, ça va t'amener du monde, ça.....:)